Paul McCartney – New

Paul McCartney 2013Sacré Macca En tant que légende vivante de la musique (Fab Four, Beatlemania, refrains magiques Lennon/McCartney, Wings et tutti quanti, vous le remettez ?), Sir Paul pourrait se contenter, comme un Picsou du rock, de recompter sa fortune en rêvassant sans fin au dix années de folie qui firent la gloire des p’tits gars de Liverpool et façonnèrent à jamais la musique des cinquante dernières années et l’histoire de la pop.

Pourtant, force est de reconnaître que l’inactivité n’a jamais été le fait du bassiste gaucher et mélodiste pop le plus célèbre de la planète. Semblable à Charles Trenet qui disait « Je fais des chansons comme un pommier fait des pommes », notre Paulo semble fait pour accoucher de mélodies et mettre au monde des chansons.

De fait, vu l’aspect pléthorique de sa production, son inspiration a pu parfois se montrer erratique ou absente (la dure traversée des eighties) et ses bonheurs conjugaux affichés et son optimisme jugés béats par une partie de la critique qui s’empressa souvent de le prendre pour un gentil benêt en le minimisant au profit de Lennon, masquant du coup une partie de son parcours. Bon an mal an, l’auteur de Penny Lane, Blackbird et Band On The Run défie pourtant le temps et impose encore la formidable énergie et l’évidence qui ont toujours présidé à  ses créations.

À découvrir le riff un peu tapageur du Save Us qui ouvre son vingt-quatrième album solo, on peut craindre qu’il ne veuille jouer à  tout prix les jeunots, choix risqué à son âge respectable. Mais l’écoute complète de ce nouveau disque dynamique et refusant toute tentation nostalgique, élaboré avec un quatuor de jeunes producteurs (dont Mark Ronson et Giles Martin, fils de l’historique George), rassure : jeune, en fait, James Paul McCartney l’a toujours été.

Sans atteindre toutefois les hauteurs de ses classiques inusables (McCartney, Ram) ou du délicat et remarquable Chaos And Création In The Backyard d’il y a huit ans, New fait assez plaisir à entendre de la part d’un artiste qui semble exempt de toute attitude blasée.

Non, McCartney ne s’est pas mis au hip hop ou au dubstep, il reste McCartney, un musicien à  l’aérienne écriture classique et brillance mélodique. Entre la quasi auto-parodique New à la jovialité juvénile qui a fait sa marque, pop songs fédératrices (Everybody Out There, Queenie Eye), rocks apaisés à  la Traveling Wilburys inspirés par son passé (Early Days, On My Way To Work) ou ballade émouvante au piano (le bonus Scared), ce cru 2013 révèle surtout son plaisir vivace à gentiment expérimenter des sons inhabituels pour lui sur les formats traditionnels de ses morceaux.

Ainsi, Alligator ou Appreciate, aux échos autant eighties période McCartney II qu’à la couleur plus digitale, comme l’atmosphérique Road ou l’étonnant bonus Struggle, affichent son éternel tempérament joueur. Étonnant et réjouissant de la part d’un homme de 71 ans détenteur d’un tel parcours.

Belle récolte pour un album qui tombe à  point nommé pour confirmer à tous ceux qui estimèrent souvent précieuse la musique bienveillante de cet homme parfois trop sous-estimé qu’ils ne se sont pas trompés. Et rappeler que les magiciens tirant tous un jour ou l’autre leur révérence, il est bon de profiter encore de ses jolis tours de son vivant. Sacré Macca

Franck Rousselot

Paul McCartney, – New
Label : MPL Communications / Universal Records
Sorti le : 14 octobre 2013

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