Tue-Loup – 9

Tue-Loup revient faire parler de lui avec un neuvième album, folk ET électrique, aride ET visionnaire. Un grand cru.

A rechercher sans cesse la nouveauté, on en oublierait presque les »vieux groupes ». En 9 albums et plus de 15 ans d’existence, Tue-Loup s’est discrètement bâti une carrière sans bénéficier de l’appui des médias et des marchands. Repéré à  l’époque de La Bancale (1998) et de la Belle Inutile (1999), notamment par des Inrocks friand de ce groupe »authentique » rapprochant le terroir sarthois de l’Ouest américain, Tue-Loup a continué ensuite son petit bonhomme de chemin, continuant à  sortir des albums sur différents labels (de plus en plus petits d’ailleurs) mais sans trouver la reconnaissance du public que le groupe méritait d’avoir.

Soyons positifs, un album de Tue-Loup en 2012, le neuvième, a déjà  valeur de victoire. La noirceur du propos n’était pas vraiment garantie de longévité et le sortie d’un album solo de Xavier Plumas (très bien d’ailleurs) pouvait laisser préserver la fin de la maison Tue-Loup. Eh bien non, le groupe est plus fort que cela et l’envie de Pumas de retravailler avec Thierry Plouze,, guitariste et co-créateur, du groupe, a eu raison de ce qui s’annonçait déjà  comme une malédiction bien française – l’arrêt prématuré des bons groupes de son paysage musical.

Le sobrement intitulé 9 est un grand cru ; fort en bouche, riche de senteurs., Peut-être même le meilleur album du groupe à  ce jour. Sortant d’un travail en solo plus épuré, Xavier Plumas , retrouve ici l’ampleur et la puissance visionnaire d’un vrai groupe, ;  la musique de Tue-Loup n’a jamais dès lors paru si étoffée. Les paysages de désert américain se dessinent en cinémascope. Sur les Grandes Marées, choeur féminin et sifflotement donnent une touche Morriconienne, à  cette, ambiance de western (ext soleil couchant- scène de duel). Plus largement, chaque titre a tendance  à  jouer les prolongations instrumentales dans un riche écheveau musical de guitares électriques, de percussions, de piano et de trompette (Le couchant).,  Une tendance à  vous faire aimer chaque morceau même si vous n’adhérez pas à  la voix d’écorchée de Plumas (timbre particulier façonné par la rocaille, plume hors pair de poète maudit).

Sur une base de folk électrique écorchée, le groupe ouvre chaque fois sa musique sur de nouveaux horizons, faisant de Tue-Loup,, un artiste épris d’espace et de liberté. Un peu comme à  l’époque de Penya (2002) le groupe, donne une touche musicale jazz à  certains de ces morceaux (Jouvence, Les abysses), voire,  même mâtiné de tango (Mark Mark) ; de quoi vous emportez ailleurs et vous élever bien au dessus de sol.,  Et quand le groupe rentre dans le giron du rock, il aime que toute sa construction parte un peu en vrille, à  coup de saturation et de larsens (Marinette).  Sur En partance, Tue-Loup se détache du modèle Noir Désir par un piano hors-normes ; preuve que le groupe, même dans ses moments plus conventionnels, transporte toujours avec lui sa propre personnalité. Tue-Loup n’est pas un groupe neutre, le genre qui laisse indifférent., Il a été comparé ça, et là  à  Calexico. Sans doute un peu à  tort : Tue-Loup est meilleur.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 12 novembre 2012
Label / Distributeur : Dessous de scène / Socadisc

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