Chroniques Express 97

SHANA FALANA / SOURYA / PASCAL PINON / AEDI / VINYL WILLIAMS / THE BENGSONS / THE DARK FLOWERS / MONDRIAN / JULIEN PRAS / SYLVIA HANSCHNECKENBÜHL / CORBEAUX & VOLTE FACE / BOY AND THE ECHO CHOIR

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SHANA FALANA /  SOURYA / PASCAL PINON / AEDI / VINYL WILLIAMS / THE BENGSONS / THE DARK FLOWERS / MONDRIAN / JULIEN PRAS / SYLVIA HANSCHNECKENBÜHL / CORBEAUX & VOLTE FACE / BOY AND THE ECHO CHOIR

SHANA FALANA – In the Light

C’est vrai qu’avec son look et ses percussions, Shana Falana ressemblerait presque à ces hippies venus chercher à Bugarach la porte de la transcendance et le cadre de leur salut.  S’inspirant de Cocteau Twins et de Dead Can Dance, l’Américaine de Brooklyn restitue un certain esprit du label 4AD, entre mysticisme new age, vocalise diaphane et mélodie dream pop. Très années 80 dans l’esprit et d’ailleurs produit par Gareth Jones, producteur de Depeche Mode et depuis d’Interpol, In The Light néanmoins évite les dangers de tomber dans la copie, voire la caricature ou la ringardise. Il faut dire que Shana possède une voix qui supporte la comparaison avec celle de Lisa Gerrard dans les moments les plus éthérés (Light the Fire) ou d’une Tanya Donelly de Belly dans les passages immédiats. Les boucles de guitare réverbérée et de rythmique hypnotique arrivent à créer un bel écrin aux mélodies de la dame conduisant cette pop naturellement new wave (avec gimmick parfois curiste) dans un univers enchanteur. Là où une Grimes agace, une Shana Falana séduit. Va savoir, peut-être que la seconde a quand même l’art de la mesure. (4.0) Denis Zorgniotti
Autoproduit – Janvier 2013 – Bandcamp

SOURYA – Winterwind

Dawdlewalk, le premier album de Sourya  avait fait son petit effet à sa sortie en 2009. Avec sa pop sautillante et mélodique, le groupe revient avec un nouvel Ep, en prévision sans doute d’un nouvel album à paraitre courant de l’annnée. Mais déjà, on a la confirmation que les parisiens n’ont rien perdu de leur talent quand il s’agit de produire  des titres percutants remplis et jolies harmonies. Dans un registre electro-pop FM, le groupe nous livre 5 nouvelles compositions, délicates et raffinées tout de suite évidentes et portées par des harmonies vocales de premier choix. A l’image de groupes tels que Metronomy ou Phoenix, Sourya réussit là un bel exercice d’équilibre, entre mélodies aussi faciles qu’irrésistibles, arrangements malins et rythmes trépidants. Trois atouts, trois ingrédients que possède Sourya et qui devraient normalement conduire le groupe encore plus loin qu’il n’était allé avec leur précédent LP. (4.0) Benoît Richard
A Quick One record – Décembre 2012

PASCAL PINON – Twosomeness

Derrière ce nom bien de chez nous, se cache pourtant un duo d’islandaises, plus exactement deux sœurs jumelles basées à Reykjavik et qui ont trouvé comme terre d’accueil pour leur musique l’incontournable label allemand Morr Music. Twosomeness est leur second album après un premier LP éponyme sorti alors qu’elles n’avaient que 16 ans. Produit par Alex Somers (Sigur Rós, Jónsi), Twosomeness correspond bien  à l’image que l’on peut se faire de ces productionsfolktronica nordiques, aussi délicates que mélancoliques… Un album sans doute un peu trop prévisible et pas très original qui, à défaut de nous surprendre, finira par nous émouvoir un peu avec ses chansons toutes frêles, toutes fragiles, auxquelles il parait bien difficile de résister. (3.5) Benoît Richard
Morr Music / La Baleine – Janvier 2013

