Get Well Soon – The Scarlet Beast O’ Seven Heads

Paru aux derniers jours du mois d’août, le troisième opus des aventures musicales de Get Well Soon est bien un album placé sous des cieux plus chauds que ses prédécesseurs.

Après l’hiver (le EP Songs Against The Glaciation et le premier album Rest Now, Weary Head! You Will Get Well Soon) ou, l’automne saturnien (Vexations), The Scarlet Beast O’Seven Heads s’offre de larges paysages rougeoyants au format cinémascope confirmant la passion de l’ami Konstantin Gropper, le cerveau du groupe, pour le septième art.

Le titre et le concept ont beau tourner autour de la thématique apocalyptique, on retrouve intacts la fougue dix-neuvièmiste et le lyrisme distancié qui font l’originalité de l’univers de ce virtuose allemand au solide bagage musical, mais comme vivifiés par les références méditerranéennes qui émaillent le disque.

Au fil de ces treize titres à  l’abord étonnamment plus pop, l’album semble baigner dans un bain italien qui rappelle autant les figures d’Ennio Morricone, Nino Rota ou les BO de thrillers sanglants, les giallo type Mario Bava ou Dario Argento. Où l’on croise aussi les silhouettes d’Alfred Hitchcock, Roland Emmerich ou «  Walt Disney !

Si la première écoute peut surprendre, la production d’une précision d’orfèvre, moins opulente et plus immédiate, révèle un Konstantin Gropper toujours aussi expert en climats orchestraux tempétueux, mais sans la noirceur de sépulcre qui pouvait le faire basculer parfois dans une petite auto-complaisance. Serti dans cet écrin pop aux couleurs plus flamboyantes, ce disque de »la bête rouge aux sept têtes » est assurément un voyage ombrageux, mais rempli de tonifiantes étapes.

Voguant de titres remplis d’une nouvelle énergie pop (Roland I Feel You, A Gallows) à  de folles escapades baroques et intimistes (Just Like Henry Darger, Oh My! Good Heart), Get Well Soon malaxe aussi une étrange synth pop glacée qui évoque autant Giorgio Moroder que sa relecture contemporaine excentrique (John Maus, Chromatics). Ainsi parées, ces treize pièces musicales proposent une alliance étonnante de spleen et de fougue, de chaud et de froid, qui préservent l’auditeur des sentiments de déjà -vu et de lassitude.

Selon ses humeurs et son propre état d’esprit, cet album lui proposera un visage aussi ombrageux (The Kids Today) que radieux (The Last Days Of Rome). Sans omettre la cohésion évidente du groupe autour de son compositeur-leader qui renforce la vigueur du projet, remarquable (et remarquée par les spectateurs de ses premiers concerts européens). Une marche franchie dans le parcours original d’un créateur, qui, s’il reste fidèle à  sa nature d’isolé, fait un notable et convaincant pas vers le monde extérieur.

Et puis, si vous hésitez encore, un seul et radical moyen : il suffit de jeter une oreille sur les premières mesures de You Cannot Cast Out The Demons (You Might As Well Dance) l’ultime titre et morceau de bravoure de ce beau périple : épique, entêtant, énergique, enflammé, irrésistible, addictif : une petite, non, grande merveille aux airs de mini-épopée.

Un des plus beaux morceaux de l’année et réussite incontestable de son auteur. Chapeau bas, Konstantin.

Franck Rousselot

Get Well SoonThe Scarlet Beast O’Seven Heads
Label : City Slang
Date de sortie : 27 août 2012

site Get Well Soon
City Slang Records
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