Son Lux – We Are Rising

Rien de mieux que de tomber amoureux par hasard d’un disque pour renouer avec l’actualité musicale que la rentrée est prête à déverser. Publié ces jours-ci en CD mais sorti dans l’inertie de cet été rare en grandes sorties, We Are Rising impose d’emblée son caractère unique et addictif. Chef-d’oeuvre de la saison? Disque de [...]

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Rien de mieux que de tomber amoureux par hasard d’un disque pour renouer avec l’actualité musicale que la rentrée est prête à déverser. Publié ces jours-ci en CD mais sorti dans l’inertie de cet été rare en grandes sorties, We Are Rising impose d’emblée son caractère unique et addictif. Chef-d’oeuvre de la saison? Disque de chevet immédiat en tout cas.

We Are Rising donne la sensation de pénétrer dans les méandres d’un cerveau foisonnant d’idées révélant une production d’une précision maniaque. L’aboutissement de l’obsession de Son Lux sur le son, dont on a déjà eu l’aperçu à travers ses remixes de Radiohead, Beirut ou Owen Pallet, pour ceux qui étaient passés à côté de son premier LP At War With Walls & Mazes.

Disque fou et inspiré, rétif aux catégorisations, tant solaire que nocturne, aussi radieux que taciturne, ce deuxième album d’une beauté irréelle révèle au grand jour le talent surprenant de cet alchimiste sonore, faux solitaire bien entouré. Entre électro tortueuse, abstract hip-hop, musique contemporaine et pop brûlante, Ryan Lott alias Son Lux mixe le tout, transmutant son projet en cathédrale sonore rêvant d’un art total. Vaisseau spatial à l’atmosphère nocturne et inquiétante, peuplée d’une forêt d’arrangements néo-classiques, de beats à la précision chirurgicale et de choeurs éthérés, l’album est une machine de guerre agissant comme un poison profond au caractère explosif.

Musicien fureteur de formation classique et ayant collaboré à l’écriture de musique de ballets, Son Lux réussit le mariage de l’expérimentation laborantine et de la pop immédiate, alliant rigueur chirurgicale du son (Rising, Claws) et folie baroque des arrangements (Flickers, Chase). Une richesse sonore – choeurs divins dont The Antlers ou Shara Worden de My Brightest Diamond – et instrumentale – cuivres, cordes, piano, bois, électronica – d’une maturité magistrale surtout quand on découvre que le tout a été conçu en UN seul mois, résultat du défi de RPM !

On pourrait évidemment entendre dans cette pop mutante, cérébrale et organique les échos d’autres petits génies multiformes : le Sufjan Stevens de The Adge Of Adz, le lyrisme orchestral d’Owen Pallett, l’onirisme de Sin Fang, l’éclectisme de Yellow Ostrich. Mais Son Lux impose ici sa suprématie en combinant luxuriance orchestrale et mélancolie lyrique. Volontiers sombre, introspective et comme illuminée de l’intérieur, sa pop flamboyante impose sa mélancolie majestueuse portée par sa voix d’ange déchu, d’autant plus troublante dans cet écrin clinique parfait. Et l’on songe alors au Eraser de Thom Yorke, mariage du feu et de la glace, parent éloigné probable de ce joyau ou aux productions Realworld bonne époque d’un certain ange Gabriel.

Mais le génie de cet enfant du laptop et du New York Philarmonic Orchestra est assez grand pour se passer de références et n’attend surtout plus que vous pour succomber. Et la géniale Leave The Riches, aux choeurs célestes et à la fascinante dimension gothique, résonne comme le diamant noir de cet album addictif, d’ores et déjà une des merveilles de l’année.

Franck Rousselot

Son Lux – We Are Rising
Label : Anticon
Sortie : 24 août 2011

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger... Mots-clefs :, , , , , , ,

L'Auteur:

Franck Rousselot

Franck a toujours aimé le cinéma qui rend la vie plus forte, la musique "pas comme les autres" qui console de celle des uns et les livres qui font mieux voir le monde. A toujours aimé s’exprimer et écrire, mais n'est pas devenu journaliste pour autant. A découvert Internet et les webzines, et pris au jeu, s’est lancé dans le grand bain. Est devenu Blake qui rédige ses chroniques sur son blog. Puis a rencontré Benoit Richard sur la toile qui l’a invité chez Benzine. Y vient avec plaisir de temps à autre entre deux "chroniques Blakiennes" et s’y prénomme de nouveau Franck. Fin de l’épisode mais début de l’aventure !

✪ Mini News

B tweets

RSS

RSS articles

AILLEURS