Son Lux – Lanterns

Son Lux 2013Fidèle à  la thématique de la lumière qui a souvent guidé ses pas, Son Lux nous revient cet,  automne en allumeur de, « lanternes ». Image malicieuse pour un créateur plus que brillant mais réductrice, tant l’homme tient plus de l’astronome visionnaire découvreur de galaxie musicale ou alien alchimiste mélangeur de sons.

Indice révélateur que ce titre d’Alternate World ouvrant son très attendu troisième album Lanterns, : le new yorkais Ryan Lott, fils spirituel de Philip Glass et de DJ Shadow, n’aime rien tant qu’entraîner l’auditeur dans le, monde alternatif,  créé par sa musique à  la croisée des chemins, entre musique contemporaine, abstract hip-hop et électro pop expérimentale aux ambitions orchestrales.

Une marche de plus vers la lumière que ce nouveau chapitre dont la pochette affiche pourtant un troublant trou noir, : lumière de sa notoriété, grandissante depuis ses débuts il y a cinq ans, lumière d’une approche sonore mêlant de plus en plus la froideur machinale à  l’intimité des choeurs autant que lumière (apparente) d’une écriture au dynamisme pop revendiqué.

Se méfier pourtant de ses lanternes trompeuses… De premier abord, l’album, conçu avec une, foultitude de collaborateurs dans les choeurs (DM Stith, The Antlers, Dirty Projectors, Gem Club) semble afficher le versant le plus clair et, accessible de son, parcours, à  l’image du single Lost It To Trying, pièce électro pop orchestrale baroque entre Sufjan Stevens et Animal Collective qui semble craindre le silence.

Mais quelques plages plus loin, Lanterns révèle assez vite son tempérament d’album bipolaire construit entre empilement sonore, hyperactif (Lost It To Trying, Ransom) et épure minimale (Enough Of Our Machines), quand il ne s’autorise pas une divagation d’humeur joueuse (Easy, doo wop électro chaloupé de groove et zébré, de cuivres soul).

Patchwork libre explorant ombre et lumière, entre bouffées d’énergie pure parfois chargée (No Crimes) ou chamber music plus secrète aux accents liturgiques (Pyre, Plan The Escape), le disque est pourtant unifié par la maîtrise sonore grandissante du gardien des lieux, sorcier du laptop à  la précision chirurgicale du son.

Toujours armé de sa recherche constante de la beauté (atteinte sur ses morceaux plus introspectifs mettant en évidence sa voix brûlée, telle Enough Of Our Machines, bijou à  la nocturne majesté), Son Lux déploie, dans sa surproduction minutieuse bâtie autour de choeurs très, présents,, le large éventail de son univers qui sonne comme une évidente démonstration de force, flirtant même parfois avec l’auto-citation.

Laquelle démonstration, petit revers de la médaille,, aura le défaut par sa perfection clinique de moins générer la proximité ou la fascination qui présidaient à  son précédent et flamboyant We Are Rising., Une réserve finale qui ne doit pas vous empêcher, vu la qualité peu courante de sa pop mutante superbement arrangée aux accents mystiques, d’aller vous brûler à  ses lampes dressées bien haut dans nos nuits d’automne.

Franck Rousselot

Son Lux. Lanterns
Label : Joyful Noise Recordings
Sorti le : 29 octobre 2013

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