Les meilleures séries de 2013 – Denis Verloes

wilfred

Je prends beaucoup de trains. La série est devenue au même titre que d’autres le Direct Matin, le 20 minutes ou le Métronews, le truc pratique qui se mange comme on sucerait des chokotoffs J.’ai regardé pas mal de séries en 2013. Beaucoup qui n’avaient pas grand-chose à  voir avec 2013 d’ailleurs découvertes de ci de là  au gré de mes discussions avec les potes et leur disponibilité DVD Voici mon top intemporel des séries que j’ai regardé en 2013

Deadwood – 3 saisons, 36 épisodes, (de 2004 à  2006)

Sur un autel des séries, je mettrais sans doute »The Wire » comme la série de tous les temps qui m’a le plus enthousiasmée, puis »Boomtown » une série de Spielberg avortée au bout de deux saisons avec Donnie Wahleberg (le frère de ») et ensuite »Deadwood ». Y a-t-il jamais eu série de Coaboas euh… Cow-boys, plus shakespearienne que »Deadwood » ? De série plus dramatiquement amenée vers différents climax narratifs que »Deadwood » de film étiré sur 36 épisodes que celle-là  (voir ma critique de la série) ?

The Newsroom – Saison 1 (2012) et 2 (2013)

Avant »The Social Network » personne ou presque ne connaissait Aaron Sorkin, le scénariste derrière les deux saisons de »The Newsroom ». Maintenant si. Et on connait sa propension aux dialogues ciselés, où les répliques fusent à  cent à  l’heure, et où chaque mot ou presque compte pour emmener l’histoire dans une direction, ou dans son exact inverse »The Newsroom » c’est la salle de rédaction de la chaîne ANC. Une sorte de  » n’ importe quelle chaîne de news  » à  l’américaine. En France on aurait sans doute pris LCI ou France 24 comme modèle. Et chez ANC on a ses présentateurs vedettes. Jeff Daniels aka Will Mc Avoy est de ceux là , lui qui tient la tranche de 20-22h de main de maître depuis des temps immémoriaux. La série commence quand ce PPDA à  l’américaine pète un plomb. Oh un tout petit pétage de plomb… A la question d’une étudiante d’une faculté qui a invité Mc Avoy et quelques confrères à  répondre à  certaines interrogations sur le métier, McAvoy relâche quelques instants le self contrôle et la langue de bois »Pourquoi les Etats-Unis sont-ils la plus grande puissance au monde? » lui demande-t-on. Mc Avoy répond par un discours étayé, précis, complet que les Etats-Unis usurpent ce titre depuis de nombreuses années. Malheureusement, à  l’ère du smartphone: l’entretien est filmé et largement relayé sur les réseaux. Ce qui pourrait ou devrait coûter sa place au présentateur vedette du news show agit comme un électrochoc: et si on redonnait aux spectateurs une autre manière de faire de l’info? Et si à  la course à  l’audience on recherchait celle du sens? Et si on arrêtait de passer des plats, mais qu’on commençait à  les composer. Au travers de cette rédaction idéalisée, Sorkin s’amuse à  pointer les travers du journalisme contemporain et à  distiller, comme si de rien n’était, des messages en forme de prise de conscience pour le public américain et celui du monde entier. Les tea parties américains à  la droite de la droite américaine deviennent la cible de la première saison. Le scénario, sous couvert de journalisme et de méthode déroule toute l’actualité américaine (et mondiale: somptueux épisodes autour de la capture de Ben Laden) sur un mode cynique, désabusé, donneur de leçon sans jamais en avoir l’air. Servi par un casting de choix et des dialogues aux petits oignons, les deux saisons de »the newsroom » rebondissent sur l’actualité pour donner une série – qui fait réfléchir- sans doute la meilleure de son époque. Et quand on travaille pour un média, promis, on rêve de voir ce genre de prises de conscience… tellement éloignées encore de mon quotidien

