Torpédo – Matthieu Donck

La réputation d’un cinéma décalé et joyeusement déjanté qui colle au cinéma belge, si elle est bien sûr fondée, risque parfois de poser problème et de donner naissance à  des oeuvres un peu trop systématiques et prévisibles. À n’en pas douter Torpédo, nouveau long-métrage de Matthieu Donck, ne faillit pas à  la tradition du petit film sympathique, gentiment débridé, développant des situations rocambolesques et maniant un humour potache qui peine à  dissimuler les bons sentiments qui ne manquent pas d’affleurer tôt ou tard.

Michel Ressac est un trentenaire un peu à  côté de la plaque, inadapté au monde contemporain (travail, famille et insertion sociale), d’une naîveté et d’une crédulité qui confinent à  l’innocence. Aussi n’a-t-il aucun doute lorsqu’un appel téléphonique l’invite à  se rendre dans un magasin de salons où il aurait gagné une soirée avec le champion cycliste Eddy Merckx. Notre candide y voit une occasion idéale pour partager ce cadeau inattendu avec son père à  qui il ne parle plus depuis longtemps. De ce prétexte aussi improbable que futile naît une cascade d’événements tragi-comiques qui déportent petit à  petit le film vers le registre du road-movie fauché et bon enfant, entre Belgique et Finistère. C.’est un peu lent à  se mettre en route et les clichés associés aux laissés-pour-compte ont parfois la dent dure (les parents de Kevin sont spécialement gratinés, ainsi que le petit copain de Christine). En clair, Matthieu Donck ne fait pas toujours dans la dentelle psychologique et narrative, mais l’abattage des comédiens, au premier rang desquels le tendre François Damiens, participe à  rendre l’ensemble sympathique, d’autant plus que quelques beaux plans des paysages bretons l’agrémentent joliment. On regrettera néanmoins que le portrait en creux de la société de consommation, mais aussi celui de la famille en général, ne montre pas plus de férocité et de profondeur. Au final, plaisir facile et superficiel à  l’image de Torpédo.

Patrick Braganti

Torpédo
Comédie française, belge de Matthieu Donck
Sortie : 21 mars 2012
Durée : 01h29
Avec François Damiens, Audrey Dana, Cédric Constantin,…

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