Rouler, de Christian Oster

Jean, le narrateur, circule seul dans son véhicule en direction de Marseille. Pour qui ? Pourquoi ? Quelles sont véritablement ses intentions ? Nous n’en sauront jamais rien ou presque. A peine l’auteur consent-il à  nous donner quelques bouts de pistes pour que l’on essaie de s’imaginer les raisons qui ont pu pousser cet homme à  filer à  l’anglaise. Mais peu importe car le coeur propos du roman n’est pas là  mais plutôt dans le voyage en lui-même, dans cette traversée de la France, du Nord au Sud, qui va conduire le narrateur en différents endroits, plus ou moins choisis, à  faire des rencontres plus ou moins opportunes qui le méneront inévitablement au bout, à  la mer, comme une sorte d’exutoire.

Sans but précis, sans désir de tourisme, notre homme traverse le Massif Central, rencontre des auto-stoppeurs un peu bizarres, s’invite chez un couple quasi mutique dont la femme décidera, sans prévenir, de partir avec lui. Il rencontrera d’autres personnages, comme ce Fred Malebranche, une ancienne connaissance qui tient une maison d’hôtes près d’Eyguières et chez qui il s’arrêtera aussi. Des personnages avec lesquels Christian Oster ne s’embarrasse pas de description, tout comme les paysages d’ailleurs devant lesquels le narrateur passe presque sans les voir. Du coup, il se dégage un ressenti étrange à  la lecture de ce roman, comme une impression de frustration. l’impression d†˜avoir suivi un homme pendant 180 pages, au fond, sans trop savoir pourquoi. Reste le charme de l’écriture d’Oster, épurée comme souvent, avec cette narration fluide et directe qui, en quelques mots, parvient à  donner corps à  des situations souvent absurdes, à  des ambiances un peu glauques, un peu dépressives.

Roman inconfortable, assez différent et sans doute un ton en dessous de ses précédents, »Rouler » n’est est pas moins une lecture agréable où l’on se laisse aller au gré des humeurs d’un conducteur peu bavard.

Benoit Richard

Rouler
Roman de Christian Oster
Editions de l’Olivier
178 pages – 15€¬
Parution : 18 Août 2011

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One thought on “Rouler, de Christian Oster

  1. Attention orthographe!!
    « nous n’en saurons rien » (et non sauront)
    Sens de « le coeur propos du roman »? »
    « narration fluide et directe »
    Quant au § final c’est le triomphe de la syntaxe bancale ….

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