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	<title>Benzine Magazine &#187; Cinéma</title>
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	<description>Critiques musique, cinéma, littérature et bande dessinée</description>
	<lastBuildDate>Wed, 08 Feb 2012 22:54:07 +0000</lastBuildDate>
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		<title>Festival du Film Fantastique de Gérardmer &#8211; édition 2012</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Feb 2012 10:29:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Doulcet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>Festival Gérardmer 2012</category>
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		<description><![CDATA[Tout d&#8217;abord, c&#8217;est par le nouveau film de Francis Ford Coppola que fut ouvert le bal de l&#8217;horreur, bal transformé au fil des ans en un festival du film plus policier ou mental que véritablement fantastique et d&#8217;épouvante. Twixt, ou le retour du maestro après son très beau Tetro, a laissé entrevoir un début assez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord, c&#8217;est par le nouveau film de Francis Ford Coppola que fut ouvert le bal de l&#8217;horreur, bal transformé au fil des ans en un festival du film plus policier ou mental que véritablement fantastique et d&#8217;épouvante. Twixt, ou le retour du maestro après son très beau Tetro, a laissé entrevoir un début assez tiède vu les commentaires plutôt hargneux des festivaliers, même si le film a trouvé quelques défenseurs.<span id="more-15401"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-15407" title="gerardmer01" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/02/gerardmer01-450x196.jpg" alt="" width="450" height="196" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le président du Jury, Enki Bilal, entouré d&#8217;un casting de jurés très hétéroclites (pour ne pas dire trop, comme si les gros problèmes financiers du festival se retrouvaient jusque dans une sélection de membres du jury has-been), a eu cette affaire à une sélection en Compétition qui laissait à désirer puisqu&#8217;aucun des 8 films (mis à part Eva de Kike Maillo et Hell de Tim Fehlbaum, pas vus) n&#8217;a réussi à marquer qui que ce soit. Au mieux y a-t-on trouvé trois bons films. En revanche quelques magnifiques surprises étaient à trouver Hors Compétition (pour quelles raisons la qualité des sections est-elle inversée? On l&#8217;ignore&#8230;).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;année dernière était pour la Compétition un bien meilleur cru ; J&#8217;ai rencontré le diable faisant même partie des grands films de l&#8217;année 2011, et par ailleurs souvent retrouvé dans les TOP de fin d&#8217;année. Bedevilled (Blood Island en dvd) qui pourtant avait reçu le Grand Prix, est sorti directement en dvd, alors que le film contenait de véritables qualités esthétiques et psychologiques. C&#8217;était le deuxième choc de la compétition, et donc le deuxième film sud-coréen de la sélection. Le palmarès reflétait ce triomphe ; les deux films se retrouvant gagnants haut la main.</p>
<p style="text-align: justify;">La Corée du sud ne fut pas à l&#8217;honneur cette année, et on remarquera qu&#8217;une cinématographie d&#8217;épouvante ou de fantastique surfe pendant trois ans sur la tendance ; après l&#8217;heure de gloire japonaise, puis espagnole (REC, L&#8217;Orphelinat, et encore aujourd&#8217;hui quelques traces de ce succès par les grands cinéastes du genre), après celle des sud-coréens (cités à l&#8217;instant), c&#8217;est en ce moment le cinéma nordique qui semble tirer la couverture vers lui, outre le succès il y a trois ans de Morse dans ce festival. L&#8217;année dernière déjà, The troll hunter tentait le buzz (raté), et cette année la victoire au Palmarès de Babycall (Norvège), Grand Prix du jury, et de Beast (Danemark), Prix du jury ex-æquo avec La maison des ombres, nous le prouve plus que jamais.</p>
<p><img class="size-medium wp-image-15402 aligncenter" title="babycall" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/02/babycall-450x196.jpg" alt="" width="450" height="196" /></p>
<p><strong>NOTES SUR LES FILMS EN COMPETITION :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Hormis le film espagnol Eva, et le film allemand Hell que je n&#8217;ai pu voir, les six autres films de la compétition ne marquaient donc pas une étape décisive dans les sélections du festival, qui au contraire reposaient plutôt sur la qualité des sections parallèles ; seuls trois films sortaient un peu du lot et provoquaient une certaine sympathie.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord Pastorela, du mexicain Emilio Portes, film inattendu entre la farce religieuse et les délires de Alex de la Iglesia (période Le jour de la bête, par ailleurs primé ici-même à l&#8217;époque). Le film narre le casting d&#8217;une pièce de la nativité, symbole théâtral des fêtes religieuses mexicaines, dans laquelle s&#8217;affrontent l&#8217;Ange et le Diable. Et le film de porter cette bataille au-delà de la fiction en brossant le portrait d&#8217;un flic véreux qui veut être réengagé dans le rôle du Diable, cette année donné à une mauviette qui va en prendre pour son grade. Le film se déroule la plupart du temps avec les costumes de la pièce en question et créé un véritable décalage esthétique. Le sens de l&#8217;humour du cinéaste, qui oppose de manière absurde à cette histoire savoureusement manichéenne la fuite d&#8217;un zombie en pleine ville (ce dont tout le monde se fiche!), ainsi qu&#8217;un art consommé du mauvais goût concernant les caricatures des institutions catholiques mexicaines et des forces de l&#8217;ordre, tout cet humour se ressent avec un certain talent même si le rythme du film est souvent inégal. Mais la séquence finale est si délirante et la mise en scène tant contrôlée (ce qui est plutôt rare dans les petits délires comiques excessifs de ces cinéastes) que le film remporte l&#8217;adhésion tout en se plaçant comme le meilleur film de cette sélection.</p>
<p style="text-align: justify;">La maison des ombres ensuite, film britannique de Nick Murphy, jolie fable de fantômes à la patine soignée. Le scénario est parfois trop démonstratif &#8211; notamment dans son final &#8211; mais la direction d&#8217;acteur et la dimension mélodramatique du film sont véritablement convaincantes. On peut saluer aussi la contribution artistique du film (décors, musique, photographie), qui lui donne une âme de cinéma populaire, ample et émouvante. Dommage alors que la créativité du film soit mise en sourdine au profit de références directes à L&#8217;Orphelinat ou encore Les Autres de Amenabar, mais sans jamais en tutoyer le génie.</p>
<p style="text-align: justify;">Babycall de Pal Sletaune, grand gagnant de cette édition, fait aussi partie de ces films réussis mais trop impersonnels pour entièrement convaincre. Le cadre fait instantanément penser à Morse de Tomas Alfredson et les ambiances peinent à s&#8217;en détacher même s&#8217;il ne s&#8217;agit ici de rien d&#8217;autre qu&#8217;un drame rationnel autour d&#8217;une mère et son fils. On sait à peu près dès le début où le cinéaste veut en venir, et il est bien dommage que l&#8217;idée fascinante du babycall (ces appareils de sécurité qui relient par le son les parents à leur enfant d&#8217;une chambre à l&#8217;autre) disparaisse si vite. Les seconds rôles sont trop anecdotiques quant à eux, même s&#8217;ils permettent au personnage de Noomi Rapace de s&#8217;exprimer avec une belle profondeur. Le film convainc, séduit, touche parfois car il raconte les choses avec une certaine justesse mais jamais ne parvient-il à transcender l&#8217;imagerie d&#8217;exercice qu&#8217;il porte avec lui. Babycall sonne typiquement comme un beau film inabouti, charmant, pas franchement inoubliable.</p>
<p style="text-align: justify;">Des mêmes contrées nordiques sévissait Beast du remarquable cinéaste danois Christoffer Boe. Malgré tout, cet essai esthétique et expérimental sur le thème de l&#8217;infection et de la possession passe à côté de son but, faute de clarté et de modestie ; la symbolique permanente du film bloque tout accès à la psychologie et à la simple compréhension du scénario. Le cinéaste enchaîne un amas de vignettes potentiellement jolies mais finalement souvent affreuses tant elles semblent faites pour acheter le public et le manipuler. L&#8217;acteur Nicolas Bro porte le film d&#8217;un bout à l&#8217;autre mais il ne suffit pas à calmer la surenchère prétentieuse de son cinéaste-psychanalyste-enfant gâté. Beast devient confuse bouillie, ignoble machine de festival qui, une fois de plus, prouve que l&#8217;essai et l&#8217;audace payent toujours, puisque le film est reparti avec un prix de consolation ; celui du Jury.</p>
<p style="text-align: justify;">The Cat, seul film sud-coréen du festival, est apparu vers la fin du festival, et on comprend bien pourquoi ; décevant film de genre finalement bien sérieux autour d&#8217;un chat possédé par le fantôme d&#8217;une gamine (ou quelque chose comme ça), dont la seule étiquette de film sud-coréen a bien failli nous avoir tous! Sans humour, sans invention, le film avance avec mollesse jusqu&#8217;à un twist final comme un coup d&#8217;épée dans l&#8217;eau. Personnages sans charisme, montage anesthésié, sensation de claustrophobie bien vite évacuée (l&#8217;héroïne en souffre mais le film souffre de ne pas l&#8217;être). A mettre sur le compte de la vague réussite, un véritable sérieux technique qui illustre parfois quelques séquences avec un beau savoir-faire, malheureusement au service de pas grand-chose. Autant dire que c&#8217;est peu.</p>
<p style="text-align: justify;">De très loin le pire film du festival, The Moth Diaries était pourtant un sérieux candidat dans cette molle compétition. Signé Mary Harron (réalisatrice de American Psycho), cette bluette pour midinette est en fait un sous-Twilight au rythme catastrophique, plombée par une mise en scène luttant tant bien que mal sous ses lumières léchées de film highschool pour raconter une histoire de pucelles étudiantes qui évoluent face à une jeune vampire au physique fascinant (le seul intérêt du film). Ce point de vue féminin que nous suivons donc (il n&#8217;y a que des actrices, dirigées par une femme), n&#8217;est rien d&#8217;autre que celui de la Femme et du passage à l&#8217;âge adulte comme il n&#8217;existe pas. Il ne se passe rien d&#8217;autre que de petites fêtes entre amies, craquant face à un ridicule prof de langue (et poète qui plus est). On se demande ce qu&#8217;est venu faire ce film dans un Festival dont la thématique semble être à peu près l&#8217;opposé de ce qu&#8217;il raconte sous son esthétique mielleuse à faire fuir tous les sexes. Un vrai film de mormon dans lequel, évidemment, on ne peut s&#8217;empêcher de se demander quand on y verra une paire de fesses, une scène lesbienne ou, mieux encore, quelques petites digressions pornographiques. C&#8217;est tout à fait humain.</p>
<p style="text-align: justify;"> <img class="size-medium wp-image-15403 aligncenter" title="eva-de-kike-maillo" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/02/eva-de-kike-maillo-450x196.jpg" alt="" width="450" height="196" /></p>
<p><strong>HORS COMPETITION : UN AUTRE NIVEAU</strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est plutôt Hors Compétition qu&#8217;il fallait se pencher cette année :</p>
<p style="text-align: justify;">Notamment avec The Woman du génial américain Lucky McKee, auteur du magistral May dont la sidérante comédienne Angella Betis réapparaît ici dans un second rôle inoubliable d&#8217;épouse soumise. Le propos du film, d&#8217;un féminisme forcené (au plus beau sens du terme si certains doutent encore de l&#8217;alchimie avec le cinéma d&#8217;épouvante), ouvre tout d&#8217;abord la voie sur une critique à priori un peu attendue quoique savoureuse sur la sauvagerie de la middle-class américaine et de ses familles modèles. Mais peu à peu, le film dévoile l&#8217;ambigüité et le véritable fond de chaque personnage jusqu&#8217;à l&#8217;extrême ; ne dévoilons pas les nombreuses surprises de l&#8217;œuvre mais soulignons que du film-concept aux vertus sociologiques, Lucky McKee y oppose avec autant de talent la barbarie rougeoyante d&#8217;une révoltée splendide et bestiale. Le film joue avec un malin plaisir sur la perversité supposée du spectateur mâle (et il faut le reconnaître, ça marche), de l&#8217;idée d&#8217;esclavagisme jusqu&#8217;à sa résolution sanglante et surprenante, foncièrement (im)morale. Claque démentielle comme on en voit peu, film viscéral, profond, et pièce maîtresse de mise en scène (entre l&#8217;artisanat le plus précieux et l&#8217;assurance technique la plus remarquable), menée tambour battant par l&#8217;un des plus grands cinéastes de genre de son temps.</p>
<p style="text-align: justify;">The Day de Douglas Aarniokoski, auteur d&#8217;un calamiteux Highlander et assistant de Robert Rodriguez sur quelques-uns de ses films, n&#8217;a lui pas opté pour autant d&#8217;originalité. Son film, inspiré de la dramaturgie et des décors de films de zombies (jusque dans les paysages désolés et certains plans nocturnes typiques, voire même dans les personnages), narre l&#8217;histoire post-apocalyptique de quelques survivants trouvant refuge dans une maison abandonnée. La première partie offre une approche contemplative et saisissante de l&#8217;ennui, la peur et la faim, enrobée d&#8217;une mise en scène grisonnante qui pourtant est stéréotypée d&#8217;un bout à l&#8217;autre. Mais une certaine inventivité se dégage des cadres, la direction d&#8217;acteurs convainc, le film saisit dans sa nonchalance déjà vue. Puis vient l&#8217;histoire d&#8217;une confrontation face à un clan de survivants pro-cannibalisme contre nos héros dont la conscience morale les empêche de s&#8217;entre-dévorer. Aarniokoski remplace les morts-vivants par une poignée d&#8217;illuminés guidés par une envie de survivre ; quelques belles idées portent le film, et sa séquence finale, quoique parfois illisible car entièrement filmée de nuit dans une maison insalubre tout en gardant le principe d&#8217;une photographie charbonneuse, se plaît à jouer au grand film d&#8217;action. Le film tient surtout debout grâce au personnage féminin jouant un double jeu et qui, de traître à guerrière victorieuse, mène et rythme le film jusqu&#8217;à un plan final délicieusement&#8230; inattendu.</p>
<p style="text-align: justify;">Rabies, survival israélien (!) de Aharon Keshales et Navot Papushado, faisait quant à lui pâle figure. Film de chasse stupide où chaque personnage semble concourir au trophée du plus idiot, basé sur un scénario aberrant et éculé. Les cinéastes ont l&#8217;ambition d&#8217;un quintuple montage parallèle mais malheureusement leur technique ne paye pas ; le film s&#8217;égare et s&#8217;équilibre mal d&#8217;un point de vue à l&#8217;autre. Tous les clichés semblent réunis (comme souvent dans les survivals, où l&#8217;harmonie entre singularité et maîtrise des codes est tout simplement fragile), jusqu&#8217;à une interprétation inégale. Pourtant le film n&#8217;a rien de catastrophique et il est permis de passer un bon moment tant cette dramaturgie ringarde à un charme et un second degré camouflé. N&#8217;est-ce pas de l&#8217;humour que ces portraits brossés de civils tous autistes de la communication, pris soudain comme victimes au beau milieu d&#8217;une forêt où tout le monde se croise (à croire que la forêt en question est minuscule)? Quelques trouvailles inattendues ponctuent le film ça et là pour notre plus grand bonheur (surtout face à l&#8217;imagerie du serial-killer, qui n&#8217;aura finalement réussi qu&#8217;à tuer un chien dans l&#8217;histoire!), mais cela ne suffit pas vraiment pour égaler les autres films présents Hors-Compétition.</p>
<p style="text-align: justify;">The Theatre Bizarre, ou le faux-ovni de la sélection ; un film constitué de 7 sketchs de grands noms du cinéma de genre, tous réunis pour réaliser chacun un court-métrage d&#8217;une quinzaine de minutes avec pour seule contrainte le Grand-Guignol. Une fois acceptées les conditions (de l&#8217;excès bizarre, rigolo, ringard), le film vaut-il la peine d&#8217;être vu? Pas vraiment. Car le principe tourne souvent, au moins à la moitié, à la mauvaise foi. Mother of toads de Richard Stanley par exemple, prouve que sous prétexte de liberté et de délire, l&#8217;inspiration prise dans les contraintes n&#8217;est jamais loin de l&#8217;amateurisme. De même pour l&#8217;insupportable Vision stains de Karim Hussain, variation glauque et incompréhensible sur une fanatique de la seringue qui pique des femmes enceintes ou les yeux de SDF. Pire encore The Accident de Douglas Buck, petite chose prétentieuse et naïve sur le regard d&#8217;une enfant de huit ans face à la mort. Surtout, le film passe à côté du sujet (le grand-guignol) pour une approche pesante et pseudo-existentielle de la mort. Un peu moins pire le Wet Dreams de Tom Savini qui, à défaut d&#8217;être réussi, parvient au moins à faire rire et à jouer du contrepied jusqu&#8217;à la confusion (la faiblesse du film). L&#8217;effet poupée russe du film &#8211; des rêves à gogo &#8211; s&#8217;avère être vite lassant en seulement quinze minutes mais la profusion du montage peut laisser croire que Savini a encore des idées derrière la tête. Déjà mieux, I love you de Buddy Giovinazzo prend lui le partie de l&#8217;anecdotique en filmant un petit dialogue télévisuel teinté d&#8217;un mystère mis en scène au départ ; pourquoi l&#8217;homme se réveille-t-il dans sa salle de bains, couvert de sang? On attend la chute venir et la surprise n&#8217;est pas très surprenante, mais les dialogues brillants du jeu de couple fonctionne jusqu&#8217;à l&#8217;image de terreur finale, presque banalisée. Une vision plutôt cynique de l&#8217;horreur au cinéma. Mieux encore, le pauvre Theatre Guignol de Jeremy Kasten (pauvre car charcuté d&#8217;un bout à l&#8217;autre pour servir de fil conducteur à la compilation). Le film semble pourtant, dans sa filiation directe avec le Silencio de Lynch, être porté par une texture et une dimension esthétique que les autres films (sauf le dernier) n&#8217;ont pas. La comédienne épatante dans le rôle de la spectatrice suffit déjà à créer un malaise entre émerveillement et peur primale. Le déroulé d&#8217;automates prenant vie sur la scène d&#8217;un théatre (avec le toujours réjouissant Udo Kier) synthétise à peu près le film dans son projet, mais pas dans sa qualité ; un joyeux bordel réjouissant et inventif. Sauf que le film entier, compilé, n&#8217;est réellement qu&#8217;un bordel. Point d&#8217;orgue, le Sweets de David Gregory, dernier segment et, de loin le meilleur. Mélange hypnotique entre La grande bouffe de Ferreri et les photographies de David LaChapelle (comme animées ici), tout en s&#8217;inspirant vaguement du Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant de Peter Greenaway, cette petite critique de la consommation réjouit au plus haut point : non pour son propos, déjà vu, mais plutôt pour la consistance esthétique et l&#8217;art du kitsch qu&#8217;il représente, jusqu&#8217;à un banquet final digne des sommets de mauvais goût. Irrésistible d&#8217;humour congelé et de beauté diabolique, festin de couleurs et de tripes.</p>
<p style="text-align: justify;">Figuraient dans la Section Extrême (constituée de cinq films dont quatre mortellement consensuels et ennuyeux), le très attendu The Incident de Alexandre Courtès, véritable petit chef-d’œuvre formel et donc unique film de la Section à avoir un intérêt. D&#8217;une force redoutable, le film ne prétendait pourtant pas à grand-chose dans son synopsis : un jeune groupe de rock travaille parallèlement comme cuistots dans les cuisines d&#8217;un asile psychiatrique. Sauf que, panne de courant oblige, toutes les cellules vont s&#8217;ouvrir&#8230; et les rockeurs d&#8217;essayer de survivre. D&#8217;emblée, la matière esthétique impressionne ; il y a un art consommé de la réalisation, des mouvements d&#8217;appareil, de la photographie, de la musique, du timing, de la chorégraphie. Le casting impressionnant (voir la gueule des acteurs jouant les fous pour s&#8217;en convaincre) et la démesure infernale du film dans son rapport très évolutif à la violence le placent comme un héritier direct, et en dix fois mieux, du Dog Pound de Kim Chapiron (film à contexte plus moral alors qu&#8217;ici on évolue en véritable film de genre claustro). D&#8217;une inventivité et d&#8217;une précision hors-pair, ce premier long-métrage a l&#8217;étoffe d&#8217;un grand ; chaque séquence marque la rétine durablement jusqu&#8217;à un final-piège que personne n&#8217;attendait. Le meilleur film du festival avec The Woman.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre film de cette Section Extrême, le Grave Encounters des Vicious Brothers, qui n&#8217;ont rien de bien vicieux si ce n&#8217;est qu&#8217;ils arnaquent le spectateur, un véritable vice à coup sûr. Paranormal Activity dans un asile, avec certes de l&#8217;humour, mais surtout rien d&#8217;autre à se mettre sous la dent ; interprétation nulle, absence de trouillomètre, effets dignes de scènes à trucs du début du siècle, final grotesque et interminable, on s&#8217;ennuie ferme comme dans tous les films de ce type ; ne vous y fiez pas, à part REC, jamais un film basé sur le paranormal et la vidéo de surveillance n&#8217;a réussi à marquer les esprits. C&#8217;est juste le procédé le plus économique pour les manchots du cinéma, de plus en plus nombreux dans le domaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir, la Nuit Fantastique proposait cette année une sélection de trois films comiques liés de près ou pas du tout à la thématique du film d&#8217;horreur et fantastique du Festival. Le premier, Tucker &amp; Dale fightent le mal, en salles ce mercredi, dénote d&#8217;un certain savoir-faire de comédie et de référence au cinéma gore redneck. Scénario bâtard volontairement tendu sur un désopilant malentendu, personnages sympathiquement américains (autant dire dégueus) et autres petites saynètes débiles rythment un film jouissif et foncièrement drôle. Un petit plaisir de cinoche qui trouve ici les mérites d&#8217;une sortie en salles alors que la distribution condamne souvent ces films à des sorties directes en vidéos.</p>
<p style="text-align: justify;">Le deuxième film n&#8217;avait rien à faire là ; mais quel plaisir tout de même! New Kids Turbo, signé de phénomènes néerlandais bien connus dans leur contrée, raconte l&#8217;histoire tout aussi impossible d&#8217;un groupe de beaufs (comme vous n&#8217;en avez jamais vu ni imaginé) décidés à ne plus rien payer. Ce qui est fou dans un tel film (peut-être la chose la plus drôle qu&#8217;il m&#8217;ait été donné de voir dans ma vie, j&#8217;en ai bien peur), c&#8217;est que le rythme absolu et l&#8217;excentricité, et la vulgarité et le mauvais goût de ses auteurs imposent une règle au bout de vingt minutes : tant pis si l&#8217;humour va trop loin (et Dieu sait s&#8217;il met les pieds dans le plat), il est dit que l&#8217;on rira de tout. Pédophiles, nazis, femmes enceintes, accidents de la route, handicapés, tout y passe sur cette plaque tournante de l&#8217;humour le plus décomplexé du monde, et peut-être là le secret à une drôlerie de tous les instants, de la première à la dernière minute. On en ressort quelques côtes fêlées, et l&#8217;irrésistible envie de relancer le film pour un second tour de manège, véritable totem de la comédie, au sens profondément Con du terme. Et donc Bon.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour terminer cette infernale et hilarante Nuit, Juan of the dead ou la fausse parodie d&#8217;un film de zombies à &#8230; La Havane. Le film, plutôt mauvais, tient pourtant debout grâce à un esprit Z évidemment charmant, le simple choix du décor donnant au film toute sa raison d&#8217;être. L&#8217;acteur, insupportablement mauvais et inexpressif, participe au charme de cette petite comédie cheap mais bien mise en scène (compte tenu des moyens, dont on ne sait jamais en fait s&#8217;ils sont énormes et très mal gérés ou si au contraire ils sont minuscules et brillamment utilisés). Chaque personnage est absolument imbuvable &#8211; jusqu&#8217;au tapin transsexuel (sic), mais la volonté du film de mêler au spectacle le déguisement d&#8217;une comédie acidulée et régressive est souvent rigolote. Sans jamais aller au-delà, le film se regarde sans déplaisir, mais au-delà de sa brillante idée de décor (La Havane), il se peut qu&#8217;il ne reste pas grand-chose en mémoire de ce petit film d&#8217;exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-15409" title="gerardmer02" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/02/gerardmer02-450x196.jpg" alt="" width="450" height="196" /></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>LE PALMARES COMPLET DU FESTIVAL :</strong></p>
<p><strong>-</strong> Grand prix : Babycall de Pal Sletaune</p>
<p>- Prix du jury ex-æquo : Beast de Christoffer Boe et La Maison des ombres de Nick Murphy</p>
<p>- Prix du public : Eva de Kike Maillo</p>
<p>- Prix de la critique : Babycall de Pal Sletaune</p>
<p>Jean-Baptiste Doulcet</p>
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		<title>The Descendants &#8211; Alexander Payne</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/30/the-descendants-alexander-payne/</link>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 20:57:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>Alexander Payne</category><category>benzine</category><category>drame familial</category><category>hawaii</category><category>The Descendants</category>
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		<description><![CDATA[Cinéaste de la ringardise (se remémorer les héros de Monsieur Schmidt et de Sideways), le quinquagénaire d’origine grecque Alexander Payne revient aux affaires après une absence de sept ans. Pour mettre en scène le drame d’une famille (la mère après un accident de hors-bord est plongée dans le coma, laissant son mari désemparé, notamment dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-15225" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche9.jpg" alt="" width="160" height="213" />Cinéaste de la ringardise (se remémorer les héros de <em>Monsieur Schmidt</em> et de <em>Sideways</em>), le quinquagénaire d’origine grecque <strong>Alexander Payne</strong> revient aux affaires après une absence de sept ans. Pour mettre en scène le drame d’une famille <span id="more-15224"></span>(la mère après un accident de hors-bord est plongée dans le coma, laissant son mari désemparé, notamment dans la reprise en main de leurs deux filles), le réalisateur se délocalise pour Hawaii, l’archipel d’îles en plein Pacifique qui est aussi le dernier État annexé par les États-Unis en 1969, avec comme objectif de créer un décalage entre la réputation paradisiaque de l’endroit et la gravité de la situation vécue par Matt King et les siens. Celui-ci est avocat et appartient à la catégorie des becquets, soit de riches métropolitains installés dans un état ultra-marin. Cette notion existe d’ailleurs pour la France et les Antilles et explique en partie les problèmes économiques des territoires d’outre-mer.</p>
<p style="text-align: justify;">Descendant d’une famille prestigieuse hawaïenne, Matt doit donc mener de front une vente de terrain fortement convoité qu’il partage avec une cohorte de cousins autochtones et l’hospitalisation de sa femme, dont il va apprendre par sa fille aînée qu’elle le trompait et envisageait même de le quitter. Un peu dépassé par les événements, Matt accompagné de ses filles et du petit ami de la plus âgée part à la recherche de l’amant.<br />
Dans le rôle du mari perdu, à la fois chagriné et fou de rage d’avoir été floué, souffre-douleur de ses enfants et de son beau-père, on découvre un <strong>George Clooney</strong> convaincant, loin des emplois de charmeur habituels. Sa fragilité, sa gentillesse et l’énergie qu’il déploie à pactiser, comprendre et ne froisser personne sont à la fois touchantes et sources de quiproquos. Dans des paysages de rêve, sur les plages au bord des eaux turquoise, nos héros en shorts et tongs vivent pourtant des moments douloureux que la chambre d’hôpital où se noue le destin de la mère cristallise. Autour de son lit, on crie, on pleure et surtout on s’engueule pas mal.</p>
<p style="text-align: justify;">Cousu avec de grosses ficelles, le scénario manque de finesses et affiche un volontarisme énergique, échouant à capter l’intensité du drame familial à l’œuvre, ou traitant la partie la plus délicate du film avec lourdeur et maladresse – l’ambition de celle-ci semblant résider à déclencher les larmes pudiques de l’acteur. À l’inverse, le film est davantage attachant lorsqu’il quitte les rivages du lacrymal et du sentimental, la gamine et l’adolescente flanquée de son copain n’ayant pas leur langue dans la poche. Mais l’ensemble, s’il s’apparente à un léger et charmant dépliant touristique pour l’État de Honolulu, souffre aussi de longueurs et ne décolle jamais vraiment, restant dans les bornes du bien-pensant sous le vernis vite craquelé de situations scabreuses ou insolites qu’Alexander Payne s’empresse de désamorcer.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-15226" title="3" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/3.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">The Descendants<br />
Comédie dramatique américaine d&#8217;Alexander Payne<br />
Sortie : 25 janvier 2012<br />
Durée : 01h50<br />
Avec George Clooney, Shailene Woodley, Amara Miller,&#8230;</p>
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		<title>L&#8217;Oiseau &#8211; Yves Caumon</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/26/loiseau-yves-caumon/</link>
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		<pubDate>Thu, 26 Jan 2012 20:33:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>benzine</category><category>deuil</category><category>L 039Oiseau</category><category>Mostra de Venise 2011</category><category>Yves Caumon</category>
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		<description><![CDATA[Il y a d’abord cette crinière blonde derrière laquelle Anne semble se dissimuler et se protéger. Il y a après ce regard absent, dans le vague, qui passe à travers ceux – et ils sont rares – qu’elle côtoie. À Bordeaux, baignée de soleil et de lumière, Anne est seule, retirée du monde, devenue insensible [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-15176" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche8.jpg" alt="" width="160" height="213" />Il y a d’abord cette crinière blonde derrière laquelle Anne semble se dissimuler et se protéger. Il y a après ce regard absent, dans le vague, qui passe à travers ceux – et ils sont rares – qu’elle côtoie. À Bordeaux, baignée de soleil et de lumière, Anne est seule, retirée du monde, <span id="more-15175"></span>devenue insensible et indifférente jusqu’au jour où la découverte d’un oiseau piégé derrière une cloison de son appartement va servir de déclencheur, la sortir d’une torpeur anesthésiante et la ramener parmi les vivants.</p>
<p style="text-align: justify;">À l’image de son titre, <em>L’Oiseau</em>, le nouveau film du charentais <strong>Yves Caumon</strong>, est un film en apparence simple et ténu sur l’impossibilité du deuil et la perspective encore lointaine d’une reconstruction compliquée. Car l’état d’Anne, comme frappée de sidération et incapable de voir ou entendre les autres, y compris dans leurs sollicitations les plus intimes, n’est pas fortuit et on en apprendra les motifs au détour d’une scène qui intervient assez tard dans le film. Peu importe car ce qui intéresse sans conteste le réalisateur rare de <em>Cache-Cache</em>, c’est l’existence quotidienne de son héroïne triste et mélancolique. Mais plutôt que l’aborder à l’intérieur uniquement du périmètre réduit (appartement et lieu du travail), le cinéaste prend la tangente et crée une atmosphère étrange, presque onirique, que la cohabitation inattendue avec l’attendrissant volatile aide à approfondir. Mais pas seulement, car les cuisines collectives dans lesquelles travaille Anne et où un de ses collègues tente de la séduire ne sont guère moins singulières, comme l’est la rencontre nocturne à la sortie d’un cinéma avec un inconnu que Mizoguchi émeut jusqu’aux larmes ou l’échappée de la jeune femme dans une nature luxuriante et insolite – on pense à cet instant au Sud Ouest filmé par André Téchiné, lieu de réveil et d’exacerbation des sentiments. L’installation d’une ambiance à la fois douce et extravagante est encore renforcée par l’emploi de tons minéraux où dominent le vert et le bleu qui créent un halo de mystère autour d’Anne.</p>
<p style="text-align: justify;">Pourtant, jamais un film n’aura aussi bien parlé du deuil, en rendant palpable le sentiment d’endormissement des sensations et de déconnexion du monde. Un état de semi-conscience ou d’hébétude éveillée qui devient une espèce d’écrin, de cocon protecteur qui éloigne, sinon nie, la réalité et permet la survie dans la répétition mécanique des gestes. La comédienne <strong>Sandrine Kiberlain</strong> excelle à interpréter cette jeune femme déjà vieillie par le poids de la douleur, emmurée dans son chagrin, sans cris ni pleurs. Bizarrement, <em>L’Oiseau</em> s’avère une œuvre extrêmement douce et apaisante, à la délicatesse infinie, toujours tendue et prête à se rompre comme son héroïne tellement fragile et perdue. Par moments, le film parvient même à atteindre la grâce, refusant avec opiniâtreté le chemin balisé de l’apitoiement et du tire-larmes, pour se tenir avec pudeur et nuance au plus près de son actrice magnétique, jouant avec brio sur la dualité de la présence et de l’absence.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-15177" title="4" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/42.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>L&#8217;Oiseau<br />
Drame français de Yves Caumon<br />
Sortie : 25 janvier 2012<br />
Durée : 01h33<br />
Avec Sandrine Kiberlain, Bruno Todeschini, Clément Sibony, Serge Riaboukine,&#8230;</p>
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		<title>Sport de filles &#8211; Patricia Mazuy</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/25/sport-de-filles-patricia-mazuy/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 21:04:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>benzine</category><category>cheval</category><category>Patricia Mazuy</category><category>Sport de filles</category>
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		<description><![CDATA[Gracieuse porte mal son prénom : car la jeune cavalière en rupture avec son ancien employeur et qui a accepté de redémarrer à zéro dans un haras prestigieux proche du domicile de son père a plutôt un caractère bien trempé, prête à tout pour avoir un cheval bien à elle qui lui permettrait d’accéder au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-15144" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche7.jpg" alt="" width="160" height="213" />Gracieuse porte mal son prénom : car la jeune cavalière en rupture avec son ancien employeur et qui a accepté de redémarrer à zéro dans un haras prestigieux proche du domicile de son père a plutôt un caractère bien trempé, prête à tout pour avoir un cheval bien à elle <span id="more-15143"></span>qui lui permettrait d’accéder au sommet, donc de s’extirper de sa condition modeste par la même occasion. On peut effectivement aborder <em>Sport de filles</em>, le nouveau long-métrage de la dijonnaise <strong>Patricia Mazuy</strong>, comme une parabole de la lutte des classes dont le milieu extrêmement fermé et codifié du monde équestre avec ses enjeux financiers constitue un terreau idéal. Projet initié depuis quelques années et porté conjointement par <strong>Marina Hands</strong>, sa comédienne principale, <em>Sport de filles</em> mise avant tout sur l’action en laissant de côté toute psychologie. De l’action le film n’en manque guère, principalement véhiculée par quatre femmes qui s’ébrouent autour de Franz Mann, un entraineur allemand à la réputation légendaire et courue. Gracieuse bien sûr, mais aussi la compagne et la fille de Mann, plus une riche cliente anglaise venue de Miami qui est aussi la maitresse et ambitionne de mettre la main sur l’ancien champion.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film se déroule en France et en Allemagne, durant un concours hippique qui devient le théâtre loufoque et grand-guignolesque des rivalités et des ambitions à la limite du ridicule. Peut-être faut-il aimer beaucoup les chevaux (omniprésents dans le film) pour apprécier le film de la réalisatrice de <em>Saint-Cyr</em>. Car les scènes d’entrainement, de soins et de gala occupent en grande majorité l’espace de la narration, qui a aussi fâcheuse tendance à s’éparpiller et à s’étioler. <em>Sport de filles</em> joue beaucoup sur la pluralité des nationalités (française, allemande et anglaise) et provoque du coup la collision des langages : Gracieuse, sèche et peu aimable, ne fait aucun effort pour être sociable alors que l’entraineur, tiraillé entre sa compagne autoritaire (<strong>Josiane Balasko</strong> inattendue) et sa maitresse envahissante, se débat avec les subtilités de la langue de Molière. Petit à petit, le film bascule dans le burlesque (Gracieuse se retrouvant dans le coffre d’une voiture) et s’éloigne du coup de son intention initiale pour se concentrer sur la trajectoire atypique d’une jeune femme mal embouchée mais terriblement persuasive et résolue.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré le parti pris de l’action et le refus de psychologisation, ce sont malheureusement l’ennui et le désintérêt qui priment. Revêche et imprévisible, Gracieuse n’attise en rien la sympathie et son comportement nous parait puéril ou à peu près incompréhensible. Quant aux petites mesquineries qui se font jour pendant le concours allemand, il faut avouer que nous passons largement à côté. La lumière toujours remarquable de Caroline Champetier, la musique de John Cale et un casting bigarré (avec le suisse <strong>Bruno Ganz</strong> qu’on a vu chez Wenders) ne suffisent hélas pas à sauver le film dont on ne devine que par instants l’ambition et l’exigence.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-15145" title="2" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/21.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Sport de filles<br />
Drame français de Patricia Mazuy<br />
Sortie : 25 janvier 2012<br />
Durée : 01h41<br />
Avec Marina Hands, Josiane Balasko, Bruno Ganz,&#8230;</p>
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		<title>Millenium : Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes &#8211; David Fincher</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/21/millenium-les-hommes-qui-naimaient-pas-les-femmes-david-fincher/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 21:43:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>adaptation roman</category><category>David Fincher</category><category>Millenium</category>
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		<description><![CDATA[S’il fallait qualifier le cinéma de l’américain David Fincher, au-delà même de la virtuosité presque insolente dont il fait preuve, c’est la notion d’accumulation et d’épuisement qui pourrait venir instantanément à l’esprit – celle de l’épuisement devant s’entendre par la capacité à exploiter un sujet jusqu’à l’essorage, non celui d’un spectateur éreinté par le déferlement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-15067" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche6.jpg" alt="" width="160" height="213" />S’il fallait qualifier le cinéma de l’américain <strong>David Fincher</strong>, au-delà même de la virtuosité presque insolente dont il fait preuve, c’est la notion d’accumulation et d’épuisement qui pourrait venir instantanément à l’esprit – celle de l’épuisement devant s’entendre par la capacité à exploiter un sujet jusqu’à l’essorage, <span id="more-15066"></span>non celui d’un spectateur éreinté par le déferlement qui surgit devant lui, un déferlement d’autant plus intense qu’il s’inscrit dans la durée : le format des œuvres du réalisateur de <em>The Social network</em> pouvant allègrement dépasser les 150 minutes. Après avoir livré le biopic vitaminé du créateur de Facebook, qui réussissait la parfaite osmose entre fond et forme, on était plutôt impatients de découvrir la version made by Fincher du thriller suédois à succès – c’est un euphémisme – alors que les adaptations précédentes n’avaient guère convaincu par trop de mollesse. La mollesse assurément ne fait pas partie de la grammaire cinématographique de David Fincher qui s’empare avec panache de l’adaptation du roman en parvenant derrière l’intrigue à présent largement dévoilée à imposer sa griffe. Autrement dit, il ne faut au spectateur que quelques minutes pour savoir qu’il est bien dans un long-métrage signé de l’auteur de <em>Seven.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, le passage de l’écrit à l’écran s’accompagne par obligation de simplification : ici on se rendra compte que ce n’est pas tant la multiplication des suspects que la mise en scène des moyens d’enquête qui passionne le cinéaste. On serait même tentés de dire que l’intrigue apparemment complexe, réunissant malgré eux les membres d’une famille richissime d’industriels, se réduit assez rapidement pour se clôturer par une résolution presque faible. Mais celle-ci n’est que l’exact contrepoint de la sophistication de la double enquête menée par un journaliste sur la touche et une jeune asociale, pupille à 23 ans, d’une redoutable intelligence. L’union en quelque sorte de la carpe et du lapin, qui intervient au bout d’une heure et qui fait en effet décoller le film, marque la réunion de deux approches, l’une traditionnelle et l’autre résolument moderne et technique, faisant un usage intensif des nouvelles technologies, ce qui permet d’établir une passerelle évidente avec l’opus précédent.<br />
Entre une jeune femme ne semblant guère goûter le commerce des hommes et des hommes qui n’aiment pas les femmes, comme le suggère le titre, il y a forcément matière à confusion, superposition et fausses pistes. Ainsi <em>Millenium</em> se révèle t-il un énorme, mais absolument pas indigeste, mille-feuilles dont le spectateur jamais rassasié se délecte toujours plus de déguster une nouvelle couche. De la même manière que dans <em>Zodiac</em>, dont il épouse par endroits les tonalités et la crédulité curieuse de son héros, David Fincher accumule les indices, paraissant noyer le spectateur sous un flux d’informations présentées à la façon d’un reportage haletant. De l’île glaciale et enneigée, propriété de la dynastie Vanger, Fincher nous offre quelques échappées vers Londres ou Zurich, mais partout il montre un monde froid et cynique où, derrière les murs des belles bâtisses, vient se nicher la monstruosité humaine sous fond d’atrocités plus anciennes : la famille Vanger a compté parmi les siens quelques nazis.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est donc un film sur l’empilement et l’interpénétration qui nous emporte dans sa fougue et sa virtuosité, mais qui n’oblitère pas pour autant de fouiller l’âme infectée et à jamais vicieuse des meurtriers qui le peuplent. L’immense cinéaste suédois Ingmar Bergman n’a cessé d&#8217;ausculter  les comportements des couples et des familles, faisant de son pays en apparence parfait et lisse le territoire idéal de la névrose. Peut-être l’écrivain Stieg Larsson avait-il dans un coin de tête l’héritage bergmanien. En tout cas, dans une forme autrement plus luxueuse, David Fincher saisit et restitue avec brio l’étrangeté venue du Nord durant 158 minutes époustouflantes, dérangeantes et viscérales qui retiennent sans jamais la relâcher l’attention d’un spectateur subjugué et ravi.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-15068" title="5" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/5.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">Millenium &#8211; Les hommes qui n&#8217;aimaient pas les femmes<br />
Thriller de David Fincher<br />
Sortie : 18 janvier 2012<br />
Durée : 02h38<br />
Avec Daniel Craig, Rooney Mara, Christopher Plummer,&#8230;</p>
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		<title>Ici-bas &#8211; Jean-Pierre Denis</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/21/ici-bas-jean-pierre-denis/</link>
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		<pubDate>Sat, 21 Jan 2012 13:03:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>benzine</category><category>Ici bas</category><category>inspiré de faits réels</category><category>Jean Pierre Denis</category>
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		<description><![CDATA[Dans le Périgord durant la Seconde Guerre mondiale, Ici-bas met en scène l’histoire inspirée de faits réels de Sœur Luce, religieuse et infirmière à l’hôpital de Périgueux. Jusqu’à présent discrète et entièrement tournée vers le Christ, l’existence de Sœur Luce subit un profond bouleversement lorsqu’elle est amenée à soigner le père Martial, aumônier et maquisard. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-15049" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche5.jpg" alt="" width="160" height="213" />Dans le Périgord durant la Seconde Guerre mondiale, <em>Ici-bas</em> met en scène l’histoire inspirée de faits réels de Sœur Luce, religieuse et infirmière à l’hôpital de Périgueux. Jusqu’à présent discrète et entièrement tournée vers le Christ, l’existence de Sœur Luce subit un profond bouleversement lorsqu’elle est amenée à soigner le père Martial, aumônier et maquisard. <span id="more-15048"></span>Pour Luce s’incarne en Martial, un être de chair, l’amour asexué et figuratif qu’elle avait toujours porté à la représentation divine. Écartelée entre sa foi et l’attirance irrépressible qu’elle éprouve pour Martial – une attirance qui n’est pas réciproque et que le jeune aumônier, embarrassé et dépassé par les événements, tente de dissuader – Sœur Luce répudie ses vœux et quitte le couvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cœur des paysages automnaux de la Dordogne, l’histoire tragique et romanesque de Sœur Luce témoigne des difficultés à être religieuse au milieu des hommes, et donc des tentations, notamment dans une époque de conflit qui attise les tensions et génère aussi une promiscuité nouvelle. La démarche radicale et jusqu’au-boutiste de Sœur Luce, récupérée au final par le maquis qui en fera une martyre, faute de trouver une solution qui empêche cette issue fatale, est marquée du sceau de la plus profonde conviction. Elle est intimement persuadée que c’est le Christ qui met sur son chemin Martial comme une sorte de double charnel, mais que l’apparition du nouveau sujet amoureux exclut par automatisme la dévotion. En ce sens, la trajectoire de Sœur Luce, déterminée et intransigeante avec elle-même, fait preuve d’une réelle intégrité que rien – ni la visite d’un vieux prêtre, ni les propositions de l’évêque relayées par le chef des maquisards, désolé de la tournure des événements – ne permet d’ébranler.</p>
<p style="text-align: justify;">Dommage dès lors que la mise en scène de <strong>Jean-Pierre Denis</strong> ne soit pas plus inspirée. Les scènes de maquis apparaissent trop artificielles et sentent trop le carton-pâte. De même le réalisateur des <em>Blessures assassines</em> ne semble guère à son aise dans le monde secret et hermétique du couvent, en proposant une vision convenue où les paroles doucereuses, mais autoritaires, de la Mère supérieure et de l’évêque, sont constituées d’une litanie de sentences définitives et de lieux communs. L’expérience extraordinaire et solitaire que vit Sœur Luce sème le trouble en rajoutant à celui forcément plus tangible et lourd de dangers immédiats que représente la présence de l’ennemi. Comme si les tourments intérieurs de la religieuse venaient se surajouter à la complexité de la situation mais de façon presque anormale, pour ne pas dire indécente ou hors circonstances, avec des conséquences terribles que le dépit amoureux et la trahison ne peuvent entièrement justifier.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Ici-bas</em> vaut d’abord par la qualité d’interprétation de ses deux comédiens principaux : <strong>Céline Sallette</strong> et <strong>Eric Caravaca</strong>, la première habitée d’une force inébranlable et le deuxième abasourdi par cet amour inouï dont il est l’objet à son corps défendant. Hélas le film peine à nous toucher durablement en restant dans une sage et appliquée mise en scène qui manque de souffle et d’ambition.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-15050" title="2_5" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/2_5.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Ici-bas<br />
Drame historique français de Jean-Pierre Denis<br />
Sortie : 17 janvier 2012<br />
Durée : 01h40<br />
Avec Céline Sallette, Eric Caravaca, François Loriquet,&#8230;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>J. Edgar &#8211; Clint Eastwood</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/17/j-edgar/</link>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 19:42:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Doulcet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>benzine</category><category>biopic</category><category>Clint Eastwood</category><category>J. Edgar</category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est bien quand il revient à ses terres que Clint Eastwood signe ses meilleurs films. Après les mauvais Invictus et Au-Delà&#171;&#160;(le dernier pouvant susciter un vague intérêt en tant que pur objet de fascination), J. Edgar reprend place dans la nouvelle filmographie du cinéaste entamée en 2002 avec Mystic River, une filmographie noire ou crépusculaire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-14978" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche4.jpg" alt="" width="160" height="213" />C&#8217;est bien quand il revient à ses terres que Clint Eastwood signe ses meilleurs films. Après les mauvais Invictus et Au-Delà&laquo;&nbsp;(le dernier pouvant susciter un vague intérêt en tant que pur objet de fascination), J. Edgar reprend place dans la nouvelle filmographie du cinéaste entamée en 2002 <span id="more-14976"></span>avec Mystic River, une filmographie noire ou crépusculaire en apparence, mais d&#8217;une grande luminosité au sein de ses récits endeuillés et obsédés par une idée de plus en plus évidente : la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Traitant du sujet comme une névrose dissimulée au cœur de scénarios qui ne le concernent pas directement (témoin ce portrait de Edgar Hoover, créateur du F.B.I. qu&#8217;il dirigea durant 48 ans), Eastwood semble déjouer les rouages de sa propre obsession en la greffant à des sujets qui s&#8217;y prêtent d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre ; Million Dollar Baby voyait Eastwood lui-même vieillissant, serein, s&#8217;ouvrir à la nouvelle génération pour aider jusque dans la mort une jeune boxeuse. Gran Torino bien sûr, où l&#8217;image d&#8217;Eastwood dans son tombeau parle d&#8217;elle-même. Mémoires de nos pères et Lettres d&#8217;Iwo Jima, le diptyque sur la guerre d&#8217;Iwo Jima entre américains et japonais lui donna l&#8217;occasion (audacieuse et respectable) de raconter les conflits en deux films différant les points de vue, un de chaque côté, jusqu&#8217;à réaliser un film au lyrisme parfaitement japonais, hanté par des images de mort ritualisées. Enfin, Au-Delà bien sûr interrogeait, dans un style exaspérant certes, la question plus spirituelle déjà d&#8217;une vie après la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois J. Edgar tient d&#8217;une approche nouvelle de la matière ; Eastwood prend le parti de s&#8217;identifier intimement à son personnage. Hoover comme Eastwood sont des mythes du territoire américain et de son histoire, l&#8217;un étendu à la grandeur d&#8217;un pays et l&#8217;autre à la grandeur du cinéma. On se souvient des premières périodes auto-justicières du cinéaste et de ses Inspecteur Harry, tout comme Hoover défend des principes ultra-patriotiques et une notion de justice tout à fait radicale. Que dire alors du choix des maquillages qui, plutôt que de briser les magnifiques interprétations de DiCaprio, Naomi Watts et Armie Hammer, permettent aux comédiens de porter jusqu&#8217;au bout leurs rôles? L&#8217;évidence de ces subtils grimages renvoie là encore à un profond questionnement, plus organique cette fois, sur les actes manqués, les regrets ; vieillir et périr. Comme souvent les films de Clint Eastwood sont, plus encore qu&#8217;émouvants, instructifs : ils instruisent tant l&#8217;esprit que l&#8217;âme, et le corps qui l&#8217;habite. Dans le film ces &#8216;masques de vieillesse&#8217; comme on pourrait les nommer, sont autant de miroirs à notre condition, et cela tout simplement parce que le montage le décide, brusquant l&#8217;Histoire et ses visages à travers une temporalité de cinéma dont Eastwood est devenu le maître, en plus de l&#8217;émotion humaniste qui se dégage de tous ses regards posés sur les hommes et les femmes, leur identité, politique, sexuelle. Décider du temps dans la fiction semble devenir pour lui une manière d&#8217;exorciser son incapacité humaine à en faire de même dans la vie. Voilà peut-être où est le sujet du film et la raison pour laquelle il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un biopic mais donc mieux, d&#8217;un film qui voit au-delà du classicisme apparent et sait se contraindre à l&#8217;essentiel, au parti pris. En l&#8217;occurrence ici celui de montrer un homme plus que des faits (et ce même si la documentation du film est précise et enrichissante), c&#8217;est-à-dire donc de réaliser un portrait avec toute l&#8217;ambigüité que cela comprend. La tonalité lumineuse des fins eastwoodiennes n&#8217;est pas à prendre, me semble-t-il, comme un arrangement moral du cinéaste face à lui-même ou aux erreurs de ses personnages, mais au contraire comme un espoir mêlé d&#8217;amertume, considérant coupable ou victime (et chez Eastwood tout le monde est victime d&#8217;être coupable), mythe ou anonyme, puissant ou faible, riche ou pauvre, égaux face à l&#8217;épreuve physique et intellectuelle de la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">La profonde admiration que l&#8217;on peut avoir pour Eastwood n&#8217;est donc pas celle d&#8217;un cinéma américain pantouflard et agréable à regarder (pour utiliser les termes courants de ses détracteurs), ni le plaisir de la fresque ou de la &#8216;patine&#8217; vintage qu&#8217;il sait donner à ses films, encore moins celui du &#8216;vieux réalisateur courageux&#8217; , mais plutôt l&#8217;humanité immense qui se dégage de ses visions mortuaires, entêtantes, surplombant et prolongeant chacun de ses films jusqu&#8217;à lier dans une perfection toujours illusoire, mais forcément poignante, la mise en scène d&#8217;une fiction et d&#8217;une réalité. Comme un soleil derrière tant de nuages, les films du grand Clint, demeurent ; il a trouvé là son immortalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Baptiste Doulcet</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-14979" title="4" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/41.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>J. Edgar<br />
Biopic, drame américain de Clint Eastwood<br />
Sortie : 11 janvier 2012<br />
Durée : 02h15<br />
Avec Leaonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer,&#8230;</p>
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		<title>Corpo celeste &#8211; Alice Rohrwacher</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/12/corpo-celeste-alice-rohrwacher/</link>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 13:55:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>Alice Rohrwacher</category><category>benzine</category><category>Cannes 2011</category><category>Corpo celeste</category><category>premier film</category>
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		<description><![CDATA[On associe assez logiquement l’Italie au catholicisme, entre autres pour des raisons historiques, et plus prosaïquement parce que le Pape siège au Vatican au cœur de Rome. Dans Corpo celeste, le premier film de la toscane Alice Rohrwacher, la religion a une part importante puisqu’au travers du rite des préparatifs de sa confirmation, elle sert [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-14908" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche3.jpg" alt="" width="160" height="213" />On associe assez logiquement l’Italie au catholicisme, entre autres pour des raisons historiques, et plus prosaïquement parce que le Pape siège au Vatican au cœur de Rome. Dans <em>Corpo celeste</em>, le premier film de la toscane <strong>Alice Rohrwacher</strong>, la religion a une part importante <span id="more-14907"></span>puisqu’au travers du rite des préparatifs de sa confirmation, elle sert pour la jeune héroïne Marta à la fois de lien social et de référence dans la découverte de son rapport au monde. Lien social d’abord, puisqu’en compagnie de sa mère et de sa sœur aînée, elle est de retour à Reggio (en Calabre, au pied de la botte) après des années passées en Suisse. Ce phénomène dit de ‘l’émigration de retour’ tend à s’accroître dernièrement comme marqueur de la crise et du chômage qui touchent même les régions industrielles et pourvoyeuses d’emploi. Ensuite, la religion et ses traditions comme un prisme au travers duquel la petite Marta regarde l’univers des adultes qui l’entoure, sentant poindre sans le nommer le désenchantement.</p>
<p style="text-align: justify;">Le tableau presque documentaire que dresse Alice Rohrwacher de la région dévastée – une vision qui n’est pas sans rappeler celle du Naples de <em>Gomorra</em> – et de ses habitants en voie de paupérisation n’a en effet rien de réjouissant. À côté de l’adolescente, deux autres figures se détachent de l’ensemble : celle du père Mario (sosie de Houellebecq), un prêtre ambitieux qui collecte les signatures pour un candidat député dans l’objectif de s’attirer les bonnes grâces de l’évêque et d’être ainsi muté dans une paroisse plus prestigieuse (agissements qui en disent long sur la collusion entre clergé et monde politique) et celle de Santa, sa bonne et assistante, entièrement dévouée, dévouement qui confine à l’amour, réglant d’une main de fer les répétitions des futurs et dissipés confirmés.<br />
Au sein d’une communauté traditionnaliste, soucieuse de respecter avec scrupule les enseignements des Évangiles, Marta vit des instants cruciaux où se profile la fin de l’enfance (la survenue des premières règles comme signe évident). Souvent muette et rebelle, enfermée dans la salle de bains, protégée par une mère qui tient à distance la sœur jalouse et dirigiste, elle observe de ses yeux bleus les petites combines du prêtre qu’elle accompagne par hasard dans la recherche du crucifix pour le décor de la fête de la confirmation lors d’une excursion dans un village abandonné, niché dans la montagne et dont le seul occupant semble être un vieil abbé.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans des tons verts et bleus, Alice Rorhwacher joue des oppositions entre traditionalisme et modernité, entre le corps divin figuratif et celui bien réel et en transformation de Marta. <em>Corpo celeste</em> donne aussi l’impression d’intemporalité : on pourrait être aussi bien aujourd’hui que trente ans en arrière. Il réussit par ailleurs à distiller une succession d’ambiances disparates, de l’étrangeté à l’angoisse, du malaise à la cocasserie, sans jamais oblitérer le décor oppressant d’une ville rongée par la misère, aux multiples constructions en chantier, aux plages transformées en cour des miracles et refuges ultimes des gamins déshérités. Des zones interdites et dangereuses qui attirent comme un aimant maléfique la petite Marta.<br />
Alice Rohwacher se révèle une réalisatrice prometteuse, portant un regard intelligent et insolite sur un groupe de personnes au travers du point de vue d’une gamine sur le point de quitter l’enfance et d’affronter le monde des adultes qu’elle pressent décevant et plein de désillusions putatives.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-14909" title="3_5" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/3_5.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">Corpo celeste<br />
Drame français, suisse, italien d&#8217;Alice Rohrwacher<br />
Sortie : 21 décembre 2011<br />
Durée : 01h40<br />
Avec Yle Vianello, Salvatore Cantalupo, Anita Caprioli,&#8230;</p>
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		<title>Les Acacias &#8211; Pablo Giorgelli</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/10/les-acacias/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Jan 2012 15:12:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Zorgniotti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

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		<description><![CDATA[Un huis clos dans l'habitacle d'un poids lourd, des (anti) héros mutiques...On pourrait guetter l'ennui et pourtant le premier film de l'Argentin Pablo Giorgelli est une petite parenthèse de douceur dans un monde de brutes. Caméra d'Or Cannes 2011.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/lesacacias.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-14849" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/lesacacias.jpg" alt="" width="160" height="213" /></a>Un huis clos dans l&#8217;habitacle d&#8217;un poids lourd, des (anti) héros mutiques&#8230;On pourrait guetter l&#8217;ennui et pourtant le premier film de l&#8217;Argentin Pablo Giorgelli est une petite parenthèse de douceur dans un monde de brutes. Caméra d&#8217;Or Cannes 2011.<span id="more-14845"></span></p>
<p style="text-align: justify;">La géographie de l&#8217;Argentine favorise le road movie. Rappelons nous notamment <strong>Tan de Repente</strong>, rappelons nous surtout les films de Carlos Sorin, <strong>El cammino de San Diego</strong> ou <strong>Historias Minimas</strong>. Ce film aurait d&#8217;ailleurs pu s&#8217;appeler ainsi, &laquo;&nbsp;historia minima&nbsp;&raquo; tant la trame est simple, évidente. Un chauffeur routier (Ruben) se voit contraint de transporter dans son poids lourd une femme paraguayenne (Jacinta) accompagnée de son bébé &#8211; une fille &#8211; de 5 mois. Le voyage durera environ 1000 kilomètres, jusqu&#8217;à Buenos Aires, et 85&#8242;. Le quinquagénaire est pour le moins réticent et hésite à abandonner ses passagères dès le poste frontière. Mais petit à petit, l&#8217;homme, aussi bourru et mutique que le bois qu&#8217;il transporte, va se dérider et commencer à apprécier cette douce présence venu troubler puis égayer son univers, l&#8217;habitacle de son camion devenant le lieu privilégié d&#8217;un certain rapprochement. Nous sortirons quand même quelquefois de cet étouffant endroit, Giorgelli donnant un peu d&#8217;air à son récit par quelques scènes d&#8217;extérieur comme autant de pauses dans ce long voyage.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme les films de Sorin, <strong>Les Acacias</strong> est ancré dans la réalité avec des aspects documentaires. Il évoque sans doute le néo-réalisme italien aussi pour son intérêt pour les &laquo;&nbsp;petits&nbsp;&raquo;, ces personnages du commun qui ne sont pas épargnés par la vie. Si sans aucun grand effet le film évite l&#8217;ennui, il évite aussi le pathos : Ruben et Jacinta vont un peu se découvrir mais par touches, autant par quelques mots, quelques confidences (le bébé n&#8217;a pas de père, Ruben a un fils qu&#8217;il n&#8217;a pas vu depuis 8 ans) que par des regards et des gestes esquissés. Tout est affaire de retenue et cela n&#8217;en est que plus touchant.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour son premier film, Giorgelli trouve le ton juste. L&#8217;interprétation est parfaite, notamment la petite fille de 5 mois ; à se demander comment on fait pour la faire jouer avec autant de naturel à part se mettre totalement au diapason des humeurs et désirs de ce petit bébé. En tout cas, c&#8217;est réussi sans tomber dans la niaiserie béate des photos d&#8217;Anne Geddes. Le ton juste, je vous dis&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Arrivés à Buenos Aires, cette fausse famille de circonstance va devoir se quitter, Jacinta et sa fille ont rejoint leur famille. A moins que Ruben dans un effort touchant ne propose à la jeune femme de la revoir. Le début d&#8217;une amitié future, voire plus&#8230;Nous ne le saurons pas car <strong>les Acacias</strong> se termine là, sur cette belle promesse. Tout comme ce joli film, Caméra d&#8217;or à Cannes et honoré dans de nombreux festivals,  fait de son auteur une déjà belle promesse.</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/3_5.gif" alt="3_5.gif" width="75" height="14" border="0" /></p>
<p>Les Acacias<br />
Road Movie hispano-argentin de Pablo Giorgelli<br />
Sortie le 4 janvier 2012<br />
Durée : 1h25<br />
avec German de Silva, Hebe Duarte, Nayra Calle Mamani</p>
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		<title>Une vie meilleure &#8211; Cédric Kahn</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2012/01/07/une-vie-meilleure-cedric-kahn/</link>
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		<pubDate>Sat, 07 Jan 2012 14:19:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Patrick Braganti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
<category>benzine</category><category>Cédric Kahn</category><category>Sarlat 2011</category><category>Toronto 2011</category><category>Une vie meilleure</category>
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		<description><![CDATA[Lorsque Yann, accompagné de sa récente petite amie Nadia et de Slimane, le fils de cette dernière, découvre par hasard un grand chalet en piteux état au milieu des bois, il voit là la chance de sa vie : quitter son boulot de cuisinier dans une cantine pour ouvrir son propre restaurant et travailler pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-14770" title="affiche" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/affiche2.jpg" alt="" width="160" height="213" />Lorsque Yann, accompagné de sa récente petite amie Nadia et de Slimane, le fils de cette dernière, découvre par hasard un grand chalet en piteux état au milieu des bois, il voit là la chance de sa vie : quitter son boulot de cuisinier dans une cantine pour ouvrir son propre restaurant et travailler pour lui. <span id="more-14769"></span>Si le titre du nouveau film de <strong>Cédric Kahn</strong> annonce <em>Une vie meilleure</em>, la suite des événements va hélas cruellement démentir les perspectives alléchantes. Partie tenter sa chance au Canada, Nadia confie la garde de Slimane à Yann qui, couvert de dettes et dans l’incapacité d’ouvrir son restaurant, devient la proie des créanciers et autres marchands de sommeil.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Une vie meilleure</em> est un film bancal aux multiples bifurcations qui sèment le doute sur les réelles intentions de son auteur. L’installation des personnages et de la situation, qui procède par séquences brèves et elliptiques, laisse d’abord penser que c’est la dimension sociale sous fond de crise économique, de précarité et de rapacité des banquiers et des ‘vautours’ qui guettent tapis dans l’ombre la chute annoncée du naïf entrepreneur qui intéresse le réalisateur de <em>L’Ennui</em>. Mais le départ de Nadia outre-Atlantique, s’il imprime un ralentissement dans le rythme et opte pour un traitement tournant le dos à l’ellipse et à la suggestion, déporte aussi le film vers la relation Yann-Slimane, le premier père et éducateur de substitution pour le second, perturbé par la fuite de sa mère. Ensuite, les problèmes matériels de Yann reviennent par la fenêtre avec l’entrée en jeu d’un marchand de sommeil conduisant dès lors le film vers l’action, presque le thriller, avec ses poursuites, ses magouilles et l’évasion vers Montréal, pour aboutir à une dernière demi-heure franchement sentimentale et étirée, qui abandonne du coup la thématique originelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, difficile de démêler l’écheveau et de faire le partage dans ce film patchwork qui, pour le dire de manière plus crue, donne l’impression de bouffer à tous les râteliers en déployant la panoplie de tous les avatars possibles d’une affaire mal engagée dès le début. Une telle naïveté pour sympathique et attachante qu’elle soit ne peut cependant pas cautionner un comportement enfantin et irréfléchi et, du coup, place le spectateur dans une situation inconfortable quand Yann admoneste le jeune garçon pour un vol de chaussures de sport, alors que lui-même auparavant n’a guère eu de scrupules à truander les travaux de rénovation de sa future affaire.<br />
La vision enjolivée et parcellaire de la précarité et des dommages provoqués par la crise sur une population fragile, ne possédant pas à l’évidence les moyens de mener à bien un projet hors de portée, donne ici naissance à une œuvre gentillette, à la sentimentalité croissante, mais qui à force d’emprunter de nouvelles pistes, n’autorise pas l’approfondissement et, par conséquent, la pleine adhésion du spectateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Patrick Braganti</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-14771" title="2" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/2.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">Une vie meilleure<br />
Drame français, canadien de Cédric Kahn<br />
Sortie : 4 janvier 2012<br />
Durée : 01h50<br />
Avec Guillaume Canet, Leila Bekhti, Slimane Khattabi,&#8230;</p>
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