Erland & The Carnival – Closing Time

Erland & The Carnival 2014Une rentrée musicale qui débute par un disque limpide et évident est signe du meilleur augure. À l’inverse exact de son titre, le troisième album des anglais de Erland & The Carnival, loin de l’heure de la fermeture annoncée, s’ouvre en effet sur de larges baies grandes ouvertes.

Poussant toujours d’un cran à  chaque nouvelle étape leur trajectoire, le groupe du jeune Erland Cooper et du tandem de vieux briscards David NockSimon Tong, après avoir exploré une pop psychédélique seventies aux accents volontiers biscornus sur leur précédent Nightingale, resserre son propos, affine son style et s’inscrit de fait dans la plus belle tradition de la grande pop britannique.

Closing Time où comment, en trois jours fructueux dans les studios de Damon Albarn, simplifier son espace, choisir avec soin son mobilier, traquer toute décoration superfétatoire et conjuguer, en un geste d’une maîtrise sonore assez bluffante, pureté mélodique, lyrisme stylé et intimisme nettement plus introspectif.

Entre romantisme méditatif (Quiet Love), envolées flamboyantes (Closing Time, Birth Of A Nation) et épures minimalistes fascinantes (Radiation et Daughter), une entrée de grande classe sur les meilleures terres pop anglaises, celles qui conjuguent song writing exigeant, précision des arrangements et noblesse de style.

À l’image du beau timbre profond de la voix d’Erland Cooper, d’une élégance teintée de mélancolie, la musique de Closing Time, à  l’immédiat parfum de classique, déploie son charme pop rêveur intemporel, prolongeant en dix tableaux exemplaires celle de formations-références telles que, au hasard, Belle And Sebastian, The Electric Soft Parade, Echo & The Bunnymen, The House Of Love, The Divine Comedy (liste non exhaustive).

Une oeuvre d’artisan de luxe, à  la précision d’orfèvre de tous les instants, où la rigueur d’exécution et le salut à  l’art classique développé par les aînés ou cousins n’empêche pas d’insuffler une vraie vibration, un spleen délicat nourri par le sentiment amoureux et le temps qui passe. Et où le groupe n’oublie pas de distiller, juste de manière plus discrète qu’auparavant, l’étrangeté inquiète et excentrique qui les a toujours séduits : bizarreries sonores de I Am Joan, craquelures résonnantes sur le solitaire Radiation, voix inversée étrange en arrière-plan de l’épuré Daughter, vrai bijou, final.

Un beau disque pop de haute séduction, entre tradition inspirée et modernité joueuse. À l’air faussement impassible et aux traits finement ciselés, mais au charme finalement énigmatique, dans lequel vous devriez plonger avec délice une fois la porte ouverte. Opening time »

Franck Rousselot

Erland & The Carnival. Closing Time
(Full Time Hobby)
Paru le 25 août
Sortie, physique française le 8 septembre 2014

Erland & The Carnival
Full Time Hobby Records
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