Boom Bip – Zig zaj

Il y a fort à  parier que même si tu ne t.’en rappelles pas vraiment, tu aies déjà  entendu un mix, ou une prod de Bryan Charles Hollon aka Boom bip. Le natif de Cincinnati installé à  Los Angeles a baladé une série d’ albums mais aussi de EP avec plein de DJ et chanteurs différents depuis son avènement en 2002. Parmi eux citons Mogwai, M83 ou Amon Tobin pour donner une idée de l’ambiance dans laquelle aime à  baigner Boom Bip.

Signé chez Lex records qui fut en son temps une des ramifications de Warp, il a surtout pour ma mémoire à  moi, donné au monde l’excellent projet Neon Neon en duo avec Gruff Rhys des Super Furry Animals, où les deux zigues prenaient place dans une De Lorean, autant d’ailleurs pour la photo de promo que pour la musique qui lorgnait ouvertement vers la toute fin des eighties., 

C.’est dans la même décennie, et le début de la suivante que Zig Zaj vient chercher l’inspiration (et non les ficelles).,  Zig Zaj essentiellement instrumental fait la part belle aux synthés présentés avec une réverb.’ d’enfer, qui rendraient malades de jalousie le Depeche Mode de l’époque, et rappelle de loin l’univers dans lequel baignait L7, Underworld et Leftism (enfin si ces derniers n’avaient pas cédé au tempo accéléré jungle) au début des †˜90s., 

Ce déjà  4e album solo invite des voix connues de son bréviaire, comme Cate Le bon ou des pointures médiatiques, sans qu’il soit pour autant une seconde évident de deviner que Josh Klinghoffer des Red Hot Chili Peppers ou Alex Kapranos des Franz Ferdinand y ont participé. Zig Zaj est d’une étonnante unité dans la palette sonore qui tabasse mais ne bourrine jamais et d’une incroyable tension au fil des titres qui le composent, rendant au principe d’album ses capacités d’évolution interne, au-delà  de la seule accumulation de singles, pourtant ici bien présents.

l’ensemble est construit comme une unité énergétique , qui serait sous-tendue par des nappes de synthé, une guitare ferroviaire (à  entendre dans son acception perpétuelle et grondante plutôt que bruit de rail). l’album, sombre comme un corbeau New Wave, est pourtant animé par un feu sous la glace dans lequel les invités de marque trouvent mieux leur place que dans aucun des albums de mettons UNKLE dont le principe musical ne semble pas si éloigné de celui de Boom Bip.

Dans ses meilleurs moments l’album rappelle le Depeche Mode de songs of faith and devotion (Automaton) ou le Achtung Baby de U2 , (Manabozh) dont zig zaj serait la relecture électronique; dans ses pires, il envoie aux fraises les prétentions de Muse à  pepétrer un opéra rock digne de ce nom (Goodbye lovers & friends) en y ajoutant une dose de Bowie. Quand il appaise son propos, rarement, il fait songer à  une BO imaginaire comme nous en proposait David Holmes au mitan des années 90 (All hands, Do as i do, Mascot & the moth« ).

J.’adore, parce qu’avec l’album des Handsome Furs paru un peu plus tôt en 2011 il convoque ce que j’aimais à  l’époque dans cette frange de la techno, : taper fort, direct entre les jambes et le coeur, et retourner les armes du rock charnel pour une musique synthétique qui a de la trempe et du potentiel de détournement d’oreille. Moins de cerveau ou de ficelles et plus de plaisir, ! Une totale réussite, !

Denis Verloes

Tracklist
01 – All Hands feat. Mike Noyce
02 – Goodbye Lovers and Friends feat. Alex Kapranos
03 – Pele
04 – Do As I Do feat. Cate Le Bon
05 – Reveal
06 – Manabozh feat. Money Mark
07 – New Order feat. Luke Steel and Josh Klinghoffer
08 – Automaton
09 – Tumtum
10 – Mascot and the Moth

Label: Lex records / warp
Date de sortie: 3 octobre 2011

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