Vampire Weekend – Modern vampires of the city

Apres un second album contra qui perpétuait peu ou prou la formule du premier essai; le landerneau de la critique musicale parangon du bon goût frelaté, attendait à  portée de visée de fusil sniper le nouvel essai des New Yorkais. Certains d’y retrouver cette touche de Paul Simon et cette influence tropicale qui ont fait leur succès, nous fourbissions les boulets rouges du »maintenant il suffit ».

Seulement voilá, notre petite affaire à  capoté. Le nouvel album de Vampire Weekend, en plus de chercher à  réinventer le groupe est aussi… Très bon. Oui j’y retrouve ce que j’aimais dans les deux premiers disques (parce que oui j écoute encore des disques): cette manière étrange de traiter la réverbération, cette apparente facilité à  composer des mélodies,  qui restent en tête toute la journée, la voix de Ezra Koenig et son petit côté poupon doux de la joue. Tout le reste est repensé.

Modern vampires of the city nous dit le titre de la galette. Et on est tenté de lire nouvel album moderne de Vampire Weekend à  New York. Tant pis si le disque a été enregistré à  Los Angeles tout, de son atmosphère en demi teinte, de ses évocations de jeunesse avec Anna Hunt, en passant par le cosmopolitisme sonore et jusqu’à  la photo de pochette représentant la grosse pomme dans le brouillard, tout est intimement lié à  New York. Modern vampires est un disque urbain. Il contient de la chaleur humaine, mais planquée sous une grosse grosse dose de réflexion, comme on retrouverait le sable de la plage en creusant l’asphalte. Il cache une évidente joie de vivre sous des dehors en noir et blanc. Il est riche sans que ça se remarque au premier abord, camouflé par une batterie filtrée et un orgue que je ne me rappelais pas si présent sur les deux disques initiaux.

, Urbain. Et fichtrement inventif. Le groupe explore les styles partant de la ballade mélancolique au tube pop en passant par la ritournelle quasi folklorique. De l’ombre tutélaire de Paul Simon il reste cette capacité à  piocher dans différents univers, et à  se moquer de l’étiquetage. De l’histoire récente du groupe VW retient la capacité à  s’attirer la bienveillance de son auditoire.
Modern vampires of the city est un grand disque. Il se joue des critiques en les prenant à  contre pied, mais ne se moque jamais de ses fans qu’il a soin de prendre par la main en balisant le chemin. Il alterne moments de bravoure et de câlins. Il prolonge l’envie de croquer à  pleine dents dans le cou du groupe et d’ajouter un nouvel épisode à  sa jolie histoire.

Charmant, intelligent sans perdre rien de son humanité, ce nouvel album est un vampire moderne, blond et froid et tiraillé entre deux mondes, comme on en trouve à  côté des héroînes amoureuses dans les séries d’Alan Ball

Denis Verloes

 

Tracklist

Label: XL recordings / beggars
Date de sortie: 13 mai 2013

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