The Wedding Soundtrack – Let’s not talk about the past

the-wedding-soundtrack-let-A l’aube du quatrième album, The Wedding Soundtrack est devenu un groupe respectable. Assagi sans doute mais les chansons n’ont jamais été aussi belles.

L’album de la maturité, la formule est éculée mais c’est ce qui arrive sans doute à  The Wedding Soundtrack. Avec le précédent Na Na Na Ro, les Tourangeaux ont stabilisé leur formation : le groupe sera un quatuor ou ne sera pas. Ils ont aussi stabilisé leurs compositions qui avaient la fâcheuse tendance d’aller un peu dans tous les sens, de garder en elles, une part d’indomptable. Combien de fois ai-je employé le mot »foutraque » à  leur endroit ? Ce n’était pas pour déplaire d’ailleurs et même cela participait grandement au charme indéfinissable qui émanait du groupe. Autant dire que la perspective de retrouver un TWS assagi n’était pas à  première vue réjouissante. Et pourtant…

Derrière les changements d’humeur, les arrangements bringuebalants et l’excitation Lo-fi, se cachaient donc de jolies compositions. On le savait déjà  (sur Na Na Na Ro, Giraffe ou Your Hand, ouvrait la musique sur des moments d’exception, préservés de l’agitation), on ne peut plus l’ignorer : cette vérité nous explose – en douceur – à  la figure. Comme Nirvana prouvant la qualité d’écriture de ses chansons en sortant son album unplugged. Nos Français ne vont pas si loin dans le grand écart, que ce soit dans un sens ou dans l’autre : TWS n’a jamais fait de hardcore,  et ce dernier opus sait rester électrique. Comme Kurt, Clément sait néanmoins trouver dans sa voix, les accents fragiles qui rendent touchant son interprétation ; preuve qu’un parallèle entre Nirvana et The Wedding Soundtrack n’est pas totalement déplacé.

Let’s not talk about the past est un album limpide. La musique y est canalisée certes, mais elle fait surtout confiance au naturel de son impact émotionnel. Un »c’est magnifique » pourrait nous échapper à  l’écoute de Complex numbers, Trust, Riverbend (simplement »sublime ») mais ce genre de superlatif ne vaut pas à  l’endroit de la musique folk, genre modeste par excellence. Mais c’est vrai que, dans ces cordes qui s’insinuent discrètement dans la musique pour finalement la porter à  bout de bras, dans ses choeurs dont le souffle trouve de si belles harmonies dans une profonde mélancolie, dans ses mélodies à  la guitare qui touchent immédiatement par leur sincérité, dans cette interprétation au plus juste de la vérité, il y a ce petit quelque chose en plus qui fait que la notion d’art majeur et d’art mineur se confondent parfois. Tout n’est pas de ce niveau ,  mais, quand le groupe l’atteint, on jubile intérieurement.

Ailleurs, TWS quitte la folk pour tracer, à  coup de vibratos, sur les routes déjà  largement empruntées du rock western,  (de 16 horsepower à  H-Burns). Mais il y met cette petite touche dramatique qui change un simple voyage en épopée,  :,  le ciel devient rougeoyant, un vent de poussières se lève et fait bouger l’horizon (Understand, The Pain you Felt). On est tout content de faire la route ensemble L’album se termine sur un autre morceau de choix, un So Sorry slowcore dans l’âme et tout aussi magnifique.

Et puis, que les amateurs du The Wedding Soundtrack foutraque (eh, eh…) et frondeur se rassurent : ils pourront se consoler avec Let’s not talk about the pas et son côté joyeusement antifolk (Moldy Peaches) ou Ready to be young, encore plus déglingué, et pouvant rendre joyeux un moine trappiste. On a tout à  gagner à  écouter le dernier The Wedding Soundtrack, se remémorer la folie du passé et jouir de la beauté du présent.

Denis Zorgniotti

Date de sortie : 21 octobre 2013
Label : Another record

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