Blackthorn

Il y a dans cette variation sur la légende de Butch Cassidy tous les ingrédients du bon western, : chevauchées magnifiques, paysages d’exception, règlements de comptes et rapports à  la fois virils et amicaux entre héros solitaires et bandits au grand coeur. La disparition du célèbre pilleur de banques et de trains, né sous le nom de Robert LeRoy Parker, est supposée intervenir en Bolivie à  l’âge de 42 ans. Le réalisateur et scénariste espagnol Mateo Gil échafaude, à  partir d’une mort non avérée, une deuxième existence à  Cassidy devenu James Blackthorn, planqué dans les montagnes boliviennes qu’il s’apprête à  quitter pour aller rencontrer son fils qu’il n’a jamais vu. Lorsque sa route croise celle d’un jeune ingénieur espagnol qui vient de dévaliser la mine où il travaillait, les projets du hors-la-loi vont être bousculés.

Classique et tirant le meilleur parti des paysages qu’elle investit (plateaux de l’Altoplano, Cordillère des Andes), la mise en scène de Blackthorn fait preuve d’honnêteté sans verser dans le grand spectacle. Plus dommageable constitue le recours à  une série de flashbacks, montrant la fuite de Cassidy vers l’Amérique du Sud, en compagnie de son fidèle Sundance, plus connu sous le sobriquet du Kid, et d’Etta, la mère de son fils. Outre qu’ils n’éclairent d’aucun jour nouveau l’action présente, ils rompent le fil de la narration principale qui se suffit largement à  elle-même. l’évolution de la relation entre le vieux bandit – joué par un Sam Shepard étonnamment sobre et intériorisé – et le jeune audacieux, passant de la méfiance à  l’affection demeure la clé de voûte du film. Comme si le deuxième devenait la réincarnation du premier, en manque par ailleurs de sentiment filial. Ou plus exactement James Blackthorn s’illusionne, et peut-être même se fourvoie, sur les agissements intrépides du conquistador. Qu.’importe car Blackthorn enchante par la beauté des paysages à  couper le souffle, avec en acmé la traversée périlleuse du désert de Uyuni, plus grande surface désertique salée de la planète. La blancheur du sol permet ainsi des contrastes saisissants avec l’étendue monochrome des ciels, les cavaliers et leurs montures se découpant comme autant de taches.

Si le film manque d’un véritable souffle épique en n’affleurant que sporadiquement à  sa dimension élégiaque et qu’il a parfois tendance à  la répétition, il offre incontestablement une belle odyssée au travers de paysages aussi divers qu’époustouflants. Il ne faut pas y voir autre chose et, du coup, ne pas non plus bouder son plaisir.

Patrick Braganti

Blackthorn
Western américain, français, espagnol et bolivien de Mateo Gil
Sortie : 31 août 2011
Durée : 1h32
Avec Sam Shepard, Eduardo Noriega, Stephen Rea,…

La bande-annonce :

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