Breaking Bad – Saison 5

Tout a déjà  été écrit ou presque sur le »phénomène » »Breaking Bad » ou la dérive d’un professeur d’Albuquerque mué en baron de la drogue. Voici une série qui se déroule au fil des cinq saisons comme si le dénouement avait été écrit le premier jour. Alors oui on pourra toujours dire que la saison 4 patinait un peu sur les ressorts narratifs, toujours est-il que sa science des cliffhangers (vous savez ces épisodes qui terminent une saison en nous donnant envie de voir la suivante) et son final magistral en font une des toutes meilleures séries de ces dix dernières années. On a parlé déjà  beaucoup de la reconversion géniale de Brian Cranston père foutraque de Malcolm dans une série jadis diffusée par M6 en Heisenberg, baron de la drogue, je me permets de pointer le jeu toujours juste de Aaron Paul, post adolescent à  la dérive perdu entre manque de repère, addiction et besoin cruel d’une figure paternelle crédible. Indispensable

House of cards – Saison 1

La série dont tout le monde parle, même Obama. Qui a révolutionné le mode de consommation des séries dans le monde: House of cards, pas Obama. , Un Kevin Spacey impérial, des intrigues politiques recherchées, des actrices qui font plaisir au jeu comme aux yeux (Robin Wright est somptueusement belle) … Définitivement une des séries de l’année, riche de son mode de fonctionnement avec les faces caméras / apartés de Spacey en gimmick et trouvaille scénaristique goûtue.

Wilfred – Saison 1 et 2 (2011 – 2012, saison 3 depuis 2013)

Ryan Newman (Elijah Wood) est un avocat à  la dérive. La série commence quand le jeune homme à  l’éternel regard enfantin fait ses adieux au monde. Au bout du rouleau il va avaler des médicaments. Sa dernière pensée est pour la voisine , récemment installée dans le quartier. Il espère qu’il ne sentira pas trop mauvais quand les pompiers retrouveront son cadavre. Après le générique, on sonne à  la porte. deux yeux s’ouvrent. Sa tentative a échoué. La voisine frappe à  la porte. Elle a vu qu’apparemment il ne partait pas travailler ces derniers jours. Elle aimerait lui confier son chien le temps de passer une entrevue professionnelle. La tête dans le cul, Ryan accepte. , Wilfred passe la porte…. Sauf que Wilfred n’est pas à  ses yeux le toutou que la demoiselle aux formes généreuses lui décrit, mais un type barbu et obscène déguisé en chien, clope au bec. Sur cette trame complètement délirante inspirée d’une série australienne, les auteurs jouent des quiproquos comiques homme / chien / homme pour une série aux épisodes courts, à  l’humour un peu lourdaud, mais qui met de totale bonne humeur. Que pourrions-nous faire si nous étions désinhibés? Comment un homme-chien complètement sans gène peut-il , mettre le bazar total dans une vie avant bien rangée, mais un peu terne. Le 26 minutes qui a enthousiasmé mon année.

Friday night lights – , Saison 1 à  5 ( 2006 – 2011)

Une saison 1 de 22 épisodes et des saisons de 13 épisodes, pour une des séries les plus »humaines » que j’ai pu voir ces dernières années. Tirée d’un film dont il s’inspire très librement et d’une série de romans éponymes. , Au travers des exploits de l’équipe de foot du lycée local de la ville (imaginaire)de Dillon au Texas, on suit le destin de gamins dans l’Amérique sudiste et désertique. On creuse le »rêve américain » à  la sauce moderne: untel ira en fac, untel suivra le chemin de ses parents, untel tirera le diable par la queue, untel devra s’occuper de parents malades etc. La grande force de la série est son traitement »proche » des protagonistes (soulevé par un mode de captation faisant la part belle à  la caméra d’épaule). Dans »Friday Night lights » les héros sont en retard à  la crêche, on des doutes métaphysiques, regardent Nat geo Wild, galèrent avec leur handicap, sont des quiches en cuisine ou en groupe de rock. Les auteurs et les réalisateurs arrivent à  nous passionner au travers de l’humain, pour deux générations de gamins, depuis leurs seize ans jusq’à  l’age de l’entrée en fac. Attachants, on les quitte à  regrets en bout de saison 5 au terme d’un joli final façon roman. Un des must sees de la génération séries.

