Porcelain Raft – Permanent Signal

Doublé gagnant quand le retour espéré d’un artiste se révèle à  l’origine d’une jubilatoire félicité musicale. Impatiemment attendu par l’auteur de ces lignes depuis son séduisant,  Strange Weekend de l’an dernier, Permanent Signal, le nouveau Porcelain Raft remplit plus que son office, il saisit un musicien en plein développement et maîtrise grandissante de ses moyens artistiques.

Déjà  maître d’une shoegaze pop énergique autant qu’intimiste, en artisan persévérant et exigeant Mauro Remiddi emmène son radeau de porcelaine vers des contrées encore plus ambitieuses et atmosphériques. Entamée à  la faveur de l’acquisition d’un synthétiseur analogique en remplacement de son ancien matériel, la démarche agit sur la production entière de sa musique, plus ample et plus aboutie dans son approche sonore.

Une mue dont témoignait déjà  le récent EP Silent Speech, collection de vignettes électro ambient instrumentales, entre Jon Hopkins et Nicolas Jaar, au joli pouvoir d’envoûtement. Et si l’italien n’a pas oublié de composer les ballades et complaintes pop dont il a le secret, épaulé des musiciens Jonny Rogoff et Darby Cicci (à  la batterie et à  la basse), Permanent Signal sonne comme l’album d’un quasi groupe, mettant autant en valeur les brillantes sonorités électro planantes que le son des guitares rock mal léchées à  la Jesus & Mary Chain qu’il affectionne depuis toujours.

À l’image de la belle Think Of The Ocean d’ouverture, superbe plainte aux couleurs sous-marines traversée d’un lyrisme fiévreux, immersion dans un univers autant liquide qu’aérien, la lumière dispensée par ce »signal permanent » éclaire l’auditeur tout au long de ce disque sensitif et habité.

Ballade shoegaze apaisée (Night Birds), complainte écorchée (Cluster), perles dream pop et électro (Minor Pleasure, It Ain’t Over), haltes instrumentales (Warehouse, Open Letter), ambient impressionniste (Echo),, pièce intimiste plus acoustique (la très Sparklehorsienne I Lost Connection) : les étapes mémorables de ce voyage en apesanteur sont nombreuses et riches de sensations et impressions changeantes.

Régnant sur ce kaléidoscope doux et profond, la voix fougueuse du maître des lieux, aux pointes aiguës et déliés tour à  tour menaçants ou fragiles, se fait l’interprète des subtils changements de climat qu’occasionne ce parcours quasi intra-utérin, au plus près de l’émotion.

Disque au tempérament nocturne à  la douceur accueillante, plus sophistiqué et plus élaboré que ses prédécesseurs, Permanent Signal révèle vraiment au fur et à  mesure des écoutes sa vraie intensité et confirme avec éclat l’évolution permanente de ce solitaire magnétique.

Un bel album qui devrait fédérer une ferveur méritée à  son chevet. Quoi de mieux pour clore l’été finissant et affronter plein d’espoir la,  rentrée, ?

Franck Rousselot


Porcelain RaftPermanent Signal
Label : Secretly Canadian
Date de sortie : 20 août 2013

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