Masha Qrella – Analogies

Plus pop que jamais, , Masha Qrella déçoit d’abord avec un Analogies un peu gentillet mais brille sur quelques morceaux. En partie dispensable, en partie essentiel…

Pur produit de l’écurie Morr Music, Masha Qrella a quelques analogies avec Guther ou Lali Puna et ce n’est pas dû au seul timbre de voix, diaphane et gracile, de la jeune Allemande. Ex Contriva et ex Mina, Masha Qrella partage le même souci de lignes claires et de mélodies légères que ses consoeurs et confrères de label. Une,  dose d’électronique (moins que chez Lali Puna), des guitares joliment réverbérées et des strates musicaux qui s’additionnent et s’entre-lassent joliment. L’ensemble est charmant et la jeune Allemande avait su à  ses débuts (notamment sur ses deux premiers,  albums Luck en 2002 et Unsolved Remained en 2005), , injecter une petite dose d’expérimentation formelle à  ces vignettes pop fraiches et immédiates. Cela faisait toute la différence et c’est ce qui manque un peu à  ce quatrième album.

Plus le temps passe et plus Masha Qrella devient de plus en plus »mainstream ». Elle gagne certes en lisibilité (Take me out pourrait être un titre de Fleetwood Mac) mais rejoint parfois le troupeau de sympathiques chanteuses pop, ni plus ni moins, ni mieux, ni moins bien.,  De quoi séduire le plus grand nombre et s’attirer les bonnes grâces des radios mais on peut légitimement ambitionner plus pour cette artiste de talent. Une partie du disque donc déçoit (Hawai, Fishing buddies, call my name). Pourtant, on aurait tort de jeter tout Analogies avec l’eau du bain.

En effet, sur une toute partie de l’album, Masha Qrella fait mouche. Non pas que ces titres se distinguent stylistiquement du reste mais par la qualité intrinsèque de leurs compositions, des idées d’arrangements intelligentes voire lumineuses qu’on y trouve,, ils vous donnent envie de vous lever, de son siège et s’apprécie tête haute et coeur léger. Il y a donc Hawai et son final psychédélique qui répand un fluide aqueux sur une mélodie de prime abord un peu simple. Les irrésistibles Crooked dreams et One Step, trouvent , le bon tempo entre une rythmique alerte, des gimmicks de, guitare accrocheur, des, nappes éclairantes, en contrepoint, et une ligne de chant aéré :, on retrouve là  ce qu’on peut aimer chez Lali Puna, l’électronique en moins. Idem pour Last dance et,  son petit côté Lush, avec,  choeurs garantie dream pop. Pour ces morceaux, Masha Qrella soigne ses ponts, ouvre sa musique sur d’autres harmonies, trouve des lignes de basses et de batterie inventives. Le wurlitzer jazz sur Blue Bottle donne toute sa finesse au morceau. C’est vrai que là  on craque pour l’Allemande, regrettant seulement qu’il n’y ait pas 10 morceaux de ce niveau mais seulement 5.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 16 mai 2012
Label / Distributeur : Morr Music / La Baleine

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Vidéo de Fishing Buddies

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