Sharon Van Etten – Tramp

A l’heure où tout le monde discute sur , Lana del Rey, autant s’intéresser à  une chanteuse dont le talent lui ne souffre d’aucune contestation.

Sharon Van Etten en est à  son troisième album, le premier à  sortir chez Jagjaguwar, label indépendant connu pour son bon goût. Espérons que ce »transfert » permette à  la jeune femme de mieux faire connaître sa musique. Tramp est un album qui, sans être révolutionnaire, parvient à  trouver le ton juste. Sous la férule d’ Aaron Dessner de, The National,, producteur du disque, Van Etten abandonne l’instrumentation folk guitare-voix du précédent Because I was in Love pour des arrangements plus charpentés et plus rock.

Sans être révolutionnaire, l’Américaine arrive justement à  se placer dans une place médiane qui fait que sa musique est tout de suite identifiable sans devenir le clone d’aucune de ses aînées. Tramp est au sens propre un album fédérateur. , Sharon Van Etten se positionne en patronne, préférant l’élégance et la séduction à  l’agressivité et à  l’autoritarisme. A la fois figure de la folkeuse countrysante et égérie , indé, elle semble pouvoir réconcilier plusieurs publics, tout en proposant une, musique à  l’ampleur mesuré. Mais surtout, elle ne revoit à  la baisse la qualité de sa musique dans une sorte de consensus mou : , la qualité de l’ensemble sauve le disque de la tiédeur., Serpents est un exemple emblématique de ce que réussit l’album : quelques accents grinçants dans une mélodie superbe emmenée d’une belle voix flottante et légèrement râpeuse. Le titre rappelle Shannon Wright mais avec la magic touch d’un Fleetwood Mac ; Van Etten rappelle parfois, Stevie Nicks avec ce même timbre midwest chic.

Cohérent et maîtrisé de bout en bout, Tramp place sa créatrice dans la division des valeurs sûres et des filles charismatiques, à  telle enseigne que l’Américaine a déjà  réuni sur ce disque un sacré beau linge : Julianna Barwick, Zack Condon (Mister Beirut) et Matt Barrick (The Walkmen). Il n’y a rien de plus à  dire, Sharon Van Etten supplante tous les discours et séduit son monde. C’est bien, un point c’est tout.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 7 février 2012
Label / Distributeur : Jagjaguwar / Differ-ant

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