Blue Ruin – Jeremy Saulnier

blueruin_coverPolar brutal et désespéré,  » Blue Ruin  » va bien au-delà  du bête et méchant  » revenge movie « . Loin de ce sous-genre qui sied bien mieux aux films d’horreur, le second long-métrage de Jeremy Saulnier propose une plongée hallucinée dans un abîme de violence sans fond.
Le film démarre sur un rythme lent et quasi-muet pour dépeindre le quotidien aussi glauque que morne d’un sans-abri, Dwight (Macon Blair). Mais sa vie va rapidement basculer lorsqu’il apprend la libération d’un criminel, responsable du meurtre de ses parents. Ou plutôt, sa vie va reprendre son cours là  où il l’avait laissée avant de tout quitter pour cette vie d’errance après ce traumatisme. La déchéance de Dwight ressemble ainsi plus à  une parenthèse. Car son seul objectif est de se venger en assassinant le meurtrier qui a brisé sa vie et sa famille.
Ce qu’il ne sait pas, c’est que son désir de vengeance le fait entrer dans un cercle de violence qu’il ne maîtrise pas. Car la famille du meurtrier, le clan Cleland, dépositaire de lourds secrets, n’est pas prête dans rester là . Et en accomplissant son désir de revanche, Dwight implique aussi sa soeur et sa nièce en plein milieu d’un nid de vipères.

Comme dans le  » History of Violence  » de Cronenberg, seuls le sang et la mort peuvent mettre fin à  ce cycle infernal. Dwight doit alors se préparer à  éradiquer chaque Cleland un par un pour que sa famille puisse enfin retrouver la paix. Même si le prix à  payer pourrait être plus lourd qu’il ne le pense.
La seconde partie du film est alors consacrée aux préparatifs de Dwight pour  » régler  » le litige qui l’oppose aux Cleland. Le  » monsieur tout-le-monde  » devenu SDF se transforme alors un peu en John Rambo (celui du premier film, pas le soldat invincible dans la jungle vietnamienne), prêt à  tout pour défendre les siens.
Le tout est servi par une réalisation épurée et âpre qui souligne la dureté et la détermination des personnages, rendant inéluctable l’explosion de violence finale. D.’autant qu’outre quelques éclairs de sauvagerie brutale, qui rythment le film comme des flashs, le long-métrage de Jeremy Saulnier avance sur un rythme plutôt lent, maintenant une tension constante. Comme si l’on assistait au film depuis la tête de son héros, qui n’est finalement plus qu’un corps vide, uniquement rempli par sa soif de mettre un point final à  cette violence.

Julien DAMIEN

Blue Ruin
Thriller américain de Jeremy Saulnier
Avec Macon Blair, Devin Ratray, Amy Hargreaves…
Sortie : 9 juillet 2014
Durée : 1 h 32

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