St Vincent – Strange Mercy

Album après album, la tout en boucle Annie Clark nous régale depuis sa base arrière américaine en musique via l’officine St Vincent dont elle préside quasi seule à  la destinée. Directrice passionnée de son patronyme qui évoque l’hopital où est venu mourir la poésie, du versificateur de génie Dylan Thomas en 1953. Elle donne suite via Strange Mercy à  Actor, album filmique s’il en était, qui a permis à  une série de gens, dont moi, d’accéder à  son travail ; puisque le premier opus de celle qui officia un jour au sein des Polyphonic Spree n’avait pas quant à  lui touché mes oreilles.
Quelles comparaisons aussi scabreuses que partiellement exactes n’ont pas été faites sur la demoiselle qui a étudié la musique à  Berklee ? On a comparé son timbre plaintif à  Kate Bush, sa hargne à  PJ Harvey peut-être la faute au rack d’effet géré du bout du pied sous la Fender Jazzmaster. On a aussi parlé de glam et de monsieur David Bowie, pour évoquer ses envolées aux confins du rock et du rêve. Ces ressemblances sont sans doute plutôt des influences que de véritables comparaisons. Car il n’y a jamais de redite ni l’impression de déjà  écouté, même quand il s’agit de découvrir son troisième opus.

St Vincent / Clark écrit rédige et joue la plupart des instruments de ce nouvel album entamé début janvier 2011 et dont les twittos ont pu suivre la genèse quasiment jour après jour au fil de l’enregistrement. Elle s’entoure uniquement d’instruments additionnels quand elle a besoin d’arrangements particuliers sur des morceaux qui trouvent, dans cette recherche de l’ambiance sonore, l’écrin indispensable à  la magie qui opère dès la première seconde. Elle s’inscrit effectivement dans la longue lignée des compositrices de génie dont le chant est porté par une guitare vigoureuse et des arrangements barrés. On comprend les comparaisons Bowie / PJ harvey

l’album est varié. On passe du quasi folk à  la pop et au presque rock. St Vincent déroule un petit univers en expansion fait de guitare, mais surtout de tous ces petits éléments sonores qui viennent surprendre l’amour fusionnel entre la Fender et la voix. De la folk free Jazz suis-je parfois tenté d’étiqueter. Du rock baroque. De la folk de chambre spatiale ? Un petit album dont je rêve à  chaque écoute, qu’il ne finisse jamais. Que le joli moment qu’Annie Clark semble ne m’accorder rien qu’à  moi à  chacune des écoutes, continue pour toujours tant la palette d’univers que le disque brosse semble fait juste pour me plaire. Pas pour rien, je me dis à  chaque passage dans le lecteur, que cet album est entré dans mon top 10 des albums parus en 2011.

En fait quand j’y songe, je n’avais pas pris un pied pop aussi évident autant que maboule dans le petit monde parfois très codifié de la musique faite par des filles , depuis le Human Behavior de Bjork. Aucune ressemblance pourtant, quoique. Autant dans la démarche musicale solitaire que dans cette facilité à  jouer avec les codes et les limites des genres qu’elles abordent Annie Clark et Bjork questionnent un genre musical qu’elles s’approprient haut la main pour mieux les flinguer d’abord, les transcender ensuite. J.’aime. Mais je crois que tu as compris.

Denis Verloes

Tracklist
01. Chloe In The Afternoon	 2:55	
02. Cruel	 3:35	
03. Cheerleader	 3:28	
04. Surgeon	 4:25	
05. Northern Lights	 3:33	
06. Strange Mercy	 4:28	
07. Neutered Fruit	 4:13	
08. Champagne Year	 3:28	
09. Dilettante	 4:03	
10. Hysterical Strength	 3:16	
11. Year Of The Tiger	 3:28
Label: 4AD / Beggars
Date de sortie: Septembre 2011

Plus+
Ecouter l’album sur Spotify
L’espace Myspace
Cruel via Youtube

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *