5 + 5 = Franck Rabeyrolles

Le Montpelliérain Franck Rabeyrolles (Ex Double U, ex Franklin) nous parle de ses disques favoris du moment et de toujours.

Frank Rabeyrolles photo 2016

Huit albums en huit ans mais le premier sous son nom. En 2012, Franck Rabeyrolles aura franchi une étape, celle de se produire enfin sur son nom. Le Montpelliérain (Ex Double U, ex Franklin) n’a pas attendu aujourd’hui pour avoir du talent, et #8 a de quoi devenir un des favoris Electronica pop de l’année. Plus intéressant, à  travers son écoute, on imagine que son auteur , a une belle l’ouverture musicale. Et cette idée de 5+5 Franck Rabeyrolles coula donc de source….

5 disques du moment :

Andy Stott – Luxury problems
J’ai découvert Andy Stott avec son premier album qui était à  mon avis super brillant mais peut être un peu aride et trop démonstratif. Le revoici avec un disque plus aérien, avec des mélodies pop solaires, des allusions R’nb fines et bien senties. Une sorte de »Métatechno » qui échapperait à  toute prédétermination, à  toute école « Les cassures de rythme sont belles et on ne s’ennuie jamais »Musique nomade qui vous suit partout même sur le dancefloor.

James Ferraro – Sushi
Je n’ai volontairement pas choisi beaucoup de groupes Indie/ Rock/ Pop car les revival Post Punk, Garage m’ennuient un peu. James Ferraro a une démarche assez sinueuse, des univers multiples toujours très contemporain dans l’écriture des sons »A rapprocher de Oneeothrix point never. On ne s’ennuie jamais »toujours cérébral et ludique à  la fois, Ferraro est un jouisseur et ça se sent »il sait faire vibrer à  nouveau la fibre de l’electronica et jouer avec ses codes sans jamais être un »bonnet de nuit » de la musique électronique. Le tout est joyeusement bordélique et ça fait du bien.

Ormonde – Machine
Ce disque a bercé mon mois de Septembre pour le meilleur et le pire ».Cela coîncidait aussi avec la sensation de vide et d’angoisse assez banale quand on finit un album et qu’on ne sait pas trop où on est et où on va. Hormis la reprise de Gainsbourg »Lemon Incest » que je trouve assez anecdotique, le disque baigne dans une poésie pop magique. A la fois classique et élégant quand on goûte à  Ormonde, on devient vite »accro ». C’est peut être d’ailleurs ce qui manque aux disques du moment ».Les pochettes sont belles, les groupes talentueux, il y a toujours ce côté rutilant lors des premières écoutes et puis ils finissent souvent dans le cimetière de votre ordinateur »Mais là  il y a une rêverie proche de Blonde Redhead, Yo La Tengo ; Ormonde n’est le bon élève de personne « Cette liberté fait du bien et ce duo pourrait bien me la communiquer.

Tamaryn – Tender new signs
Certes Tamaryn nage en plein trip recyclage »Shoegaze-post-My Bloody »mais les morceaux sont là  .J’aime la noirceur de la basse qui vous emporte assez loin. Les guitares ultra réverbérées pleurent et les voix un peu à  la Mazzy Star vous projettent directement dans un univers d’images floues et obsédantes. La recette peut paraître simpie et maintes fois réutilisée mais cette fois ça marche, en tout cas sur moi un peu à  la façon de Blouse, cet autre groupe de l’excellent label Captured Tracks., Cela donne envie de prendre une voiture et faire des tours de périph !

Majeure – Solar Maximum
Ici avec ce musicien de Pittsburg on évolue en plein trip »Krautrock Technoîde ». j’étais assez réservé au départ, j’avais peur du revival trop poussif ou l’hommage à  la synthèse analogique trop classique avec une utilisation systématique des arpégiateurs. Au final là  aussi j’adhère une fois que je me laisse un peu aller »Bons morceaux bien deep et hypnotisants. Solar Maximum qui dure plus de 11minutes est bien épique dans le genre et on se retrouve à  tripper tout seul devant son laptop, bientôt en mode danse tribale dans son séjour.

5 disques pour toujours :

Can – Future days
Ce n’est pas par intellectualisme ou par amour pour les musiques expérimentales que j’ai choisi ce disque »Non, il trônait dans les bac à  vinyles de ma mère dans les années 80 aux côtés de Neil Young et de de Leonard Cohen. Et puis surtout il y avait ce sticker »Numéro 1 en Allemagne » ce qui avait excité ma curiosité. J’avais l’impression d’écouter quelque chose d’assez World Music et très coloré. J’ai un faible pour ce disque depuis.

Bill Evans – Everybody digs Bill Evans
J’ai choisi ce disque pour un morceau en particulier Peace piece qui met la musique de Bill Evans assez loin du jazz avec un côté Ravel et Satie. Cette balade est juste magique, 4mn de bonheur qui rappelle parfois Amadh Jamal sur The Awakening. C’est très mélancolique et beau ; ça ouvre des portes…

Boards of Canada – Music has the right to children
Tout y est parfait, la musique, la pochette. Il y a quelque chose d’intemporel dans ce disque qui continue à  m’émerveiller au fil des années. Le genre de disque qu’on sort pour les grandes occasions tant il a usé nos platines. Un disque ovni, précieux, qui baigne dans une harmonie rythmique et mélodique qui laisse sans voix., On se sent toujours infiniment petit après « La manière dont les Boards revisitent la musique de Terry Riley ou la musique répétitive dans une transe nouvelle en font un duo mystérieusement génial. Full spectrum love

The Velvet Underground – White Light/ White Heat
Tout a été dit sur le Velvet »pour moi se sont surtout mes années Lycée »Ce disque accompagne tous mes apprentissages. J’aime le son brut et expérimental. Il existe dans chaque morceau du Velvet des niveaux de lecture et d’écoutes qui font les grands disques. J’ai rêvé de longues nuits avoir le jeu de guitare de Sterling Morrison »ce jeu à  la fois ouvert, dissonant et qui crée de véritables paysages et textures autour de la mélodie. On retrouve cette liberté dans la musique de Sonic Youth ou de Husker Dû.C’est aussi le dernier album avec John Cale. Je pourrai écouter le Velvet toute ma vie sans aucune lassitude comme un ado attardé »Je le prendrai sur une île déserte avec un bon Pavement si je pouvais.

Stevie Wonder – Innervisions
J’ai toujours adoré Stevie depuis ses débuts. J’ai du mal à  dire quel album je préfère mais Innervisions je l’ai même en 2 exemples au cas où, »ce qui pour moi veut dire beaucoup » comme dirait Michel Berger. J’aime ces mélodies qui baignent dans un groove parfait jamais vulgaire. Dans ce même registre je pense aussi à  Shuggie Otis ou certains disques de Eugene Mc Danields. C’est un album de hits qui me redonne la super flamme dans les moments de passage à  vide, je l’aime autant que Revolver, des Beatles c’est dire !

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