The Divine Comedy – Foreverland

Voilà 25 ans que Neil Hannon avec The Divine Comedy nous balade de disque en disque. Certains relevant de la bonne pioche, d’autres d’un petit goût d’anecdotique. Foreverland se tient dans un exact entre-deux.

The Divine Comedy © Raphael Neal
© Raphael Neal

Depuis plus de 20 ans, Neil Hannon promène sa stature de Dandy un peu suranné, un peu en dehors des modes. Certains n’y voient qu’une pâle copie en plus terne de Scott Walker et du meilleur de la Pop orchestrale des années 60. Et puis il y a les autres comme cet ami chanteur, un certain Manuel Ferrer, patron du projet A Singer Must Die, qui me vantait les talents d’arrangeur de l’irlandais à la seule écoute de A Certainty Of Chance sur Fin de siècle. Il faudrait être de bien grande mauvaise foi pour ne pas reconnaître ce don singulier chez Neil Hannon. Le problème car il y a toujours un problème, c’est qu’au même titre que certaines personnes qui s’écoutent parfois trop parler, le patron de The Divine Comedy, à force de polir son ouvrage, lui donne également comme quelque chose de lisse.

The Divine Comedy – Foreverland cover album 2016On ne doute jamais de la sincérité dans le propos ni de la chaleur humaine évidente qui se dégage de sa musique mais on retrouve sur quelques-uns de ses crus des facilités et des maladresses qui nuisent à l’ensemble. Sans doute, est-on exigeant avec le bonhomme car l’on connaît son potentiel quand il ne se laisse pas aller à la paresse ?
Il fait partie des rares dans la Pop d’aujourd’hui à proposer des arrangements à la fois inventifs et dans le patrimoine en mode Burt Bacharach, Lee Hazlewood et consorts.
Malheureusement, Foreverland fait partie de ces disques inégaux comme Neil Hannon en fait parfois. Inégaux car ses chansons semblent piocher dans son répertoire passé mais en en proposant une version altérée et dégradée. Certes, l’on devine bien ici et là des pistes nouvelles. Certes, c’est bien agréable à l’écoute tout cela mais on attend bien plus de Neil Hannon. On croise les mêmes marottes chères à l’auteur de Liberation, les valses vaguement rétro, les climats désuets à la Petula Clark de Funny Peculiar.

Le problème car il y a toujours un problème, c’est que l’on a le sentiment de voir des idées poser là, à peine esquissées, à peine travaillées.
On pourra se moquer d’un tel raisonnement à l’écoute de The Pact avec ses lignes claires d’une classe absolue. Tout cela est bien inoffensif, comme sans risque. Un peu bourgeois, un peu installé, sans danger.

Il ne faudrait pour autant pas voir dans ce disque l’installation d’un désamour avec la musique de The Divine Comedy. Comme dans toute histoire d’amour, une relation est faite de brouilles, de réconciliations, de coups d’éclat et de retour à l’autre. To The Rescue  a la saveur des grands disques de The Divine Comedy,  5 minutes et une poignée de secondes qui viennent résumer et donner la définition de ce qu’est et doit être la Pop quand elle est à son meilleur. Un hymne à l’offensive tendre, au combat langoureux.
C’est bien à l’écoute de ce titre que l’on prend conscience du problème de Foreverland car le reste de l’album manque de cette consistance adjointe, ce supplément d’âme qui habite To The Rescue.
Neil Hannon retrouve la nonchalance crâneuse de ses débuts, cette communauté d’esprit avec le Paul Weller de The Style Council.
Le problème avec The Divine Comedy et Neil Hannon, c’est que l’on ne leur pardonne de nous proposer des œuvres mineures quand on sait combien ils sont capables du meilleur.

Certes, Foreverland est loin d’être un album honteux mais c’est sans doute parce qu’’on l’aime tant que l’on attend bien plus de lui.
Juste pour le plaisir de retrouver cette étincelle pétillante dans le regard de l’ami Manuel Ferrer de A Singer Must Die à la simple évocation des arrangements de ce génie de la Pop.

Greg Bod

The Divine Comedy – Foreverland
Label : Divine Comedy Records
Sortie le 02 septembre 2016

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