Electric Guest – Mondo

Il est sans doute déjà  très tard pour parler de Mondo, l’album introductif des Californiens de Electric Guest. A l’heure qu’il est, le buzz a déjà  fait mouche et les Américains ont usé déjà  jusqu’à  la corde tous les dithyrambes possibles et imaginables dans la presse de l’hexagone et du royaume.

On y vante l’efficacité des mélodies solaires des bonshommes, et le travail exigent du producteur Danger Mouse (toujours lui), qui a exigé d’être considéré comme le troisième  » homme  » du groupe, plutôt que comme un simple metteur en son. On y a critiqué aussi certaines des prestations en festivals d’été mais il suffit d’un passage dans la soirée de poche de la blogothèque sur Arte, pour que mes doutes soient évacués. Ouf.

l’exigence de Danger Mouse d’être intégré au processus créatif des compositions a payé. Surtout du côté de l’homogénéité du son et de la lisibilité de la démarche du groupe. Electric Guest c’est le groupe fédérateur dans le panorama de la pop mondiale en 2012, avec un mondo qui pose son jalon pile au croisement de la pop anglaise (époque Madchester) du canal historique californien, et de l’electronica a tendance easy listening.

Une réussite qui doit beaucoup aussi à  l’efficacité mélodique de l’album. J.’aime pointer dans la production pléthorique contemporaine quand un disque se présente à  l’auditeur sans qu’aucun élément de la tracklist ne puisse être perçu comme un adorable remplissage. Mondo en fait partie. Ici chaque titre se savoure. Porté par un son net et sans bavure, ainsi que par un mix qui ne privilégie jamais les synthés par rapport à  la guitare, Mondo est un petit morceau de pop qui s’écoute facilement en ondulant du bassin (on ira d’ailleurs jusqu’à  penser que certains passages comme Troubleman apportent autant à  l’ondulation verticale de la danse que l’ondulation horizontale de la sexualité humaine).

Appuyé par des petits gimmicks au clavier que n’auraient reniés ni les beach boys, ni Inspiral Carpets ou même Stereolab ; Electric Guest déroule sur du velours tout un album qui se danse autant qu’il s’écoute et servira sans doute de bande son à  certains de nos ébats. Quand Electric Guest entend nous faire remuer, il appuie sur la mélodie de basse. C.’est alors à  Mani des Stone Roses et de Primal Scream qu’on pense parfois. Quand il entend toucher nos sentiments c’est la guitare acoustique quasi folk qui prend les devants. Et quand il convoque notre sensualité immédiate, il s’en remet aux mécaniques de la soul et au pouvoir d’une basse tirant vers le funk subtil.

Le tout porté par la voix de tête  » androgyne  » de Asa Taccone moitié pensante du duo de base complété par Matthew Compton. C.’est d’ailleurs cette voix une peu pincée qui sans doute rebutera aussi les rares détracteurs du groupe, ou finira par gripper certaines voltiges sous les draps de satin.

Simple, Mondo apparaît comme une évidence et comme un exemple de dosage parfait entre claviers électroniques et guitare folk. Le propos est maîtrisé, l’esthétique également. Electric Guest sait où il va, comment il y va. Et le groupe s’est donné par l’adoubement et la maestria de Danger Mouse, les moyens d’y arriver.

Mondo oscille entre deux traditions : le canal historique de l’histoire de la musique populaire américaine mêlé de l’imaginaire baggy des Britanniques ; le tout mouliné et présenté en toute originalité via une forme pleine de modernité qui ne se contente jamais la citation des époques que le groupe convoque. Belle réussite, voici le genre d’albums à  avoir toujours à  porter de la main, ou du traversin. Je suis fan.

Denis Verloes

Tracklist

Label: Because / Warner Music France
Date de sortie: 23 avril 2012

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la soirée de poche Arte / La blogothèque

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