Anciennement promesse, désormais valeur sûre, Kid Bombardos confirme avec un premier album enlevé.
Aujourd’hui, je présente mes excuses à Kid Bombardos : désolé de les avoir comparer à BB Brunes (pour dire justement qu’ils étaient nettement meilleurs mais c’était quand même abusif). Désolé d’avoir employé la formule toute faîte de « vieux briscards », m’étonnant de la maîtrise des Bordelais en rapport avec leurs jeunes ages. Oui, Kid Bombardos sont jeunes (remarquez ils le sont de moins en moins) et alors ! Est-ce un avantage, un inconvénient, un accessit pour écouter leur musique ? Non car après tout seul le résultat compte et celui-ci se nomme Turnin’ Wrong, leur premier album.
Les Bordelais (Les trois frères Martinelli et David Loridan) ont su prendre leur temps, se contentant (si l’on peut dire) de sortir trois EP’s avant de se jeter dans le grand bain du long format. Sorti en 2007, le premier effort discographique de Kid Bombardos s’appelait déjà Turnin’ wrong, preuve qu’ils aimaient déjà ce titre. A moins qu’ils n’aient la volonté de boucler un premier cycle dans leur carrière avant de passer à autre chose.
On connaissait déjà 6 titres sur douze de ce premier album pour les avoir entendus précédemment : on le comprend, on le pardonne, il est dur de lâcher des titres de la qualité de Wake up ou de The Night I light, leur There is light that never goes out à eux. Dans ces moments Kid Bombardos a la classe tranquille. Mais entre les anciens et les nouveaux morceaux, il y a une unité de ton qui parcoure tout l’album et qui place toujours les Bordelais dans une mouvance entre Strokes et Smiths. Avec eux, le rock, comme le foot, est un jeu évident qui se joue à plusieurs dans une parfaite osmose : une rythmique simple mais accrocheuse, des guitares séduisantes et un chant charismatique. Comme les Dogs dont ils se réclament, Kid Bombardos a le rock ‘n roll facile mais généralement le quintet lui donne un supplément de feeling qui fait ressortir chaque morceau ou presque. Avec eux, un pont arrive à point nommé pour changer le binaire initial en quelque chose de plus fin (I’m gonna try). Les fins de morceaux sont souvent prétexte à fouiller un peu plus les mélodies dans le sens de la finesse. Kid Bombardos adore les guitares mais n’est jamais contre poser ses doigts sur un piano droit. Il y a beaucoup de sensibilité, de lyrisme presque dans I round the Bend (ancien morceau) ou A friend is gone (nouveau). Dès lors, les sales rockeurs démontrent qu’ils ont aussi des manières affables et qu’ ils ont même beaucoup d’élégance. Presque des dandys sur Train of Love, des crooners sur le nonchalant Turnin Wrong, c’est dire.
Jusque là, l’auditeur peut se dire que Kid Bombardos, c’est bien et même très bien mais que ce n’est pas non plus d’une originalité folle. Et c’est vrai, c ‘est le seul reproche qu’on peut leur faire (avec peut-être deux titres plus faiblards) mais demande-t-on aux Strokes d’être original ? En revanche, par moments, on sent nos Bordelais décomplexés. Là où les Smiths avaient à peine esquissé une rythmique ensoleillé sur Ask, Kid Bombardos y va carrément dans le gimmick de guitares zouk sur Pig Sty : de l’art de citer les grands anciens avec un titre où le texte rappelle l’ironie d’un Girlfriend in a coma, loveable (des Smiths donc) tout en ne les respectant pas. L’impertinence de la jeunesse, sans doute. Mince, j’ai encore dit que Kid Bombardos était jeune !
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Denis Zorgniotti
Date de sortie : 19 septembre 2011
Label / Distributeur : Sober & Gentle / Sony music
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