Balles perdues – Matz & Jef, d après Walter Hill.

balles-perduesBalles perdues nous ramène en 1931 au temps de la prohibition. Le tueur Roy Nash, sans qu’il ait demandé quoi que ce soit, se voit libéré d’une prison où il était sensé croupir jusqu’à  la fin de ses jours. Sous une nouvelle identité, il va devoir remplir une mission pour le boss de la mafia de Chicago qui est à  l’origine de son exfiltration.
Roy Nash va devoir retrouver trois malfrats qui s’étaient envolés avec les 500 000 dollars d’un braquage. Roy a été choisi pour sa dextérité arme au poing mais aussi parce que Léna, sa petite amie qui l’a un peu oublié lorsqu’il était en prison, est désormais avec l’un des trois voyous en question. Une motivation supplémentaire pour notre tueur mutique et sans état d’âme qui semble bien décidé à  aller au bout.

Sur un scénario signé Walter Hill (réalisateur de 48 heures ou de Du plomb dans la tête), Matz nous offre à  un polar d’une belle densité, ultra-codifié, très stylisé, mais très efficace et qui nous plonge dans une Amérique des années 30, très cinématographique, que l’on connaît par coeur, mais que l’on retrouve toujours avec un certain plaisir.
Sans temps mort, avec un sens du rythme extrêmement soutenu, le récit nous emmène dans une folle équipée meurtrière avec tous les ingrédients propres au genre (vengeance, fric, trahison, femmes fatales »).
Le dessin de Jef, particulièrement réussi avec ses tons sépia est au diapason de ce scénario touffu, écrit il y a 30 ans pour le grand écran, renforce un peu plus le côté ambiance poisseuse qui ressort de cette bande dessinée. Une des belles réussites de ce début d’année 2015.

Benoit RICHARD

Balles perdues
Scénario : Walter Hill
Adapatation : Matz
Dessin : Jef
Editeur : Rue de Sèvres
128 pages couleurs – 18€¬
Parution : 21 janvier 2015