Porcelain Raft – Strange Weekend

Un peu tôt pour entamer le week-end, mais difficile de résister à  la perspective quand elle prend les atours séduisants de la musique de Porcelain Raft. Mais, vous me direz donc,, qu’est-ce donc que Porcelain Raft ? En fait le projet derrière lequel se cache le one man band Mauro Remiddi. Un, italien ténébreux qui a élaboré en Angleterre et aux États-Unis en solo cet album typique de la tendance dominante. À savoir : un individu isolé, des complaintes intimes et de l’électro pop tendance chillwave se parfumant au revival shoegaze.

On serait presque tenté de crier »assez ! » tant le marché risque d’être saturé de cette tendance omniprésente (Twin Shadow, Blood Orange, Neon Indian and co). Mais même si la formule est en passe d’être rejetée par certains, il est difficile de balayer d’un revers de main ce disque qui ne semble pas payer de mine à  la première écoute, mais impose vraiment son évidence. Tout simplement car l’italien, déjà  auteur du mémorable mini tube Dragonfly, sait écrire d’excellentes chansons et développer une belle atmosphère.

Atmosphère qui n’est pas vraiment neuve tant sa musique semble brasser les figures imposées du genre (dream rock brumeux, drums machines, échos de réverbération) qui, de Lush à  Slowdive, ont posé les bases du shoegazing. Mais l’ensemble au son parfait s’avère d’une fluidité évidente. Le tout d’une qualité d’écriture et vraie inspiration mélodique (Drifting In And Out, Shapeless & Gone, les irrésistibles deux morceaux d’entrée) pour que ce radeau de porcelaine dépasse vite l’exercice de recyclage.

Deux ou trois références démontrent le niveau d’exigence atteint par ce globe-trotter de chambre : les échos de guitare réverbérées striant tout l’album évoquent le lyrisme mal léché des grands ancêtres, Jesus And Mary Chain et son électro intimiste voisine avec la désolation solitaire d’Atlas Sound ou les complaintes récentes d’un Youth Lagoon (Put Me To Sleep, Backwords, If,  You Have A Wish).

On pourrait jouer longtemps à  un stérile jeu des ressemblances (Electronic, Suede, The Big Pink). Mais on préférera se réjouir des vrais progrès vocaux de l’ami Remmidi, hier un peu trop proche du maniérisme d’un Brian Molko. Et on succombera au long terme au charme d’un album dont le but n’est, sans doute pas révolutionnaire, mais délicieux.

Un album qui propose, entre intimisme et fougue tranquille, passé et présent, son charme séduisant et sa marque élégante et développe un attachement, durable à  ce solitaire magnifique, pas si loin d’un futur artiste-culte. Pas mal pour prolonger vos petits weekends.

Franck Rousselot

Porcelain RaftStrange Weekend
Label : Secretly Canadian
Date de sortie : 24 janvier

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3 thoughts on “Porcelain Raft – Strange Weekend

  1. Aïe, non ! Coquille : c’est Secretly Canadian. Rectifiée depuis ton message :)

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