[Monnot-mania] : Pixies – Doolittle

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Hier soir. Je suis dans la voiture. Superbe journée d’avril. À dix-neuf heures, Phébus entame à  peine son inéluctable descente. Je roule plein ouest sur la Nationale 12. Fenêtres ouvertes et »Doolittle » des Pixies à  fond dans les enceintes. Il y a des circonstances qui vous sortent de votre cercueil quotidien. Un peu comme une éclipse, c’est court, c’est rare, mais ça existe.

Mieux qu’une éclipse !

Le père de mon copain Nicolas, vieux marin de son état, me raconte un jour qu’il existe un phénomène exceptionnel qui s’appelle la ligne verte. à‡a se produit quand le soleil se couche sur une mer d’huile, qu’il fait très beau et très chaud. À l’instant même où le dernier bout du »Grozastre » est englouti »psshhhh »se déploie un fil vert sur tout l’horizon, si ténu qu’il en ait presque invisible. Cela dure deux secondes. Très peu de gens le voit, c’est peut-être une légende, mais pour certains, c’est une quête.

C.’est à  peu près ce qu’il se passe pour moi hier soir »Doolittle » ma ligne verte ! Pas une ride et jamais égalé, une merveille de spontanéité explosive et impalpable sans aucun algorithme pour la déchiffrer. Des types avec des lunettes et plein de poussière de craie sur leurs vieux costards se sont penchés dessus. Ils n’ont rien trouvé.

Au lieu d’être connement un gars qui rentre chez lui sous un ciel radieux après une journée moyenne, je deviens un pionner nord-américain du dix-neuvième, ébloui devant la beauté infranchissable des Rocky Mountains. Quelques secondes.

Du coup, du fin fond de toute cette émotion, je renifle et une larme perle sur ma joue.

Putains de pollens.

Le jour où »No.13 Baby » arrêtera de me faire chialer, je serai définitivement devenu un gros crétin de bourgeois insensible !

Stéphane Monnot

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