AEDI – Ha Ta Ka Pa

Au début, on a un peu peur…et la suite ne va que dissiper en partie ces inquiétudes. Le groupe italien propose un cahier des charges difficiles à tenir. Sur les deux premiers titres de Ha Ta Ka Pa, Aedi essaye de réaliser le même genre de crossover que The Gathering (plutôt réussi), Lacuna Coil (plutôt raté) à savoir faire migrer le son et l’esprit des Cocteau Twins du coté du métal : (avec en prime un orgue déchaîné et une rythmique binaire qui « envoie »).  On obtient une sorte de gâteau un peu indigeste. Par la suite, Aedi va abandonner ses aspirations les plus extrèmistes mais va continuer à proposer une musique pour le moins maniériste et chargé. Dans le genre heavenly voice, Celeste (ça ne s’invente pas) Carboni en fait des tonnes, transformant le simple rôle de chanteuse en celui de vestale maléfique, en interprète de cabaret déjanté (Rabbit on the road, Föhn) ou plus modestement – encore que…- en clone de Kate Bush (Tommasz  arrangé d’un seul piano avant que choeurs et guitares ne viennent rugir). On hésite entre « agaçant » et « impressionnant » (l’Italienne maîtrisant quand même son sujet). N’en restant pas là, Aedi rajoute encore des touches worldisantes, parfois originales d’ailleurs avec notamment Yaca mêlant des choeurs amérindiens à une incantation d’aspiration irlandaise. Tout cela fait donc beaucoup et n’est pas très light…On passerait presque à  côté de Nero, grand morceau du disque. Une ambiance larvée, une batterie en porte à faux,  un chant dans la pénombre et une montée progressive de l’intensité, le morceau sonne juste et remue sans en faire trop…Tiens qu’est-ce qui passe, Aedi aurait enfin compris que « less is more » n’est pas un vain mot ? (2.5) Denis Zorgniotti
Gusstaff Records – Février 2013

VINYL WILLIAMS – Lemniscate

Pas facile à porter le nom de Williams comme héritage quand son grand-père s’appelle John, et qu’il est l’un des compositeurs de B.O de films les plus célèbres au monde (Star Wars, d’Indiana Jones…). Pourtant Vinyl Williams, plus précisément « Lionel Williams », ne semble pas porter la le fardeau plus ça. En jouant une musique moderne, que l’on rangera dans la case chillwave /dream pop pour ses ressemblance avec un groupe comme Toro Y moi par exemple, le garçon ne semble pas vraiment suivre les trace de son papy. Si au départ cet album sonne assez communément, sans dégager une vraie personnalité, les écoutes répétées permettront d’y voir un peu plus clair dans l’ambiance brumeuse qui se dégage de  ce Lemniscate. Rempli de douce reverb, d’échos, d’effets psychédéliques, et porté par la voix trainante de  Lionel Williams, l’album a son charme et ne manque pas d’atouts ni de qualités. Malgré tout, il lui manque quand même quelques titres forts,  2 ou 3 singles qui le feraient tout de suite passer du statut d’album « sympa » à celui de « petite merveille ». On espère que ce sera pour le prochain car ce garçon semble avoir des idées de musique plein la tête. (3.5) Benoît Richard
No Pain in Pop – Décembre 2012

THE BENGSONS – Hundred Days EP

Le duo Abigail et Shaun Bengson, mariés à la ville comme  à la scène,  n’en est pas à un paradoxe près : à la fois arty, très engagé politiquement  mais musicalement grand public ; à la fois produit par un petit label New Yorkais mais proposant un spectacle musical digne de Broadway ;  une grande oeuvre en quelque sorte mais dans un format d’EP. En quatre titres, nos époux musicaux proposent autant de façon de faire de la pop avec chaque fois une place prépondérante laissée à la voix (d’ailleurs, le duo multiplie les vocalistes invitant Anais Mitchell de Hades Town ou Nick Petricca de Walk The Moon.  Si Even Then propose une jolie mélodie sur fond d’americana léger (esprit Fleetwood Mac), Hundred days fait dans la pop colorée et ensoleillée comme un Paul Simon revu et corrigé par la Tamla Motown. Avec Saturdays, la musique se fait plus nocturne et suave comme une balade au clair de lune de Nat King Cole. Tout cela est très gentil et même un peu trop sur le dernier Bells qui ressemble  à Alicia Keys au pays du gospel dans une version light de radio FM (n’en jetez plus !). Trop c’est trop. Et de ce paradoxe final : de devoir chroniquer sur un webzine indé,  un groupe qui pourrait passer chez Drucker. (2.5) Denis Zorgniotti
Second Bolt – Février 2013

THE DARK FLOWERS – Radioland

D’abord inspiré par le roman autobiographique de Sam Shephard « The Motel Chronicles« , Radioland est ensuite devenu un album de musique pop folk au featuring assez impressionnant et dans lequel on retrouve les voix de gens aussi différents que  Jim Kerr (Simple Minds), Peter Murphy (Bauhaus) ou encore Dot Allison (Massive Attack, Death in Vegas). De cette réunion de stars, le producteur compositeur Paul Statham tire un album au départ plutôt agréable, mais aussi un peu trop mainstream, un peu trop lisse et figé  pour convaincre totalement. Radioland ratisse large, et par son côté franchement mièvre peinera sans doute à convaincre les fans d’indie-pop traditionnels.(2.0) Benoît Richard
Lojinx / Module – Janvier 2013

MONDRIAN – Isn’t it Fun

Après deux 45 tours, le petit label lyonnais Without My Hat Records passe aux choses sérieuses avec le premier album des parisiens de Mondrian. Repéré aux cours de ces dernières années sur des formats courts, Mondrian confirme ici tout le bien que l’on pensait d’eux à travers cet album qui regroupe en fait des titres de leurs quatre premiers EPs parus entre 2010 et 2012. L’occasion donc de saluer encore une fois le style léger de ce groupe dont les pop songs  raffinées et élégantes, pleines de simplicité dans les mélodies et d’humilité dans les arrangements, s’écoutent avec toujours autant facilité. Touchant de modestie, joyeux et plutôt gourmand,  Isn’t It Fun est le genre d’album que l’on peut écouter à n’importe quel moment de la journée avec un plaisir toujours intact. Une jolie release pleine de promesses, pour un  label auquel on souhaite évidemment plein de bonnes choses pour la suite. (3.5) Benoît Richard
Without My Hat records – Janvier 2013

JULIEN PRAS – Shady Hollow Circus

On retrouve avec grand plaisir l’ancien membre de Calc, Pull ou Mars Red Sky, le français Julien Pras, sur la structure Vicious Circle, pour un album de pop folk assez classique dans la forme mais aussi et surtout très beau et très bien arrangé. Si l’on pense à Sufjan Stevens ou à Elliott Smith à l’écoute de Shady Hollow Circus, c’est d’abord pour cette capacité qu’a le bordelais à écrire des chansons à la fois lumineuses, douces et mélancoliques. Des chansons empruntes de mélancolie mais surtout d’une forme de lyrisme, voire d’onirisme qui pourront par moment agacer certains mais qui fonctionnent plutôt bien, sans une once de mièvrerie. On pourra donc sans mal se laisser bercer par les belles chansons de ce baladin d’Aquitaine, dans un disque presque atypique dans la production française. (3.5) Benoît Richard
Vicious Circle / Differ-ant – Janvier 2013

SYLVIA HANSCHNECKENBÜHL – Absolute, Kalhua and Baileys

Premier défi, prendre sa respiration et arriver à prononcer le nom de  la jeune femme (à écrire, c’est pas mal non plus…). Pour le reste, tout semble à la base couler de source dans une musique  qui, en dépit de son nom, ne donne pas la gueule de bois. La Française  regarde outre-Atlantique et non outre-Rhin pour trouver l’inspiration de sa musique. La référence  Kristin Hersh semble évidente du point de vue de son timbre de voix mais aussi de l’esprit de sa musique. En effet,  Sylvia Hanschneckenbühl arrive à concilier esprit folk et électricité ; songwriting « classique » et touches plus indés. C’est celles-ci qui font de la chanteuse/guitariste une artiste d’aujourd’hui trouvant les justes nuances pour personnaliser des mélodies qui auraient pu sortir dans les années 60 (half a life, charmant).  Les ritournelles les plus réussies de la jeune femme sont empreintes d’une évidence mélodique mais transportent avec elles (malgré elles ?)  des signes avant-coureurs de désordre et de félures : un drone qui emplit l’espace, une voix qui dévisse légèrement, une sonorité de guitare plus rugueuse que de raison, des harmonies flottantes, une musique qui se bloque dans une spirale (Number 18 baby), un solo haut perché qui menace de choir (Fighting against Mountains). Ou simplement un titre roots au country/blues légèrement buriné. Rien de spectaculaire mais ces petites touches impolies change la bonne élève pétrie de tradition en vraie artiste proche de la reine Kristin bien sûr, mais aussi PJ Harvey, les Breeders ou Liz Phair. Ce n’est pas encore un alcool fort, cela n’est déjà plus une liqueur pour jeune fille.   (3.5) Denis Zorgniotti
Autoproduit – Janvier 2013 / Bandcamp

CORBEAUX & VOLTE FACE – The Meeting Point (Split EP)

Amateur de post-rock à guitares version Mogwai, cet disque est pour vous.  The meeting Point est un split EP regroupant deux titres de Corbeaux et deux titres de Volte Face et in fine, un meeting point voyant la rencontre créatrice des deux. Groupes complémentaires y compris dans leur provenance (tous deux bretons mais un de Quimper et l’autre de Rennes), Corbeaux et Volte Face le sont aussi dans leurs instrumentations : si Corbeaux choisit deux guitares abrasives pour se lâcher, Volte Face préfère associer guitare et claviers dans une mixture plus atmosphérique. Un (Volte face) s’inspire de Blade Runner (et avec lui des années 80), l’autre (Corbeaux) de 28 jours après pour une virée plus baroque (réussi mais moins que la BO de John Murphy quand même). Les deux ont en commun de faire évoluer les émotions au sein d’un même morceau (entre round d’observation, montée intense et déferlante électrique). Du post-rock quoi, classique dans le genre mais parfaitement ficelé. (3.5) Denis Zorgniotti
Black Wave – Janvier 2013 – Bandcamp 

BOY AND THE ECHO CHOIR – It All Shines

Partagé entre Tazio & Boy et Boy & The Echo Choir, deux projets bien districts mais assez semblables par certains aspects, Boy (Caroline Gabbard) revient cette fois au sein de The Echo Choir en compagnie de Rachel Langlois (Faustine Seilman), Thomas Van Cottom (Venus, Soy Un Caballo), plus quelques invités ayant pour nom The Missing Season, Angil & the Hiddentracks, Tazio et Vincent Dupas de My Name Is Nobody. Tout ce petit monde s’est donc retrouvé autour de Caroline Gabbard pour un album aux sonorités et aux ambiances claires-obscures, duquel rejaillissent, dès les premières notes, une sensibilité à fleur de peau, des émotions franches qui sont aussi un peu la marque de fabrique de la demoiselle. On retiendra également de cet album, un travail sur le son et les arrangements toujours aussi riche précis, sans trop de fioriture,  et qui donne à la musique folk/slowcore de Boy & The Echo Choir cette singularité et cet aspect si particulier que l’on apprécie depuis longtemps.(3.5) Benoît Richard
My Little Cab / La Baleine – Janvier 2013 

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L'Auteur:

Denis Zorgniotti
Denis Zorgniotti | Twitter | Mon site web | Facebook

Naturellement branché par quelques préfixes musicaux (indie, post, abstract, alt, math…) et même un suffixe (nica). Toujours prêt à défendre le petit label de Tours, Chambéry ou de Portland. Après quelques expériences presse et radio, a trouvé avec Benzine mag un nouveau terrain de jeu et d’expression. Ne désespère pas de trouver plus de temps pour écrire plus sur le cinéma, sa formation initiale et son autre passion. Mais seulement 24h dans une journée, un vrai scandale !

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