Emily Loizeau – Mothers & tygers

Troisième album déjà  pour Emily Loizeau et second pour universal. Si le deuxième album avec sa pochette façon caravane de l étrange explorait un versant pop/rock de la demoiselle, son nouvel essai est clairement d’influence folk et bucolique. Logique pour un album que la page facebook nous décrivait enregistré au coin du feu dans une maison au milieu des pâturages ensoleillés quelque part dans le sud de la France.

Et en fait, il faut quelques écoutes pour rentrer pleinement dans mothers & tygers, se faire au charme subtil de ces chansons au tempo mineur, moins immédiates que le format pop du passé. Il faut quelques temps aussi pour se faire à  l’idée d’une Emily Loizeau plongeant dans ses racines anglo-saxonnes et nous livrant une bonne moitié d’album chanté dans la langue de Shakespeare.

Pendant ce temps d’adaptation on passe par des réflexions du type: »bah elles sont oú les mélodies? » »encore un coup d’Universal ça l’anglais, pour l’export » ou encore »mais c’est quoi ce mode gnangnan là ? »

Mais ce n’est qu’un temps d’adaptation. Si mothers & tygers n’échappe pas à  TOUS les tics de l’album dit »de la maturité » (le sérieux,le grandiloquent, le classicisme), je reste profondément attaché sinon amoureux de la jeune maman derrière son clavier de piano. Parce que même quand elle se réinvente en cowgirl moderne, sirotant du café bouilli dégorgeant d’une cafetière émaillée qui glougloute sur un feu de bois, elle continue à  d’avoir guère d’équivalents dans le paysage de la chanson française.

On songe à  Lisa Germano, à  Giant Sand ou Jean-Louis Murat, pour cette capacité à  rendre en musique l’équivalent d’une randonnée dans les grands espaces. On songe aussi à  Rachel Unthank ou aux dernières incarnations de Kate Bush pour le côté poètesse rurale qui glisse une aura particulière sur l’ensemble des titres.

Et puis il y a ces arrangements ciselés qui portent la voix de Loizeau– qui ne la force jamais- tout au long d’un disque pensé par/pour la rêverie. De la guitare, du banjo, des cordes plaintives, des choeurs, une tin whistle une batterie frappée au balais… accompagnent le chant et le piano de la dame. Plus j’écoute, plus j’en perçois la richesse.

On se rend compte, au fil de ses passages dans le lecteur, que l album est pensé dans ses moindres détails pour produire l’effet folk/country qu’on y perçoit. On se rend compte au fil des écoutes, qu’on goûte à  l’univers créé par Emily Loizeau.

Et de jurer du coup mais un peu plus tard que pour ses deux premiers essais, que la dame m’ a une fois encore conquis.

Denis Verloes

Tracklist

Date de sortie: 10 septembre 2012
Label: Polydor / Universal

Plus+
Le site officiel
La page facebook
La critique de Pays Sauvage

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *