Werner Kitzmüller – Evasion

Entre folk crépusculaire et musique contemporaine, Werner Kitzmüller accouche d’un grand disque intimiste, délicat et meurtri dans la lignée de Stuart Staples.

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Entre folk crépusculaire et musique contemporaine, Werner Kitzmüller accouche d’un grand disque intimiste, délicat et meurtri dans la lignée de Stuart Staples.

 

L’Autrichien a pris son temps pour penser puis concevoir son premier album. Celui-ci s’appelle Evasion et il ne manquera pas de surprendre celui qui y prêtera oreille. Le disque commence par Motte dans une veine électronica qui ne sera plus sillonnée plus tard, comme une fausse piste qui contient déjà une partie du mystère Kitzmüller : la sérénade électronique est assortie d’un violon pour un résultat proche de notre Chapelier Fou et voix parlées se mêlent dans le même genre de confusion poétique que le texte de Handke pour « Les Aîles du désir« .  Le musicien est influencé par le classique et le contemporain ; Werner Kitzmüller lance un geste artistique qui va delà du simple art musical.

Ceci étant dit, l’Autrichien va pouvoir épancher une sensibilité meurtrie qui n’est pas sans évoquer Stuart Staples, chanteur de Tindersticks (Grenade, Remission ou saltz chanté en allemand). La voix  est grave et flottante comme l’Anglais et sa musique folk est elle aussi lettrée. Il évoquera aussi Matt Elliott dernière mouture, c’est-à-dire dépouillé mais jouant toujours avec ses instruments (One Step).  Les ambiances crépusculaires se diluent parfois dans la musique de chambre donnant une sensibilité romantique à la musique (Good ou Stalker chanté en duo avec Meaghan Burke). Le piano et le violoncelle ne sont jamais loin, tout comme la propension qu’à l’Autrichien à triturer des sons avec ce qu’il trouve :  papiers froissés, conduits plastiques créant un souffle musical, cintres, boîte de métal, tessons de bouteilles. Cet attirail que l’on imaginerait plus dans la musique concrète lui permet mêmede faire l’économie de machines sur Where is my love créant une électronica organique à base de sonorités cristallines et de bandes jouées à l’envers. Il y a là une vraie vision poétique et artistique en permanence touchante car fragile, parfois déchirante car livrée avec ses tripes.

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Denis Zorgniotti

Date de Sortie : 13 janvier 2012
Label : Valeot records

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L'Auteur:

Denis Zorgniotti
Naturellement branché par quelques préfixes musicaux (indie, post, abstract, alt...) et même un suffixe (nica). Toujours prêt à défendre le petit label de Tours, Chambéry ou de Portland. Après quelques expériences presse et radio, a trouvé avec Benzine mag, un nouveau terrain de jeu et d'expression. Ne désespère pas de trouver le temps un jour d'écrire sur le cinéma, sa formation initiale et son autre passion. Mais seulement 24h dans une journée, un vrai scandale !

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