Au cinéma avec Blutch

Mardi 6 septembre dernier, au MK2 Quai de Loire dans le XIXe arrondissement de Paris, s’est déroulée une belle rencontre entre bande-dessinée et cinéma. Christian Hincker alias Blutch y est venu présenter en avant-première son nouvel album.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Mardi 6 septembre dernier, au MK2 Quai de Loire dans le XIXe arrondissement de Paris, s’est déroulée une belle rencontre entre bande-dessinée et cinéma.

Pour ce Ciné-BD, carte blanche était donnée à Christian Hincker alias Blutch venu présenter en avant-première son nouvel album Pour en finir avec le cinéma, sortie chez Dargaud le 9 septembre 2011. Devant une cinquantaine d’aficionados, planté sur sa chaise sur la pseudo-estrade de la petite salle 5 accueillant l’événement, il s’est poussivement laissé aller au jeu des questions-réponses mené par Éric Libiot, journaliste à L’Express.

C’est vrai qu’il était assez ironique de présenter son dernier livre au titre radical Pour en finir avec le cinéma alors que justement on a investi une salle de cinéma. Blutch a pourtant relevé l’exercice. Le journaliste de l’Express, un peu lourdaud (oui j’ose le dire) choisi pour animer le débat, n’a pas cherché à éviter les lieux communs et a forcément demandé « Mais pourquoi donc en voulez-vous au cinéma ? ». Et Blutch, de lui répondre du tac au tac, sans fard « Parce que c’est quand même une grande supercherie ». Le ton a ainsi été donné et le ping-pong a démarré.

La nonchalance de Blutch s’est parfois confondue avec son hésitation, ainsi devant la description de sa démarche: « J’ai fait un essai en images » a-t-il déclaré à propos de Pour en finir avec le cinéma, avant d’ajouter « oh et puis j’en sais rien moi ! ». Plus tard, il s’est exclamé « C’est horrible, ce livre est passé à côté de tout ! Je voulais parler d’Alain Cavalier, de Maurice Ronet, des Noirs au cinéma ! ».

En fait de ratage, Blutch desse un panorama plutôt réussi de son sujet dans son nouvel opus : de nombreuses têtes figurent déjà dans sa bande-dessinée, comme la mythique Ava Gardner qui en fait la couverture avec ses airs de diablesse. Oscillant toujours entre humour et sérieux, il s’est réjoui d’avoir fait figurer « pour pas cher » de grandes vedettes de cinéma avant de reconnaître que le 7e art avait irrigué son imaginaire, le puits de sa créativité.

À l’écouter, on comprend, en creux, qu’il a rendu en dessins un bel hommage au cinéma. Mais aussi que c’est un grand admirateur au regard critique aiguisé qui nous a convié ce soir là, par l’entremise du MK2 qui lui laissait carte blanche. En éternel insatisfait ou en adolescent qui a grandi trop vite, Blutch a relativisé son amour pour le cinéma. Celui-ci est « hypocrite » nous a-t-il expliqué, car il ressemble à la vraie vie sans l’être. C’est peut-être pour cela qu’il lui a préféré la bande-dessinée, plus abstraite, plus impalpable, voire plus excitante.

Sans oublier la première partie de l’acronyme « Ciné-BD », l’homme nous a avoué, à la fois humble et provocateur, qu’il avait été agréablement surpris que l’un de ses films favoris Le Flic se rebiffe - une série B avec un Burt Lancaster vieillissant et au titre français de mauvais goût – ait été choisi parmi les films qu’il avait proposés pour poser un point d’orgue à cette rencontre.

Enfin, pour ses dédicaces, Blutch n’a pas résisté à l’envie de dessiner pour signer son « livre », terme qu’il préfère à celui de « bande-dessinée ».

