Festival de Cannes 2016 J+1 : le résumé du 12 mai

Cinq jours à Cannes et au final un vingtaine de films vus.  Mais avant cela, il faut établir un programme, faire des choix parfois aventureux, miser sur les bon chevaux et surtout optimiser son temps et ses déplacement. Récit d’un marathon cinéma en 5 étapes.

affiches Cannes 2016

Oubliez le strass, les paillettes, la montée des marches, les photographes qui s’entrechoquent et les pauses forcées sur le tapis rouge. Oubliez l’image glamour du festival véhiculée chaque année par les médias et les magazines. Car Cannes c’est avant tout une affaire de cinéphilie et de passionnés qui se couchent tard et se lèvent tôt. La preuve, hier soir j’étais dans mon lit à 22 heures pour entendre mon réveil sonner à 7 heures ce matin. Il faut dire qu’avec 5 heures de sommeil et 9 heures de voiture sous la flotte, il fallait dès le premier soir recharger les accus. Autant vous dire que j’ai fait l’impasse sur la projection de presse du film roumain Sieranevada (2h53), de Cristi Puiu prévue à 22 heures ce mercredi soir.

Du coup, j’étais donc en pleine forme pour démarrer ce jeudi matin avec le premier film de la sélection officielle prévu à 8h30. Soit le nouveau film d’Alain Guiraudie : Rester Vertical. Évidemment, avec un titre pareil et vu le passé cinématoéroticohomopornographigraphique du réalisateur aveyronnais, difficile de ne pas trouver dans ce titre un double sens.

alain guiraudie rester vertical

Le film nous emmenée en Lozère, sur les traces d’un jeune homme devant à la fois gérer l’écriture d’un scénario et sa vie très compliquée de jeune père bisexuel. Comme souvent chez Guiraudie on est surpris par la radicalité de son cinéma avec des scènes très explicites, parfois même un peu gratuites pour un récit qui semble comme souvent décousu et improvisé. Mais Guiraudie ose tout et ponctue son film d’humour froid et décalé qui nous ramène par moment au cinéma de Bruno Dumont.

Pour revenir à des choses plus « légères », on enchaîne sur la séance de 11 h avec le nouveau film de Jodie Foster. L’américaine a toujours été meilleure actrice que réalisatrice et son nouveau film en est encore la preuve. Dans Money Monster, on voit en plein direct à la télé, un gourou de la finance se faire prendre en otage par un jeune type ruiné suite à un investissement foireux. Thriller médiatico-boursier avec quelques petites touches parodiques, le film dénonce les travers de la finance, des médias et du jeu dangereux qu’ils jouent ensemble. Très calibré à la mise en scène bien plate, ce Money monster développe un scénario aux ficelles un peu trop grosses pour vraiment captiver. Tout juste divertissant et vite oublié.

victoria virginie efira

Après une pause méridienne à flâner le long d’une croisette baignée de soleil mais refroidie par un vent à décoiffer un chauve à lunettes, on file à la Semaine de la critique pour découvrir le première film en compétition : Victoria, de Justine Triet. Très différent du fougueux et généreux La Bataille de Solférino, Victoria raconte la grosse déprime d’une jeune avocate (Virginie Efira) prise entre un travail harassant et une vie de famille compliquée.
Premier coup de coeur de cette quinzaine, Victoria confirme le talent d’écriture de cette jeune cinéaste qui a su trouver là un scénario et surtout des dialogues à la hauteur d’un trio épatant formé par Melvil Poupaud, Vincent Lacoste et donc Virginie Efira. Tout en restant un petit film, cette comédie burlesque à la fois grave et légère, absurde et très fine sous influence Woody Allen, se regarde avec beaucoup de plaisir.

album film turc

On termine la journée avec  le premier film du Turc Mehmet Can Mertoglu. Aussi peu bavard que son réalisateur venu présenter son film avec ses deux principaux comédiens, Album de famille montre les difficultés rencontrées par un couple en quête d’adoption. A travers ce portrait en forme de satire, le réalisateur dresse un portait acide de la Turquie actuelle. Malheureusement, l’austérité de la mise en scène, la longueur interminable de certains plans, et l’issue improbable de cette histoire ne plaident pas en la faveur de ce premier film qu’il faudra peut-être revoir à tête reposée. Ça tombe bien j’ai besoin de faire reposer mon esprit. 

Palmomètre 2016

Rester Vertical
Money Monster
Victoria
Album de famille

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