Sons of Anarchy – Saison 5 ( saison 6 terminée en janvier 2014 et en cours de visionnage)

La série qui a sans doute relancé l’intérêt des pères de famille pour la Harley Davidson »Dyna ». Depuis 5 saisons on suit les heurs et malheurs du SAMCRO (sons of anarchy motorcycle club redwood originals), entre trafic d’armes, quête d’absolu et rivalités entre gangs. La saison 5 pousse plus loin encore la réactualisation en série, du mythe d’Oedipe. La bande de Hank Sutter pousse plus loin encore le triangle Jocaste-Gemma Oedipe-Jaxx et Laîos Clay. La série a pris soin de nous rendre sympathiques les pires ordures dans les saisons précédentes, à  coup de virilité poilue et rondouillarde et de nobles sentiments positifs ou sanguinaires. On prend donc plaisir à  retrouver une série qu’on avait laissée en situation dramatique: Jaxx en président, et Clay désavoué. Tout au long de la saison et à  coups de rebonds scénaristiques qui parviennent à  masquer les plus grosses ficelles, on voit Jaxx prendre les rennes du club, agir de manière despotique pour le bien commun, et le reste de la bande se plier ou contredire le président. Mais à  la fin, c’est toujours Jocaste qui a le dernier mot… Et c’est ça qui est bon dans cette série pleines de »valeurs » remises en cause, en doute, en jeu, en réflexions machiavéliques.

Vikings – Saison 1

Tu prends les mêmes »valeurs » que celles qui font le nid de Sons of Anarchy, tu transposes au temps des premiers Vikings… et tu obtiens: euh ben Vikings.

Les Vikings du nord sont des gens bien sous tous rapports, qui vont toujours taper sur des copains à  l’est pour ramener des butins et autres richesses qui font la joie du village. Oui sauf que Ragnar Lothbrok, le fils spirituel adoptif de Gabriel Byrne , le jarld Haraldson. Il est le seul foufou qui voudrait bien aller voir à  l’ouest, si par delà  la mer il n’y aurait pas une contrée digne de ses attaques. Alors oui, nous on sait que derrière la mer, il y a la Grande Bretagne, mais Ragnar non du coup on suit son évolution dans le clan pour asseoir l’idée folle de voguer vers l’ouest, se mettre le chef à  dos, et partir avec son drakar construit en loucedé, vers ces contrées hypothétiques. , Il y a des combats, des valeurs, des supers tatouages et un chouette jeun d’acteur. Puis j’aime bien quand le moyen âge apparaît en série, pas forcément toujours accompagné de dragons mythologiques et autres magiciens à  longue toge.

Mad men – saison 6

Don Draper, le publicitaire génial des années 50, est de plus en plus à  la dérive dans les sixties où il a du mal à  nager dans l’air du temps. , Si la trame narrative de Mad Men commence à  sérieusement patiner, il n’en est pas de même de la description soignée des »univers » et des décors. L’intrusion des golden sixties dans l’univers de Draper, les décès de Kennedy et autres, le Vietnam… font perdre pied à  Draper et à  son entourage. On ne suit plus que pour l’univers décrit avec brio, mais on continue à  suivre tout de même.

Boardwalk Empire – Saison 3

Fan inconditionnel de Steve Buscemi j’adore le retrouver dans un rôle de méchant dans cette histoire de mafia à  l’époque de la prohibition à  Atlantic city. On avait laissé Nucky Thompson au fond du trou en fin de saison 2 contraint à  de durs choix pour remonter la pente. La saison trois est celle de la reconquête d’Atlantic city qu’aimeraient bien »coordonner » la mafia juive et italienne de New York. Au prix de sacrifices jusqu’au coeur de sa vie privée. Nucky entame sa reconquête du terrain. Toujours excellente , par ses décors et le plaisir de retrouver l’ambiance des films de , mafia de Scorcese. Cette saison trois avance doucement, (même un peu redondante par moments) mais c’est pour mieux accélérer vers le final et la montée en puissance d’Al Capone. La saison 4 a démarré fin 2013 aux US, et la chaîne a annoncé que la saison 5 serait la dernière de cette série.

 

 

 

 

 

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