Raycord – Ruban Ruban

Rassurez-vous, il sera question de ruban mais pas de GRS ! Car si Raycord aime le magnétophone à  bandes, c’est pour jouer les Deus Ex-Machina et rendre sa musique encore plus passionnante.

La musique électronique est souvent affaire de patience et de solitude et Raycord ne déroge pas à  la règle, bien au contraire Ruban Ruban est, dit-on, le fruit de cinq années d’expérimentation. Ce Canadien campagnard compose, joue, sample, programme, enregistre mais il retravaille ensuite ses bandes analogiques, les accélérant, les mettant en l’envers, remontant ses pistes sans cesse pour trouver enfin la bonne formule à  sa musique. Le fait n’est pas nouveau, Avey Tare, émanation d’ Animal Collective et de Mùm a accéléré a posteriori, le défilement d’un, album entier. Mais, Raycord a le mérite de le faire bien et de réfléchir, sur sa création, dans sa spatialité et sa temporalité, et de la rendre ainsi plus insaisissable. Une déconstruction-reconstruction pour le moins personnelle qui transforme souvent le mouvement d’accélération et de retour en arrière, en trainée luminescente (Nuit à  Montréal, La flûte à  ruban).

Il y a de la poésie dans ce travail,  minutieux et libératoire, et par extension, dans la musique du monsieur. Car au delà  de la démarche, l’important reste, la musique en soi., Bien dans son époque, Raycord épouse plusieurs genres, plusieurs attitudes, plusieurs énergies. Les rythmiques appuyées abstract hip hop (proche de DJ Shadow voire de Bonobo), cohabitent avec des samples lunaires (Papillon ou la station secrète, bénéficiant, du jeu d’un vrai batteur), les programmations électronica de boites à  musique renvoyant à  la nostalgie de l’enfance se mêlent à  une mélancolie bien adulte (Music Box, on peut penser à  Colleen ou à  Chapelier Fou). Sonorités cernées à  l’encore noire et traits ébauchés à  la plume d’oie font partie du même dessin., , 

Et si Ruban Ruban s’ouvre sur une musique lounge plus classique avec voix de shaman maugrée, il, ne tombe finalement pas dans ce new age worldisant. Le disque reste hautement organique, atmosphérique mais organique dans une électronica complexe et magnifiquement agencée. L’analogique tient une place de choix aussi dans les claviers utilisés, : Raycord dédie un titre au Fender Rhodes,, deux autres au Wurlitzer. Le Canadien dit qu’il s’inspire de la nature, changeante et riche de textures différentes. En écoutant Ruban Ruban, on se dit que la campagne canadienne doit être sacrément belle.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie :12 Septembre 2012
Label : Phonosaurus Record

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Bandcamp
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=HEkOPjkNyvQ&w=425&h=239]

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