La Dernière Femme, de Charles Masson.

 » La Dernière Femme  » de la très romanesque collection Écritures de Casterman, retranscrit en bichromie les confessions d’Albert,, Don Juan quinquagénaire et maladroit qui se vante de classer les femmes de sa vie en un abécédaire amoureux : A pour Annie, B pour Barbara »

C.’est à  la suite d’une nouvelle déception avec sa dernière conquête amoureuse qui le fait atteindre la lettre Y de son alphabet qu’il prend en stop le jeune Al, et se met à  lui raconter ses histoires amoureuses, insistant sur chaque détail intime que Charles Masson prend un net plaisir à  illustrer en pleine page.,  On comprend très vite, un peu trop vite d’ailleurs, que le jeune Al n’est qu’une projection de l’esprit du vieillissant Albert, une sorte d’alter-ego à  qui il tenterait de donner une leçon de vie.

Se voulant à  l’ouverture une sorte de mémoire sous forme d’abécédaire érotique, et de par la même un joli pari,  » La Dernière Femme  » mue rapidement en une bande-dessinée gâchée par son pathos excessif, déséquilibrée, avec des lourdeurs et des faiblesses dans la narration.
Les dialogues sont bancals, peu réalistes. La narration qui démarre à  la première personne se substitue parfois à  une troisième personne tout à  fait injustifiée qui crée une distance inédite avec le lecteur en plein milieu du récit des souvenirs amoureux pourtant amorcé par Albert à  la première personne. On ne comprend plus vraiment qui raconte l’histoire, ce qui contredit l’idée-même du mémoire.
Albert n’est pas un personnage attachant du tout – on n’apprend rien de ses passions, de ses envies, ou de sa sphère propre. Il se perd, il semble, dans les personnalités de ses conquêtes.,  Il se plaint, beaucoup, et ses histoires se noient dans un pathos ennuyant qui laisse le lecteur froid et distant.

On appréciera toutefois le coup de crayon de Charles Masson dont certains se souviendront à  travers son,  acclamé  » Droit du Sol  » et qui se révèle ici tout à  fait doué dans l’art délicieux du dessin érotique,,  de la courbe et du gentil crayonné osé.

Fabrice Blanchefort

La Dernière Femme
scénario & dessin : Charles Masson
Editeur: Ecritures/Editions Casterman
190 pages – 15€¬
parution: Aout 2012

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