Camille Laurent

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

L'Auteur:

Camille Laurent
  • http://orange.fr PICARD-LAURENT

    Super,
    très bien rédigé !
    on a envie de suivre l’ensemble des articles de cette nouvelle chroniqueuse !
    longue vie à cette éminente journaliste

  • simoni

    Tu rigoles ? T’as lu le reste du site ? C’est quoi cette « chroniqueuse » ? Une lycéenne ?
    Dommage, ça fait tâche, le reste du site s’en sort globalement bien.
    Encore une histoire de c… certainement !

  • http://emgenius.owni.fr Denis Verloes

    J’aime bien les critiques. Qu’elles soient positives ou négatives. Lycéenne non plus depuis quelques années. Vas-y balance, qu’est-ce qui ne te plais pas? Développe ça servira à améliorer. Toute critique est bonne à prendre.

  • simoni

    Je suis pas là pour donner des cours. Je suis un lecteur, donc je réagis. C’est le principe, non ? Y a des super bons articles dans ce webzine, et il gagne à être connu. Mais quand on a l’habitude de le consulter, on sait sur quel style on va tomber. Et là, cette Camille, aussi jolie, fragile et délicieuse soit-elle, n’a pas le style qui correspond au reste. De plus, sorti du contexte Benzine, je trouve qu’elle n’en a aucun, de style. Voilà. C’est tout. Je participe au succès de ce webzine en le lisant et en diffusant l’adresse. Je trouve ahurissant qu’on me parle sur ce ton. Les commentaires, c’est fait pour dire ce qu’on ressent devant un produit proposé. C’est ce que je fais. Je n’ai pas attaqué; j’ai réagi à des éloges qui me paraissaient injustifiées par rapport aux autres responsables du contenu, qui font du bon boulot et qui acceptent d’être exposés au même titre qu’elle (quand on se dit chroniqueuse et qu’on signe, on est exposé, c’est comme ça). Maintenant, j’ai visiblement touché là où ça fait mal, auprès des deux personnes concernées. Mais attention, n’oubliez pas que le succès d’un truc gratuit et de qualité, c’est son lectorat. Vous devriez changer de ton.

  • http://emgenius.owni.fr Denis Verloes

    Bah chacun ses idées hein. Moi j’aime bien quand on les expose en général. Et je suis globalement d’accord avec toi. Y’ a de l’amélioration à prévoir hein… mais hésite pas toi à proposer ta motivation si tu te sens plus à l’aise.

  • simoni

    En gros, si on fait pas le boulot à votre place, on doit se taire… Sympa les réactions sur ce webzine ! C’est dingue de renvoyer la balle comme ça dans le camp des lecteurs assidus !!! Sûr que vous m’entendrez plus !

  • http://emgenius.owni.fr Denis Verloes

    Hello,

    Désolé si on s’est mal compris. Bien sûr que non, il ne faut jamais se taire. Je disais juste que je suis adepte de deux principes 1) Tout est perfectible. Quand quelqu’un rate un truc, je suis OK pour la critique, la plus dure soit elle. Je trouve ça toujours challengeant et ça fait évoluer les gens. J’aime. Et même quand on balance un max. 2) J’aime bien aussi quand une critique aussi dure soit elle, débouche sur un truc constructif. Je te lis, je trouve les remarques sincères et je trouve qu’elles témoignent d’un vrai attachement à Benzine. Du coup, en toute sincérité, je demandais si d’aventure tu n’avais pas envie toi aussi de t’essayer à la prose critique culturelle. Les rédacteurs bénévoles et passionnés ne courent pas les rues, du coup je préfère quand en plus ce sont des lecteurs fidèles, c’est tout. Désolé si on s’est mal compris, y’a pas de « boulot » sur benzine, que de la passion pour l’objet culturel. « faire le boulot à notre place », donc non; mais contribuer, pourquoi pas. Si ça te tente hésite pas à le signaler. Pas de souci pour moi.
    Denis

  • Pingback: Au cinéma avec Blutch « polychronik

✪ Mini News

B tweets

RSS

RSS articles

AILLEURS