Maxïmo Park – The national health

Je sais bien ce que tu vas dire lecteur. Que j’ai de la merde dans les oreilles, que Maxîmo Park avec son nouvel album ne réinvente aucunement ni le style, ni le genre, ni même la formule ou les mélodies qui ont fait leur succès etc.

Et pourtant, une fois de plus le groupe de Paul Smith, le chapeau melon le plus connu d’Angleterre derrière John Steed, me cueille comme une jouvencelle en fleur (oui je sais c’est dur à  imaginer si tu connais un peu ma physionomie), et semble vouloir m’apprendre la vie à  coups de guitares punk aux rythmes effrénés.

Il n’y a pourtant, je le concède, rien de bien neuf dans le national health paru peu avant l’été 2012. Un poil d’Emo, énormément de punk, une once de métal, et une bonne grosse dose de britpop. On prend les mêmes et on recommence. Seul le mix me semble un peu plus net que lors de l’opus précédent dont je disais à  peu près la même chose. Paul Smith et sa bande prolongent le rêve adolescent encore une saison.

Jusqu’à  quel âge arriveront-ils à  maintenir l’illusion ? Je ne veux pas me poser la question. Parce que le résultat réussit une fois encore à  me faire oublier le précédent opus et à  le remplacer par la nouvelle livraison. Comme une mise à  jour du logiciel Maximo via l’appstore. Un logiciel qui n’aurait d’autre but, à  chaque nouvel opus, que de parvenir à  mobiliser mes nerfs et mes reliquats de rébellion adolescente.

Maxîmo Park continue de me plaire sinon de me fasciner par la facilité apparente de la démarche. Dès  » National Health  » éponyme je sais à  quelle sauce je vais être mangé. l’idée est de démarrer vite, sec, énergique et de ne relâcher que ponctuellement la bride en des ballades quasiment parlées. La grande force de Maxîmo Park reste la capacité à  canaliser ses émois rock, voire métal en de petits javelots où la mélodie fait figure de moteur, de guide, de fil rouge, de canalisateur. Un concentré d’efficacité porté par les textes très personnels de son chanteur. Une chanson de Maxîmo Park, dont je continue de penser qu’ils doivent être encore meilleurs sur scène, c’est un bolide lancé à  toute vitesse, conduit par un pilote aussi efficace que Steve Mac Queen dans Bullit. Une flèchette affutée dont on a l’impression que l’auteur vit chaque parole.

Après, oui, c’est sûr le genre est très référencé : punk, rock, émo et un poil de FM c’est parfois dur à  encaisser pour les parangons du bon goût indé. Après oui, on est d’accord, le nouvel album est auto-référencé : Maxîmo Park joue à  être Maxîmo park. Mais je mets au défi n’importe quel amateur du genre de résister à  l’envie de réhabiliter le pogo sur les dancefloors du monde entier.

Denis Verloes

Tracklist

Label: V2 / Cooperative music
Date de sortie: juin 2012

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