Tindersticks – The Something Rain

Les vieux amis, c’est bien connu, on peut passer des mois, voire de longues années sans les revoir. Pas qu’on ne les aime plus, mais n’est-ce pas… les nouvelles têtes, les changements, nous en écartent. Pareil pour le spleen éternel et atmosphérique des Tindersticks, mais n’est-ce pas… l’envie d’autre chose, l’attrait du neuf, nous ont parfois […]

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Les vieux amis, c’est bien connu, on peut passer des mois, voire de longues années sans les revoir. Pas qu’on ne les aime plus, mais n’est-ce pas… les nouvelles têtes, les changements, nous en écartent. Pareil pour le spleen éternel et atmosphérique des Tindersticks, mais n’est-ce pas… l’envie d’autre chose, l’attrait du neuf, nous ont parfois fait perdre de vue un groupe placé depuis quasiment 20 ans sous le signe du classicisme et traçant obstinément toujours le même sillon, langoureux comme la voix de crooner baryton de Stuart Staples.

Perdus de vue mais retrouvés avec le récent Falling Down A Moutain de 2010, le gang préféré de Claire Denis revient pour un énième tour de danse qui a tout d’un (feutré) feu d’artifice, le couronnement d’une rare intransigeance artistique à saluer.

The Something Rain, c’est, à l’image du titre d’ouverture Chocolate, récit en spoken word cinématographique en diable, du Tinderticks pur jus. Un voyage mid-tempo racé, balancement chaloupé, écrin sonore scintillant aux accents easy listening sophistiqués de nos vagues à l’âme les plus intimes métamorphosés en somptueuse B.O. au décor nocturne.

Moins western ou expérimental, orné d’un redoutable groove soul, d’une note pop ambiance aquarium bleu nuit au son parfait, un concentré de l’art « Tindersticksien », délicat équilibre entre raffinement d’esthète et neurasthénie mélancolique au vrai pouvoir d’envoûtement. Pas loin d’une transe fiévreuse comme le morceau de bravoure de l’album, le redoutable Frozen. L’éternelle formule des anglais qui n’a jamais été aussi proche d’un mix rêvé entre la classe de Lee Hazlewood, la tension du groupe Morphine ou la suavité des B.O. de John Barry.

Et m’est avis qu’il est conseillé d’apprécier à sa valeur ce cru 2012. Car selon des échos insistants l’aventure collective Tindersticks risque fort de se clore avec cet épisode-ci, aboutissement éclatant d’un parcours discret mais intense.

Stuart Staples et ses compères vogueraient donc vers d’autres aventures en nous offrant cette dernière récolte en forme de cadeau d’adieu. De quoi se réjouir vu sa qualité, ronde, charnue, forte en bouche. Tout en regrettant déjà que, si la méchante rumeur se confirme, on n’ait recroisé ces vieux amis que pour ne plus les revoir ensuite. Alors, vite : ne pas passer à côté et à savourer, ici, maintenant.

Franck Rousselot

TindersticksThe Something Rain
Label : City Slang
Date de parution : 20 février

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L'Auteur:

Franck Rousselot
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Franck a toujours aimé la musique « pas comme les autres » qui console de celle des uns. A toujours aimé écrire, mais n’est pas devenu journaliste pour autant. A découvert Internet et les webzines et s’est lancé dans le grand bain. Est devenu Blake qui rédige ses chroniques sur son blog. A rencontré Benoit Richard sur la toile qui l’a invité chez Benzine. Y est venu avec plaisir entre deux « chroniques Blakiennes » où il s’y prénomme de nouveau Franck. Puis a fermé son blog mais est resté à écrire sur Benzine. Fin de l’épisode mais début d’une nouvelle aventure.

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