Springintgut – Where We Need No Map

Springintgut utilise un appareillage bizarre appelé Fello. Pourtant, l’intérêt, suscité par la musique de cet Allemand, nomade , va bien au-delà  de cette seule trouvaille technologique., 

Parlons tout de même de ce fameux Fello, developpé par Andi Otto lui-même (le vrai nom de Springintgut) et Byung-Jun Kwon au Steim d’Amtersdam (l’équivalent hollandais de notre Ircam). Violoncelle relié à  un ordinateur qui en modifie le son, le fello a surtout la particularité d’obéir aussi au mouvement de l’archet : la gestuelle de l’interprète entraine rupture, boucle, déformation, le tout dans une danse musicale ressemblant au jeu du thérémin. Objet indispensable sur scène, assurant ainsi l’autonomie d’Andi Otto, la présence du Fello devient quelque par anecdotique : l’Allemand faisait déjà  la musique avant d’adopter son nouveau dispositif – avec un Park and Ride sorti en 2007 chez City Centre Offices – et s’il fait évoluer le son de sa musique, électronique, il ne la révolutionne pas non plus. Mais il est vrai que Where We Need No Map est en grande partie un album de violoncelle, l’instrument en donne une couleur plus classique, une orientation, une attaque, dans le jeu qui font parfois de Springintgut un Chapelier Fou version violoncelle.

Finalement hétérogène, il, ne se réduit pas, non plus à , cette électronica acoustique et, en vrai album nomade, , suit d’autres directions. La première est induite par la présence de Sasha Pereira, chanteuse de groupe électro dub berlinois Jahcoozi rencontrée au Skri Lanka : dès lors, Bullet et Dizzy Heights ravivent la flamme ondulante du Protection de Massive Attack et semblent sortir, d’une jungle tropicale, où le, trip hop devient moite, et enveloppant, – les deux titres, permettront au plus grand nombre d’entrée dans l’univers de Springintgut. De manière plus globale, tout l’album est marqué par les lieux où il a été enregistré : le Skri Lanka donc mais aussi Kyoto, , et Bangalore. Toute la partie japonaise est empreinte d’une quiétude toute nippone, sa traduisant dans les titres mêmes des instrumentaux (Kamogawa Cycling, where we need no map). Les deux titres indiens sont au contraire enfiévrés dans un trip ethnique de programmation, de percussions et de voix indienne (celle d’un collégien rencontré là ) qui prend au corps et au coeur (Bangalore Kids et Bangalore Crows). Cette effervescence rejaillit même sur un Incentive Pizzicato bondissant. Tous ces voyages musicaux permettent en tout cas à  Springintgut de sortir de,  Hambourg (sa ville où les prises spécifiques, au Fello ont été effectuées), redonnant des élans de nature et des bouffées de chaleur à  la froideur de l’électronique et de la technologie.

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Denis Zorgniotti

Date de sortie : 15 avril 2013
Label / Distributeur : Pingipung / Kompakt / La Baleine

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Demonstration de Fello Solo

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