Mon ami Dahmer, de Derf Backderf

Après »Dahmer le film » »Dahmer la bande dessinée » ! Mais si le film (soyons franc, assez mauvais),  avec Jeremy Renner se voulait plutôt démonstratif et versait dans le sensationnaliste, la bande dessinée de Derf Backderf, elle, se présente plus comme un récit de jeunesse dans lequel l’auteur revient sur quelques moments de sa scolarité vécue dans une banlieue américaine au début des 70.’s, en compagnie de celui qui sera surnommé plus tard »le cannibale de Milwaukee ».
Jeffrey Dahmer débarque dans la vie de Derf Backderf en 1972, au moment où celui-ci entre au collège. Mais Dahmer n’est pas vraiment un ami au sens propre du terme, mais plutôt un camarade d’école, et pour cause puisque Dahmer n’avait pas d’ami.

Personnage solitaire atypique et marginal, ce garçon costaud et très grand pour son âge, se fait remarquer par son physique massif mais aussi par son comportement bizarre, notamment par des cris d’épileptique, assez effrayant mais qui font bien rire ses camarades. Très vite, il est considéré comme la mascotte de la classe, le type que l’on aime bien,,  à  qui l’on fait faire les pires bêtises pour se marrer.
Mais Dahmer cache au fond de lui un profond tourment, un mal-être qui le conduit à  commettre des actes sadiques sur les animaux. Vivant dans une maison isolée, à  l’orée des bois, délaissé par ses parents trop occupés à  se disputer, Dahmer s’enfonce petit à  petit dans la folie, se mettant même à  boire sérieusement, pour tenter d’étouffer ses pulsions morbides.
Basé sur un véritable travail d’enquête auprès d’anciens élèves, professeurs, famille ou voisins, s’appuyant sur,  des rapports de police, cette bande dessinée montre bien et tente de nous faire comprendre l’évolution de Dahmer et comment cet adolescent est devenu un serial-iller sans que personne ne se soucie jamais de son étrange comportement.

Avec son dessin noir et blanc assez étrange, presque triste, évoquant le style de Crumb, Derf Backderf réussit là  un récit brillant, sans concession ni compassion, aussi touchant que passionnant, un livre que l’on a envie de dévorer d’une traite malgré sa densité et sa richesse et qui laisse au final un sentiment amer, celui d’un formidable gâchis du à  l’incompréhension des uns ou à  la négligence des autres.
Préfacé par Stéphane Bourgoin, le spécialiste des serial-killers en France,, « Mon ami Dahmer » est incontestablement un des livres les plus marquants de ce début d’année 2013.

Benoit RICHARD
Mon ami Dahmer
Scénario & dessin : Derf Backderf
Editions Cà  & là 
224 pages N&b – 20€¬
Parution : 22 février 2013

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *