The Julie Ruin – Hit Reset

Kathleen Hanna (Bikini Kill, Le Tigre…) revient sous sous le nom de The Julie Ruin avec un disque où le rock indé tamponne la punk-pop.

THE JULIE RUIN photo

Fondatrice des furieuses Bikini Kill, puis des électro-revendicatrices Le Tigre, prêtresse involontaire du mouvement Riot Grrrl et donc égérie du féminisme, la vétéran de la scène Indie américaine sort un nouvel album sous le  nom de The Julie Ruin. Même si à 48 ans Kathleen Hanna semble s’être musicalement assagie, elle n’a pas pour autant perdu de sa verve légendaire. Est ce pour autant un gage de qualité ?

The-Julie-Ruin-Hit-ResetLa voix stridente de Kathleen Hanna ne laisse pas indifférent. A l’écoute de cet  album, paru sous le nom de The Julie Ruin (titre de son album solo paru en 2008), elle a conservé ce lyrisme vindicatif  déjà entendu chez Poly Styrene, chanteuse des X Ray Spex décédée en 2013. Comme toutes les bavardes (et bavards, que ce soit clair), elle a beaucoup de choses a dire et un avis sur tout.

Musicalement les compositions sont assez classiques. Le rock-indé tamponne la punk-pop dans un manège aux néons sixties. Du passé au sein de Le Tigre, elle conserve quelques bidouillages synthétiques et reflux rythmiques. C’est dans ce registre qu’il faut chercher les meilleurs titres de Hit Reset.
Le groove entêtant et le chant cabotin sur les excellents I Decide et Mr So and So sont contagieux et évoquent un croisement improbable entre les new-yorkais de Tom Tom Club et les tokyoïtes Polysics.  Le tempo s’accélère sur Record Breaker, et ce sont les constructions virevoltantes des B’52 qui s’invitent. Mais contrairement à ces derniers, Kathleen Hanna ne laisse pas de place aux instrumentations. Le chant sur-occupe l’espace pour vite devenir lassant.
Abusant souvent  des voix saturées v/s voix claires sur Hit Reset ou Be Nice, l’écoute devient fatigante et gênante lorsque le fantôme de Poly Styrene s’invite sur I’m done.
Sauvons Planet You pour son efficacité pop, malgré le très conventionnel refrain scandé et gentiment énervé.

Contrairement à Kim Deal, Kathleen Hanna n’a pas d’état d’âme quant à conquérir un public plus « mainstream », tout en cherchant à préserver son capital crédibilité auprès du public Indie qui a, certes, vieilli avec elle. Et entre les deux, son coeur balance.

Mathieu Marmillot
The Julie Ruin – Hit Reset
Label : ardly Art/ [PIAS]
Sortie : 2 juillet 2016

Envie de partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *