Chroniques Express 115

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FALTYDL / JOHN FULLBRIGHT / THE JUMPIN’ QUAILS / M / VINCENT DELERM / LIZ GREEN / GOLDEN KANINE / ROSE WINDOWS / SURGICAL BEAT BROS / SLEEPMAKESWAVES / TOEHIDER / ARCHI DEEP AND THE MONKEYSHAKERS / THE ASSYRIANS

FaltyDL---In-The-WildFaltyDL – In The Wild

De son vrai nom, Drew Lustman, ce producteur originaire du Connecticut, désormais installé à  New York n’est pas vraiment un inconnu car déjà  auteur par le passé des albums pour des labels comme, Planet Mu,, Rampou pour son propre label, Blueberry Records. Mais c’est pour la seconde fois sur, Ninja Tune, (aprèsHardcourage en 2013), qu’on retrouve le garçon pour une 4ème production, avec une fois encore une musique orientée techno et electronica très originale, jouant beaucoup sur les samples, les boucles et la répétition, dans un style qui rappellera par moment celui de, Four Tet, ou de, Gold Panda. Résolument novateur, le style de ce garçon se résumera difficilement en quelques mots tant sa musique semble extrêmement libre, partant dans de nombreuses directions (jazz, expérimental, bass music ») mais tout en gardant une vraie cohérence du début à  la fin.Et pour peu qu’on se laisse porter pas tous ces collages abstraits, on trouvera le résultat convaincant et on comprendra pourquoi, Ninja Tune, croit beaucoup au talent de ce producteur déjà  chevronné mais encore plein d’idées.(3.5) Benoît Richard
Ninja Tune – Août 2014

Fullbright-songsJohn Fullbright – Songs

Il a beau tenir un verre de vin à  la main sur la pochette de son second album, c’est plutôt avec un verre de whisky et dans un saloon que l’on imaginerait bien, John Fullbright, en train de chanter les Country/folk songs présentes sur le sobrement nommé Songs. Crooner,,  songwriter, natif d’Okemah une petite ville de l’Oklahoma (là , précisément où est né un certain Woody Guthrie) et dans laquelle il réside toujours, le garçon a de quoi séduire. A commencer par cette voix à  peine rocailleuse, juste ce qu’il faut pour évoquer les vastes prairies et les montages de sa région. Une voix qui vient accompagner très simplement les notes de guitares et de piano qui parsèment chaque titre de ce bel album d’Americana.
Amoureux des chansons de, Townes Van Zandt,, John Fullbright rend ainsi un bel hommage au célèbre chanteur de Country-Folk à  travers des compostions aussi sobres que soignées et qui nous feront faire un bout de chemin bien agréable en sa compagnie. (3.5) Benoît Richard
Modulor – Août 2014

thejumpinquails-atomicThe Jumpin Quails – Atomic Rendez-vous

Un peu post-punk, un peu new wave, les Jumpin’quails sont franchement anglophiles. Ce qui arrive souvent, y compris quand on est un groupe de Turin. Avouons que les Italiens font bien le job, dans cet esprit 80’s, gardant toujours en mémoire l’importance d’être catchy. La basse est conquérante, les claviers présents sans être écrasants, les guitares ont le son idoine pour titiller la fibre nostalgique de l’auditeur (fan de Cure, à  vous oreilles !). The Jumpin Quails a surtout la bonne idée de chaque fois nuancer un peu sa musique et de ne pas s’enterrer dans un seul style figé, allant jusqu’à  évoquer The Clash. C’est vivant, frais et à  défaut d’être révolutionnaire, le groupe enchaine les bons titres. Je prends !. ((3.5) Denis Zorgniotti
Edison Box – Septembre 2014
Bandcamp

m-ils-cdM- Ils

Un album live de M ça n’a guère d intérêt me direz vous. Et vous n’aurez pas tort sans doute. Il faut être vraiment fan pour vouloir s acheter les versions live d un disque qu’ on achèterait déjà pas en version normale. Et pourtant ce serait oublier que Mathieu Chedid est un show man né. Et que la plupart des titres du bonhomme qui me laissent indifférent sur galette, trouvent un groove, un rythme nouveau et ma faveur quand elle arrivent sur scène. Allez je vous mets au défi de ne pas y trouver ça et là  des moments où vous vous surprenez avec la banane au visage au son du jack in the box M en train d enchaîner les solos. Variétés,  Pop. Ce type est sans doute seul dans son genre musical, mais mazette qu’ est ce qu’il l’occupe bien.(3.0) Denis Verloes
Delabel – novembre 2013

amants_parall_les_vincent_dVincent Delerm -les amants parallèles

Wow c est vraiment rare qu’un album m’inspire autant d’indifférence après écoute. Vraiment j ai rarement autant souffert d’ennui à  l écoute d’un album en 2013. Il y a cette impression mauvaise que le monde de la pop en français a fini par trouver un souffle, une forme, une écriture… Et que Delerm qui à  été quelque part un des fers de lance de ce regain d intérêt du public pour une pop en Français, n arrive pas lui, à  se renouveler. Mais au point de devenir sa propre caricature, c’est assez triste. Il y a le murmure comme avant, le piano comme avant, le phrasé comme avant. Mais aussi une totale absence de mélodie ou de ce second degré ironique un peu bobo pour lequel j’avais une certaine sympathie. Ici il n y a rien. C’est le pire. Delerm est en roue libre. Il y à  un vieux jeune et un piano. Comme avant. Et puis c est tout. Vraiment tout. (1.0) Denis Verloes
Tôt ou tard – Novembre 2013
LizGreen-HaulAway-packshot-2500px-150x150Liz Green – Haul Away

La Mancunienne Liz Green auteure en 2012 d’un album intemporel O devotion revient en ce début de printemps avec haul away qui semble continuer l’entreprise de défolklorisation de la Folk britannique entamée sur le précédent album. Avec fantaisie onirique et une mélancolie feutrée qui ne saute pas immédiatement aux oreilles (mais il suffit de plonger dans le livret pour se rendre compte que les paroles de madame Green sont loin d être roses), elle déroule 12 pièces d une évidence déconcertante. J apprécie la simplicité de chacun des titre où la concision ne rime jamais avec le dénuement. J ‘en viens à  me dire qu’avec sa voix, son phrasé à  l’ancienne et ses orchestrations d’appui où in croise pêle-mêle tuba, ……, c’est du côté de Barbara ou de Marie Laforêt que mon oreille,  va chercher les accointances les plus flagrantes crime de lèse Albion ultime pour un disque »folk ». Un disque doux comme le printemps, charmant comme un spleen romantique qui manque juste un peu de »pop » pour s’installer durablement dans mon panthéon personnel (3.0) Denis Verloes.
Pias – Avril 2014

We-Were-Wrong,-RightGolden Kanine – We were wrong, right?

Changement de Line up pour les rockeurs suédois avant de passer a l’exercice du troisième album. De départs en arrivées, le groupe mue désormais en sextet attentif aux arrangements (cuivre, guitares) de sa pop indie dans la droite descendance du rock pop américain de la fin des nineties. il y a du Wilco et une once de Silver jews dans la démarche. We were wrong, right? Est un de ces albums comme je les aime. Parce qu’il y a peu à  en dire et beaucoup a écouter. Des rock songe arrangées, quelque part entre la tension de Pinback et le souci du détail de Mercury Rev avant les tics. Simple et efficace, l’album est une invitation filmique à  traverser des paysages époustouflants au gré des saisons, dans un Amtrack pris à  la dérobade, sans ticket,,  comme un vagabond sali au cambouis caché dans le wagon marchandises. (3.0) Denis Verloes
Glitterhouse / Differ-Ant – Septembre 2013

rose_windows_the_sun_dogsRose Windows – , The sun dogs

Petite surprise estivale de mon lecteur, le groupe psyché de Seattle Rose Windows dont l’album a traversé l’Atlantique via Sub Pop. , Il y a dans ce premier essai The Sun dogs, tous les ingrédients de groupes auxquels on s’attache pour leur originalité , formelle, même si tout n’est pas encore maîtrisé sur la longueur d’un premier album qui aurait gagné à  quelques coupes. Je songeais trouver un disque dans la droite ligne de Pink Floyd, du clavier des Doors ou de la résurgence psyché actuelle à  la Fleet Foxes et je finis par chercher du côté du grunge rock de Seattle et de Black Sabbath des références pour la, chronique. Des références qui reflètent la puissance sonore des guitares qui se lâchent épisodiquement sur l’album. Et qui en font le sel tout à  la fois. L’ensemble est porté par le timbre féminin de Chris Cheveyo qui apporte un mélange d’éthers et de rage, pile poil dans la ligne de conduite du groupe. Je »like » comme on dirait sur facebook. (3.0) Denis Verloes
SubPop – juin 2013

SURGICALSurgical Beat Bros – s/t

A l’écoute de ce premier album de Surgical Beat Bros, on peut se dire que le monde n’est pas encore prêt pour une telle musique. A part quelques individus familiers de ce genre d’outrances ayant déjà  confronté leur oreilles à  des groupes aussi radicaux qu’An Albatross, Aphex Twin ou Atari Teenage Riot. Surgical Beat Bros ne ressemble, à  proprement parler, à  aucun de ses trois créatures horrifiques transformés en groupe, mais s’en rapproche dans la démarche. Il faut dire que les deux membres qui composent le duo ont chacun un sacré pedigree : Antonio Zitarelli est membre du groupe afro-core Mombu et du groupe jazz-core Neo. Fabio Recchia joue des synthés de la basse avec les agités de No hay banda trio. Surgical Beat Bros fait donc une musique hors-normes marqué par,  l’excès. Entre glitch et guitares hardcore, les rythmiques assènent ses coups à  la manière d’ Attila et de ses hordes barbares déboulant tels des éléphants dans un magasin de porcelaine. Car l’album, dont on sent les influences de la musique africaine, du jazz, de l’électronique et de l’indus, a les atouts rythmiques pour faire groover mais les Italiens en propose un mélange monstrueux (au sens littéral du terme) avec des sons extrémistes, distordus et saturés. Pris entre quatre feux, l’auditeur a le sentiment de se retrouver dans un dédale inextricable entouré de fils barbelés. Fort, en terme d’expérience sonore, difficile d’accès musicalement. Le groupe s’assagit enfin sur Robo Wet Love, proposant là  son morceau le plus complexe et intéressant, en donnant le fil mélancolique d’un nappe synthétique pour trouver la sortie de ce labyrinthe. Un très bon morceau dans un disque que l’on laissera aux initiés. (3.0) Denis Zorgniotti
From Scratch records – Septembre 2014 Bandcamp

sleepmakeswaves_love_of_carSleepmakeswaves – Love of Cartography

Le groupe australien devient un habitué des Chroniques Express 115, à  telle enseigne que cette chronique a plus des allures d’infos que de vraie critique. Le groupe instrumental post/prog rock de Sydney change de maison de disque (exit Monotreme, bonjour B.R.R) mais ne change pas d’un iota sa musique et ce qui a été dit pour les Express 105 et 111 restent valables. Fils d’Explosions in the Sky, de Mono et de Muse (mais sans la voix de Matthew Bellamy…ouf), Sleepmakeswaves arrivent à  désarmorcer les moments un peu too much – ceux qui voient le quintette se perdre dans des envolées spectaculaires mais un peu vaines – en les contrebalançant par des passages mélodiques imparables et nettement plus fins : bilan, quand on commence à  s’agacer, on se retrouve malgré soi séduit par le groupe Sleepmakeswaves ou le rééquilibrage permanent. Et ce trou de souris qui fait que le bon goût l’emporte finalement sur le boursouflé. (3.0) Denis Zorgniotti
Birds’ Robe records – Septembre 2014
Bandcamp

toehiderToehider – What kind of creature am I ?

Aîe, tous les travers en grande partie évités par Sleepmakeswaves, leurs nouveaux copains de label Toehider s’y vautrent totalement. Ce n’est plus de l’emphase, c’est un dégueulis de guitares et de voix dans une grandiloquence pénible. C’est du Queen ou du Toto, sans retenue aucune et sans aucune censure qui nous préserverait du mauvais goût. Ailleurs, on pensera à  du Dream Theater – avec cette même envie de virtuosité, dans une version encore plus FM. Car en même temps, derrière le fu des guitares et la double grosse caisse, les mélodies sonnent »variet' » à  l’image de Whatever makes you feel Superior qui pourrait être un titre de Lionel Ritchie artificiellement dopé à  la grosse guitare. Ou The Thing with me qui a tout d’ un titre de Broadway mais joué par Poison, avec voix d’homme haut perchée. A ce niveau là , on ne sait pas si c’est à  prendre au premier ou au douzième degré. Pénible de bout en bout (même si j’avoue ne pas avoir tenu jusqu’à  la fin). (1.0) Denis Zorgniotti
Birds’ Robe records – Septembre 2014
Bandcamp

archideepArchi Deep and the Moneyshakers – EP

Tiens, un vrai groupe de rock’n roll. Pas de hype mais des tripes ! Entre Bordeaux et Memphis (pour un mixage par Adam Hill connu pour son travail avec The Raconteurs), Archi Deep and the Monkeyshakers fait les choses à  l’ancienne, en trio carré avec une guitare, une basse et une batterie. Un peu garage, un peu vintage, un peu blues et même psycho sur Hate pour un rock 100% percutant tout en restant mélodique. Comme la rencontre de The Kinks avec les White Stripes. Arthur di Piazza au chant sait mener les débats avec charisme et force de conviction. Comme dirait l’autre, ça le fait grave (3.5) Denis Zorgniotti
Autoproduit – Septembre 2014 Bandcamp

assyrians-tundraThe Assyrians – Tundra

Au début, on avait tout faux : ils ne viennent pas du nord et de la toundra mais bel et bien du sud et de Milan. Et leur musique ne remonte pas aux Assyriens mais plus proche de nous des années 60, celles de la pop et celles du psychédélisme. Et sur ces deux tableaux, les Milanais réussissent leur premier album. Fort d’une solide écriture pop (avec des mélodies renvoyant aux Beatles), The Assyrians tirent leur musique vers le nébuleux et le brumeux. La reverb brouille le trait, les strates s’accumulent en toute légèreté, même le temps se ralentit. Le groupe semble dès lors envoyer sa musique depuis une bulle ouatée venant du Cosmos (Orion, Astronaut). Et derrière cette naïveté relative et cette douceur assumée, The Assyrians n’évacuent pas l’électricité de ses guitares et la force de sa batterie (Fossyls). Prometteur (4.0) Denis Zorgniotti
Foolica records – Juillet 2014

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