Coming Soon – Tiger meets lion

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Y a-t-il actuellement en France, d autres groupes comme Coming Soon? La formation a émigré d’Annecy à  Paris et avec ce déménagement (mais c’est sans doute un hasard) vient aussi cet élargissement des univers que le groupe convoqué dans ce Tiger meets Lion plus que réussi.

J’avais été agréablement surpris, il y a une petite année, quand le groupe que je connaissais surtout dans un registre folk ouvert, antifolk certes, mais folk quand même, à  debouler sur Youtube avec sa reprise du Diamonds de Rihanna.

Comme un pied de nez assumé à  ceux qui s’étaient habitués à  y classer l’étiquette folk rurale et indépendante de cow boys de région cantonnés dans un groupe pléthorique composé de sept membres. Cette manière langoureuse d’incorporer une scie radiophonique à  un univers personnel un peu inquiétant, cette façon de s’approprier un standard RNB pour en faire une pièce de plaisir pop rock m’ont je l’avoue, complètement bluffé. Et enthousiasmé pour l’avenir du groupe. Et ce n’était par chance, qu’un avant goût de Tiger meets Lion

L’album qui suit ce EP, mis en son par Scott Colburn (Arcade fire entre autres), est d’ors et déjà  un de mes albums français de chevet pour 2014. Si Si.

Suivant le chemin de l’ampleur croissante sans la grandiloquence, mise en place par le groupe sur son précédent EP, Coming Soon croît sans se renier, comme le fit par exemple Phoenix depuis Alphabetical. Et ce n’est pourtant pas par l’angle arty que Coming Soon, réduit désormais à  sa formation quasi originelle, réussit un album parfait pour ce printemps qui hésite encore sur son orientation pluvieuse ou ensoleillée.

Combien sont-ils en musique indé en France à  avoir réussi le pari de se doter d’un gros son peaufiné en studio pour que jamais il ne bave, sans pour autant perdre de son âme ou de son immédiateté. En fait je ne connais que Phoenix mentionné quelques lignes plus haut… Mais rien ne laisse supposer à  ce jour pour Coming Soon un éventuel mariage intello avec une papesse du film art et essais américain qui doperait soudain leur crédibilité outre Atlantique. Tu noteras lecteur que j’évite l’écueil de la comparaison avec Arcade Fire du fait de la mise en son par le même ingénieur, tout ça, de la même manière que je ne m’arrête pas sur le haut patronnage d’Etienne Daho qui a dit déjà  tout le bien qu’il pensait de Coming Soon (mince trop tard je l’ai dit…).

Coming soon dispose d’une facilité évidente à  composer des ritournelles rock aux mélodies imparables. Il manque cependant plusieurs composantes à  cette définition de base.

La première est cette facilité nouvelle à  marier leur son originel, leur composante folk de base, avec une électronique qui doit autant aux années 80 qu’aux producteurs dance du moment, redoutables quant il s’agit de sortir le trémolos de voix, les quelques vocodages et les gimmicks imparables mêlant funk, disco et synthétiseurs un peu mélancoliques. C’est du rock avec l’évidence rythmique d’un tube de Pharell. Je mets au défi de résister tiens. L’intelligence des arrangements est telle que Coming soon ressemble finalement plus à  Daft Punk qu’à  Herman Düne à  qui je pensais à  vie pouvoir les comparer. On a envie de bouger de manière festive, et c’est plutôt pas mal. C’est neuf en rock français.

La seconde est, qu’en éliminant de leur musique toute démarche ou réflexion sur »l’art de faire de la musique en France » ils arrivent à  donner une approche totalement nouvelle de la Pop hexagonale. Une pop française qui s’en fout d’être française. Car plus qu’à  Herman Düne et ses voyages folk en pays des cocotiers baléariques (ou à  peine allez), c’est bien à  la pop anglaise de la seconde moitié des 90,´s que je pense. Je me dis aussi que si un groupe actuel me rappelle le Pulp de razzmataz ou different class c’est bien Coming soon et son discret clavier à  gimmicks qui soutient l’intensité des ritournelles simples.Tout rappelle le foisonnement de cette époque bénie de la pop outre manche: la coolitude, les mélodies qui restent en tête, l’envie d’aller guincher sur la piste une pinte de blonde à  la main et une érudition qui va chercher dans les sixties californiennes autant que dans les méthodes de la dance pour réussir le cocktail,pop imparable, et raconter des vies qui à  force d’être personnelles en deviennent générales.

Faut-il conclure vraiment cette critique déjà  pléthorique? Si tu n’as pas encore compris que le nouveau Coming soon est une des pépites pop du printemps 2014, c’est que vraiment tu lis ce site en diagonale. Fonce! Tes oreilles sont déjà  impatientes, mais elles ne le savent pas encore.

Denis Verloes

4

Tracklist

Label: Kidderminster
Date de sortie: 25 mars 2014

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