Mark Lanegan – Blues funeral

Mark Lanegan a la voix eraillée de ceux qui commettent trop d excès. Ou en ont trop connu. Il pousse un petit blues funéraire, de haute volée, où chacun des éléments semble maîtrisé.

Mark William Lanegan est né le 25 novembre 1964 dans l’Etat de Washington. Pas un perdreau de l’année quoi. Si son nom ne te dit rien, tu te trompes. L’homme à  contribué avec tout ce que l’indé punk rock américaine compte de seigneurs, dont Kurt Cobain, Krist Novoselic, Josh Homme ou Greg Dulli. Excusez du peu. Depuis son départ définitif en tant que chanteur principal, de Queen of the Stone Age (Ah tu vois que tu le connais) en 2005, l’homme qui avait déjà  sorti Bubblegum en 2004 sous son patronyme, continue son aventure solo ou rock, expérience et collaborations diverses sont les éléments constitutifs.

Blues funeral sonne comme l’exact point de compression entre plusieurs influences, plusieurs typologies de musiques souvent cloisonnées, au moins dans mon ciboulot retors. Il y a d abord, comme le Port Salut c’est écrit dessus, une forte influence blues. Un blues qui ne plaque pas sa structure d’accords de guitare sur la musique, non. Plutôt un blues tout en mélancolie, en ecorchure, en Tom Waits, avec qui le bonhomme ne partage pas qu’un point de comparaison.

Il y a ensuite le rock noisy cher à  mon coeur de trentenaire. Celui qui hésite entre pop et métal, celui qui grince, crisse et sature comme un bon vieux Dinosaur Jr ou un Queens of the Stone Age qui a forcément laissé des traces dans le parcours musical de lui qui en fut la voix. Celui qui passe de la balade mélancolique et rocailleuse à  la colère sourde et aveugle presque industrielle façon Trent Reznor par exemple.

Il y a enfin cette impressionisme généralement très folk américaine, mélange d’Americana et de retour de soldat confédéré au bercail, vaincu magnifique prêt au langoureux baiser de Scarlet O Hara. Même si ici Scarlet se camoufle dans une volute de Marijuana.

Blues funeral frappe puissant et juste. Rarement la mélancolie aura donné un album pop contenant autant de rage, rarement un album »métal »lique m’aura semblé aussi vaporeux ou pop. Un album à  interdire aux depressifs: les conséquences pouvant se révéler trop variées pour être anticipées ou totalement saines.

Denis Verloes

Tracklist

Label: 4AD/ Beggars Banquet
Date de sortie:7 février 2012

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Mark Lanegan dans les 4AD Sessions en mai

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