Damon Albarn – Everyday robots

damon-albarn-everyday-robotsOn a déjà  beaucoup écrit, ailleurs, sur le nouvel essai solo de Damon Albarn, par ailleurs meneur des projets Blur ou Gorillaz, pour ne citer que les plus médiatiques. On a déjà  beaucoup lu, ça et là  aussi, sur ce qui est décrit comme le premier album solo du quarantenaire. , Je me dis que les relations presse sont un chouette métier qui pour faire passer un message commercial, tablent sur la fainéantise des critiques. J’ai vérifié: si je compte Mali Music au tournant du siècle, et democrazy, qui est quand même bel et bien sorti en CD, on est bien au troisième essai solo d’Albarn (et encore je passe le Dr Dee de BO d’opéra de l’an dernier). Mais passons, qu’importent en fait les étiquettes pour celui qui envisage chaque nouvel album comme l’expression d’une de ses facettes artistiques, auxquelles il attribue un nom générique.


Et le nom générique pour son groupe dans lequel il explore une fibre en mode intime et mineur, c’est Damon Albarn. Okay! Et tu as tout intérêt lecteur, avant d’acheter le disque, de croire qu’il s’agit de son plus intime, parce qu’il s’agit du premier okay?


Everyday robots, est comme un pendant mature, de l’énergie juvénile du Blur de The Great escape. Comme sur le successeur de parklife, l’écriture un poil cynique ou narquoise d’Albarn se penche sur les travers de la vie quotidienne, des journées de travail normatives, et des addictions générales dont celles aux ordinateurs et aux écrans LCD. Everyday robots, ces robots quotidiens que regarde mouvoir et s’émouvoir l’auteur, sont les même que ceux qui avaient 20 ans en 1993. Vieillis, raisonnables, toujours accros, solitaires; moins aptes à  révolutionner le monde oú ils cherchent à  ne pas faire de vagues, les yeux fixés sur le smartphone. Everyday robots est la chronique du monde d’Albarn, et son écriture est toujours efficace, même quand il s’arrête avec un regard enfantin, sur le travail de l’éléphant Mr Tembo, dans ce qui est sans doute une des plus jolies chansons pour enfant que j’aie entendu récemment.


Le mode mineur qui dirige la formation unipersonnelle nommée Damon Albarn -quoi qu’on puisse parler aussi du rôle de producteur et guide joué par Richard Russell patron de XL recordings- il le tient sur la longueur d’un album charmant que j’aurais qualifié de jazz y si les instruments utilisés y avaient été plus référencés. , Le piano et les claviers électro y tiennent le rôle principal, même si ces derniers servent avant tout à  enrichir les mélodies d’arrangement et bidouilles qui colorent les titres vers un peu d’enfantillage ou de mélancolie. Un spleen diffus mais jamais plombant, qui sied bien au mode de chant sans effusion que décide d’utiliser Albarn pour parler de son petit monde. J’ai lu beaucoup aussi le n’aime dropping de Brian Eno et Natasha Khan de Bat for lashes dans les featurings de l’album. Franchement, je ne l’aurais pas lu, je ne les aurais même pas repérés. L’album est personnel, cathartique. C’est Albarn et des voisins ou amis prévenants. Sûrement pas un album de collaborations.


Mur et mature, Everyday robots, composé par n’importe qui d’autre qu’Albarn, aurait rimé avec un peu chiant. Mais l’Anglais à  deux valeurs sûres dans sa manche qu’il distille depuis près de 20 ans dans chacun des projets auxquels il collabore: une faconde mélodique qui rend pop chacun de ses essais, même les plus classy comme ce Everyday robots pour/de quarantenaire, dont on retient aisément plus de la moitié des lignes de chant des la première écoute ; mais aussi un petit air de chenapan narquois qu’il porte sur le visage autant que dans les arrangements et les paroles, ce genre de petit air filou dont on sait qu’il prépare un tour pendable mais jamais vraiment méchant. Un côté très enfantin en fait, qui rend léger un propos qui chez tout autre serait étouffant.


Sur Everyday robots, le quarantenaire Albarn semble raconter son expérience, plus que de petites chroniques recourant à  des personnages prétexte, ça touche. Et sa méthode de travail nous décoche un »oooooh trop meugnon le salopiaud« . Une fois cette moitié du chemin parcouru, sur le registre de l’affectif de son auditeur, il termine son petit voyage en adult-ie avec une efficacité musicale qui vise juste sans aucune esbroufe.


Y’a pas à  dire, il est fort ce bougre. Il a vraiment tout pigé à  ce qui fait que la pop est pop.
Un disque »bleu » pour les nostalgies estivales.


Denis Verloes
4
Tracklist

Label: parlophone /Warner
Date de sortie: 28 avril 2014

Plus+

le site officiel

Le compte twitter

La page Facebook

 

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *