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	<title>Benzine Magazine &#187; Littérature</title>
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	<description>musique, cinéma, littérature, bande-dessinée</description>
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			<item>
		<title>Le dernier train du monde, de William Pierre</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2010/03/13/le-dernier-train-du-monde-de-william-pierre/</link>
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		<pubDate>Sat, 13 Mar 2010 15:37:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Biberonné à Prefab Sprout et à l'indécision, le héros de William Pierre, casse-tête au cerveau et Ipod aux oreilles, c'est un peu chacun de nous.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2010_01/1473DTDM.jpg" alt="1473DTDM.jpg" align="left" width="148" height="200" border="0" />Ultra moderne solitude. C&#8217;est dans cette ambiance pas vraiment primesautière qu&#8217;est plongé le héros du deuxième roman de <strong>William Pierre</strong>, après le remarqué <em>Samedi soir, un dj a sauvé ma vie</em>. Mais une solitude de profondeur, puisqu&#8217;à la surface, Stéphane a une femme (mais qu&#8217;il pense ne plus aimer), un boulot (conducteur de métro, ce qu&#8217;il n&#8217;aime plus du tout, ça il en est sûr), des hobbies très contemporains (il blogue énormément, et rêvasse de vie meilleure, son Ipod dans les oreilles).<br />
Alors, plutôt que de rester sur les lignes droites des rames qu&#8217;il enfile, comme de rester sur les lignes claires d&#8217;une existence monotone, Stéphane s&#8217;évade, à défaut de changer de vie. Il s&#8217;imagine en cow-boy solitaire, plongé dans l&#8217;album <em>Steve McQueen</em> des <strong>Prefab Sprout</strong>, et joue la carte de la schizophrénie musicale et web 2.0. Mais est-ce la meilleure solution pour changer de cap ? Les autres vont s&#8217;en charger à sa place, lui qui n&#8217;ose pas prendre les initiatives&#8230;</p>
<p>On pourra qualifier ce roman de &laquo;&nbsp;générationnel&nbsp;&raquo; puisqu&#8217;il risque de ne faire écho que chez les trentenaires, biberonnés aux Inrocks et habitant dans des quartiers (péri)urbains. En effet, les références culturelles qui jalonnent ce court récit spleenesque sont très ciblées, mais ne pas s&#8217;arrêter à ce détail : <em>Le dernier train du monde</em> interroge au final tout ce que l&#8217;homme décide ou fait de son existence, qui n&#8217;est que choix, désirs, contraintes, renoncements. Et si l&#8217;originalité et l&#8217;efficacité ne sont pas les meilleurs atouts de l&#8217;ouvrage, il n&#8217;en demeure pas moins une agréable sensation de familiarité, comme si Stéphane, c&#8217;était nous, avec nos atermoiements incessants, nos envies d&#8217;ailleurs, nos passions qu&#8217;on pense partageables et qui ne le sont pas toujours.</p>
<p><strong>William Pierre</strong>, de manière tranquille et de plus en plus mélancolique, impose son style musical, bardé de goûts éclectiques parfaits et de visions cinématographiques plan large. Le scénario a beau paraître un peu usé, la pellicule est intacte, la plume inspirée, le lecteur emporté. </p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" alt="4.gif" width="75" height="14" border="0" /></p>
<p>Le Dernier train du monde, de William Pierre<br />
Editions Jacques André,  150 pages, 13 €<br />
Date de parution : décembre 2009.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Mathusalem &amp; Cie, de Jacques Girardon</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2010/02/10/mathusalem-cie-de-jacques-girardon/</link>
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		<pubDate>Wed, 10 Feb 2010 10:20:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Un journaliste scientifique insère les questionnements génétiques du 21ème siècle dans une fiction surréaliste et mordante. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2010_01/mathu.jpeg" border="0" alt="mathu.jpeg" width="130" height="200" align="left" />Immortels :<strong> Enki Bilal</strong> et <strong>Dominique A</strong> ont rêvé de l&#8217;être, et l&#8217;ont exprimé en dessins ou en musique. Eugène Galton, le héros du premier roman de <strong>Girardon</strong>, rédacteur du magazine &laquo;&nbsp;Science et avenir&nbsp;&raquo;, le désire ardemment. Jusqu&#8217;à l&#8217;obsession.<br />
Quidam jusqu&#8217;à la moelle, Galton a un jour peur de vieillir et de mourir, comme tout un chacun finalement. Sauf que lui va jusqu&#8217;au bout de sa quête, découvre tout un pan de l&#8217;innovation scientifique actuelle, notamment en matière de génétique. Et s&#8217;attaque de front aux grandes questions existentielles du 21ème siècle : L&#8217;homme peut-il être cloné indéfiniment ? L&#8217;objet de toutes les retouches possibles ? Eternellement jeune, fougueux et néanmoins toujours angoissé et insatisfait ?</p>
<p><strong>Jacques Girardon</strong> n&#8217;y va pas de main morte : <em>Mathusalem &amp; Cie</em> s&#8217;avère dès le départ un roman hybride intrigant, entre fiction surréaliste teintée d&#8217;humour noir et article scientifique rigoureux. Le spécialiste des avancées génétiques semble s&#8217;amuser à insérer ses savoirs autour d&#8217;un postulat avant-gardiste inventé et apte à de nombreux rebondissements (jusqu&#8217;au final malheureusement trop traditionnel pour emporter l&#8217;adhésion).</p>
<p>Mais, pour qui n&#8217;est pas allergique aux explications scientifiques à rallonge, <strong>Mathusalem &amp; cie</strong> reste un passionnant témoignage, entre pamphlet et prophétie, des ambitions trop grandes pour l&#8217;Homme qui désire contrôler son avenir, son corps, sa vie.</p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/3.gif" border="0" alt="3.gif" width="75" height="14" /></p>
<p>Mathusalem &amp; Cie, de Jacques Girardon<br />
Le Dilletante, 288 pages, 20 €<br />
Date de parution : janvier 2010.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Exit le fantôme, de Philip Roth</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2010/01/09/exit-le-fantome-de-philip-roth/</link>
		<comments>http://www.benzinemag.net/2010/01/09/exit-le-fantome-de-philip-roth/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 09 Jan 2010 08:54:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>Fantôme</category><category>mort</category><category>New York</category><category>Philip</category><category>roman</category><category>Roth</category><category>vieillesse</category>
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		<description><![CDATA[En tuant progressivement son personnage fétiche, Philip Roth réussit un impeccable roman sur la vieillesse et son naufrage intellectuel et sexuel, tout en restant toujours aussi élégant et puissant. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2010_01/Exit_le_fantome.jpg" border="0" alt="Exit_le_fantome.jpg" width="180" height="257" align="left" />Nathan Zuckerman sent sa fin proche. Reclus dans une villa paisible loin de New York, la ville de sa vie, il revient néanmoins vers cette dernière pour une opération de la prostate. Mais il y retrouve également une ancienne amante qu&#8217;il n&#8217;a pas revu depuis des décennies, Amy Bellette, ainsi qu&#8217;un jeune journaliste-écrivain antipathique qui prétend dévoiler le passé trouble d&#8217;un des écrivains préférés de Zuckerman, Lonoff, qui fut également un des compagnons de l&#8217;Amy retrouvée. Ces rencontres plus ou moins heureuses vont obliger notre écrivain à rester quelque temps dans Big Apple, et il rencontrera ainsi, pour un échange de résidences, un jeune couple d&#8217;écrivains dont il va s&#8217;éprendre de la moitié féminine.<br />
Ce résumé peut prouver à quel point les thèmes de <strong>Roth</strong> ne changent pas. C&#8217;est la neuvième fois que l&#8217;on retrouve Nathan Zuckerman au centre de rebondissements intellectuels et sexuels, c&#8217;est la neuvième fois que New York est l&#8217;idéale toile de fond d&#8217;un milieu bourgeois aisé qui aime à s&#8217;interroger sur la société, les hommes, le pouvoir, les arts et la sexualité contemporaine. C&#8217;est la neuvième preuve, enfin, que Zuckerman est certainement le double (presque pas fantasmé, bien réel) de <strong>Philip Roth</strong>.<br />
Alors oui, les thèmes varient peu, mais le ton et l&#8217;ambiance du roman ont évolué. Place au gris, à la triste mine, aux idéaux perdus, et aux rêves lessivés. Zuckerman bande mou, il s&#8217;invente plus qu&#8217;il ne construit les relations amoureuses qui s&#8217;instaurent dans ce roman de fin de règne, les joutes amoureuses deviennent des répliques de théâtre sur papier glacé, la drague d&#8217;antan a laissé la place à des discussions moins passionnées mais lucides quant à leur aboutissement final. L&#8217;évolution également du milieu littéraire new-yorkais s&#8217;est bien ternie, l&#8217;admiration pour ses pairs a laissé la place à l&#8217;arrivisme cynique de jeunes loups qui veulent absolument ternir l&#8217;aura de leurs aînés en osant des scoops sur leurs parts d&#8217;ombre.<br />
<strong>Philip Roth,</strong> pour illustrer ce monde zuckermanien qui n&#8217;est plus que l&#8217;ombre de lui-même, peuplé de ces fantômes d&#8217;une vie révolue qu&#8217;il s&#8217;acharne à faire exister de nouveau, impose une écriture encore une fois magistrale, unique, un style à la fois très simple mais très recherché, qui explore tous les sentiments que peuvent traverser les personnages de son roman. Si son héros de toujours s&#8217;assagit, décline et avance lentement vers sa mort, l&#8217;auteur n&#8217;a jamais été aussi inventif, alerte et élégant. La vieillesse et la désillusion n&#8217;ont jamais été aussi bien traitées dans un roman actuel, c&#8217;est vraiment du grand art.</p>
<p style="text-align: justify">Jean-François Lahorgue</p>
<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/5.gif" border="0" alt="5.gif" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify">Exit le fantôme, de Philip Roth<br />
Gallimard, 326 pages, 20 € environ.<br />
Date de parution : octobre 2009.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le Club des caméléons, de Milan Dargent</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2010/01/06/le-club-des-cameleons-de-milan-dargent/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Jan 2010 10:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Pas totalement nostalgiques, toujours empreintes d'humour, les mémoires du jeune Milan se lisent très agréablement, et donnent presque envie de tenter soi-même cet exercice de style frais, simple. Un régal.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2010_01/L63331.jpg" border="0" alt="L63331.jpg" width="150" height="200" align="left" /></p>
<p>L&#8217;autobiographie peut revêtir plusieurs formes. La chronologie, le flash-back, l&#8217;anecdote détaillée&#8230;Monsieur Dargent a lui choisi un Who&#8217;s Who éclectique des personnages qui ont jalonné son existence jusqu&#8217;aujourd&#8217;hui. Qu&#8217;ils soient réels ou imaginaires, célèbres ou pas, furtifs ou durables, les gens de la vie de l&#8217;auteur ont, finalement, posé chacun une pierre dans son édifice personnel, cet édifice qui fait ce qu&#8217;il est devenu aujourd&#8217;hui. Et qu&#8217;ils soient de bons ou de mauvais souvenirs ne change rien à l&#8217;affaire, ce roman leur rend hommage.</p>
<p>Pêle-mêle, nous trouvons dans ce recueil de souvenirs croquignolets son petit chien de compagnie Youki qui s&#8217;en est un jour allé sans prévenir personne, en solitaire, Napoléon Bonaparte et le Che, figures de proue de ses années lycéennes, Bertrand et Fred, compagnons de route et de galères, Lou Reed, son idole qui vaut à Milan Dargent les plus belles pages de ce livre, pages enfiévrées d&#8217;un fan qui décrit mieux que personne ses émotions à l&#8217;écoute de l&#8217;artiste.</p>
<p>Pas totalement nostalgiques, toujours empreintes d&#8217;humour, les mémoires du jeune Milan se lisent très agréablement, et donnent presque envie de tenter soi-même cet exercice de style où chaque paragraphe, tel un fragment d&#8217;existence, est titré d&#8217;un prénom et annonce l&#8217;élément central d&#8217;une anecdote savoureuse et sa conséquence dans la vie actuelle de l&#8217;auteur.</p>
<p>En somme, un petit régal, simple et frais, pour démarrer une année drôle et ouatée.</p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" border="0" alt="4.gif" width="75" height="14" /></p>
<p>Le Club des caméléons, de Milan Dargent.<br />
Editions du Dilettante, 158 pages, 14 €<br />
Date de parution : janvier 2010.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Des hommes, de Laurent Mauvignier</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2009/12/28/des-hommes-de-laurent-mauvignier/</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 14:20:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>algérie</category><category>écrivain</category><category>français</category><category>guerre</category><category>Mauvignier</category><category>roman</category><category>roman de l039année 2009</category>
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		<description><![CDATA[Grand roman sur le vide, sur la culpabilité, sur le désespoir, mais aussi sur l'envie de l'oubli et le besoin d'amour, Des hommes, en évoquant un conflit très peu étudié dans la fiction française, est un livre rare et indispensable à plus d'un titre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/mauvignier.jpg" border="0" alt="mauvignier.jpg" width="150" height="207" align="left" /><strong>Laurent Mauvignier</strong> est, et sera pour longtemps je l&#8217;espère, l&#8217;écrivain des non-dits, le témoin de ceux qui n&#8217;arrivent pas à fermer leurs cicatrices mais les laissent à jamais cachées, jusqu&#8217;à la fissure, le trop-plein, l&#8217;explosion.</p>
<p style="text-align: justify">Déjà, son précédent et magnifique roman nous plongeait dans l&#8217;enfer du drame du stade du Heysel, à travers le parcours de quidams avant, pendant et après la catastrophe, du bonheur de l&#8217;événement sportif aux âmes meurtries et endeuillées à jamais. Ces moments où tout bascule, les vies irrémédiablement sapées par des points de non-retours effroyables. Dans la foule restait jusque-là un des meilleurs romans français de ces dernières années.</p>
<p style="text-align: justify">Et <em>des hommes </em>de lui ravir le pion, ou du moins de se hisser de son côté. Car ce nouveau immense livre s&#8217;éloigne de la tourmente des personnages inscrits dans un événement spectaculaire, il s&#8217;attache au contraire à cerner le quotidien de ceux qui ne se sont pas remis d&#8217;une histoire récente, un peu floue pour tout le monde, mais qu&#8217;il convient d&#8217;effacer des conversations, voire d&#8217;omettre pour ne pas polémiquer. Et <strong>Mauvignier,</strong> ainsi, prend à bras le corps la guerre d&#8217;Algérie et ses séquelles indélébiles sur les pauvres paysans qui l&#8217;ont endurée sans y être préparés. Conflit opaque, dont on parle peu (&nbsp;&raquo;C&#8217;est pas non plus Verdun&nbsp;&raquo;, comme le dit l&#8217;un des vieux habitants du village). Oui, petite guerre, c&#8217;est vrai, peu médiatique, mais grosses conséquences, car chaque guerre recèle son lot de tueries, d&#8217;horreurs et de traumatismes.</p>
<p style="text-align: justify">Mais ça, les Bernard, Février, Rabut&#8230;qui composent ce roman à plusieurs voix, plusieurs tons et plusieurs époques, ceux-là n&#8217;en causent pas, tout est gardé (mais non enterré) et quand tout explose, au détour d&#8217;un petit fait divers dans un village qui mêle désir, xénophobie et dépression, c&#8217;est toute une plaie mentale et collective qui s&#8217;ouvre, tout ressurgit, et le lecteur sidéré découvre au travers des témoignages puissants le quotidien insupportable des appelés d&#8217;Algérie sur le terrain maghrébin, face à l&#8217;ennemi, aux choix insolubles, et à la mort.</p>
<p style="text-align: justify">Histoire puissante, écriture à l&#8217;avenant : <strong>Laurent Mauvignier</strong>, comme à l&#8217;accoutumée, évoque le sujet par d&#8217;intenses monologues, phrases heurtées, flots de paroles et de sensations, l&#8217;urgence et le trop-plein des choses non dites qui se déversent le long de pages très fortes, qui vous submergent de leur puissance et de leur beauté. La crudité des faits, des paroles, des actes est intelligemment portée par le style magnifique de l&#8217;auteur, qui mixe mémoire individuelle et évocation historique collective, le quotidien quarante ans après le conflit, et les origines larvées des conséquences fatales actuelles.</p>
<p style="text-align: justify">Grand roman sur le vide, sur la culpabilité, sur le désespoir, mais aussi sur l&#8217;envie de l&#8217;oubli et le besoin d&#8217;amour, Des hommes, en évoquant un conflit très peu étudié dans la fiction française, est un livre rare et indispensable à plus d&#8217;un titre.</p>
<p style="text-align: justify">Jean-François Lahorgue</p>
<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/5.gif" border="0" alt="5.gif" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify">Des Hommes, de Laurent Mauvignier<br />
Editions de Minuit, 288 pages, 18 € environ<br />
Date de parution : octobre 2009.</p>
<p class="fbconnect_share"><fb:share-button class="url" href="http://www.benzinemag.net/2009/12/28/des-hommes-de-laurent-mauvignier/" /></p>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Les meilleurs romans de 2009 : le choix de la rédaction</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2009/12/23/les-meilleurs-romans-de-2009-le-choix-de-la-redaction/</link>
		<comments>http://www.benzinemag.net/2009/12/23/les-meilleurs-romans-de-2009-le-choix-de-la-redaction/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 23 Dec 2009 13:11:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoit Richard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>best of 2009</category><category>Des Hommes</category><category>Exit le fantôme</category><category>Jonathan Coe</category><category>La pluie avant qu039elle tombe</category><category>Laurent Mauvignier</category><category>Les meilleurs romans 2009</category><category>Philip Roth</category><category>top romans</category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.benzinemag.net/?p=5009</guid>
		<description><![CDATA[Voici les dix meilleurs romans de 2009 choisis par notre rédaction :



1. Des Hommes, de Laurent Mauvignier
2. Exit le fantôme, de Philip Roth
3. La pluie avant qu&#8217;elle tombe, de Jonathan Coe
4. Trois femmes puissantes, de Marie Ndiaye
5. Quand je serai roi, de Enrique Serna
6. La Vérité sur Marie, de Jean-Philippe Toussaint
7. L&#8217;atelier d&#8217;écriture, de Chefdeville
8. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici les dix meilleurs romans de 2009 choisis par notre rédaction :<span id="more-5009"></span><br />
</br><br />
</br><br />
<img title="mauvignier.jpg" src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/mauvignier.jpg" border="0" alt="mauvignier.jpg" width="125" height="175" /><img title="Philip_Roth._Exit_le_fant_me.jpg" src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/Philip_Roth._Exit_le_fant_me.jpg" border="0" alt="Philip_Roth._Exit_le_fant_me.jpg" width="120" height="177" /><img title="991403_gf.jpg" src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/991403_gf.jpg" border="0" alt="991403_gf.jpg" width="120" height="176" /></p>
<p><strong>1. Des Hommes, de Laurent Mauvignier</strong><br />
2. Exit le fantôme, de Philip Roth<br />
3. La pluie avant qu&#8217;elle tombe, de Jonathan Coe<br />
4. Trois femmes puissantes, de Marie Ndiaye<br />
5. Quand je serai roi, de Enrique Serna<br />
6. La Vérité sur Marie, de Jean-Philippe Toussaint<br />
7. L&#8217;atelier d&#8217;écriture, de Chefdeville<br />
8. Un mensonge sur mon père, de John Burnside<br />
9. Jan Karski, de Yannick Haennel<br />
10. La cendre aux yeux, de Jean Forton (réédition)</p>
<p class="fbconnect_share"><fb:share-button class="url" href="http://www.benzinemag.net/2009/12/23/les-meilleurs-romans-de-2009-le-choix-de-la-redaction/" /></p>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;échappée belle, de Anna Gavalda</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2009/12/04/lechappee-belle-de-anna-gavalda/</link>
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		<pubDate>Fri, 04 Dec 2009 19:46:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>Anna</category><category>chanson</category><category>enfance</category><category>France</category><category>Gavalda</category><category>nostalgie</category><category>roman</category><category>sentiments</category>
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		<description><![CDATA[Paru en 2001, à l'époque où Anna Gavalda n'avait pas encore de trop fortes prétentions littéraires et s'en tenait au charme désuet et sympathique qui faisait la force de ses premières nouvelles, l'échappée belle est un roman Herta, en somme, mais qui a le mérite de ne pas se prendre pour ce qu'il n'est pas.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/Anna_Gavalda_lechappee_belle.jpg" border="0" alt="Anna_Gavalda_lechappee_belle.jpg" width="150" height="250" align="left" />Légère appréhension à la réception du nouveau livre de Miss <strong>Gavalda</strong> : n&#8217;ayant pas du tout aimé son précédent pavé <em>la consolante</em>, je pensais en avoir terminé avec l&#8217;auteur à succès de pensums pétris de bons sentiments et de relations humaines chaleureuses. Cependant, l&#8217;épaisseur infime de l&#8217;ouvrage (160 pages) et sa belle couverture m&#8217;ont décidé à l&#8217;ouvrir.</p>
<p style="text-align: justify">J&#8217;ai bien fait. Non pas que cette réédition d&#8217;un ouvrage paru chez France Loisirs en 2001 soit un véritable chef-d&#8217;oeuvre, mais c&#8217;était l&#8217;époque où <strong>Anna Gavalda</strong> n&#8217;avait pas de prétentions littéraires mais préférait ce charme désuet et sympathique qui fait la force de ses premières nouvelles. Pas de style littéraire ampoulé ou volontairement compliqué, comme la construction syntaxique du livre d&#8217;avant, pas d&#8217;intrigues à foison qui perdent complètement le lecteur, retour aux choses simples, vraies. Un roman Herta, en somme, mais qui a le mérite de ne pas se prendre pour ce qu&#8217;il n&#8217;est pas.</p>
<p style="text-align: justify">L&#8217;histoire en deux mots : Garance retrouve ses deux frères et sa soeur le temps d&#8217;un week-end de mariage d&#8217;une lointaine cousine, et la fratrie retrouvée s&#8217;échappe loin des tumultes familiaux pour se retrouver, et retrouver également un peu de nostalgie de l&#8217;enfance perdue.<br />
Rien de nouveau sous le soleil gavaldien, mais au moins, on revient ici sur ce qu&#8217;elle réussit de mieux, même si ce n&#8217;est pas du tout ma tasse de thé. A noter cependant un joli final où Garance énumère les morceaux de musique que son frère lui a gravés sur un cd, des chansons qui marquent des périodes de l&#8217;existence, des musiques comme autant de pierres blanches laissées sur le parcours de chacun. Convenu ? Oui, mais toujours émouvant.</p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/3.gif" border="0" alt="3.gif" width="75" height="14" /></p>
<p>L&#8217;échappée belle, de Anna Gavalda<br />
Le Dilettante, 168 pages, 9 € environ<br />
Date de parution : novembre 2009.</p>
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		<title>Les Hommes préfèrent les connes, de Franck Ruzé</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2009/11/29/les-hommes-preferent-les-connes-de-franck-ruze/</link>
		<comments>http://www.benzinemag.net/2009/11/29/les-hommes-preferent-les-connes-de-franck-ruze/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 17:42:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>amitié</category><category>amour</category><category>écrivain</category><category>femme</category><category>femmes</category><category>français</category><category>Franck</category><category>humour</category><category>marivaudage</category><category>roman</category><category>Ruzé</category><category>sexe</category>
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		<description><![CDATA[Humour et grosse dérision, clichés, détails drôles, et grands principes sur l'amour, <strong>Franck Ruzé</strong> a peaufiné un petit délice, même si parfois trop léger, mais à mettre entre toutes les mains.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/7030_167290520249_687250249_4154926_6141318_n.jpg" border="0" alt="7030_167290520249_687250249_4154926_6141318_n.jpg" width="160" height="240" align="left" /></p>
<p style="text-align: justify">La jeunesse dorée, les trentenaires branchés, ces milieux semblent être le terreau idéal pour que les mots de <strong>Franck Ruzé</strong> soient couchés sur papier. Sûrement parce qu&#8217;il les connaît bien, ces milieux. Il en fait même partie, à coup sûr. Car depuis <em>0% </em>et <em>666</em>, ses deux précédents romans, pendants français des premiers <strong>Bret Easton Ellis</strong>, l&#8217;écrivain est un parfait entomologiste des vies à peine dissolues de bobos en plein doute sentimental et existentiel. Mais l&#8217;auteur vieillit (un peu), ses personnages aussi. Ils mûrissent, se questionnent de plus en plus, et cherchent enfin à se poser, voire aimer à long terme, voire vivre une aventure à deux. Mais avec qui ?</p>
<p style="text-align: justify">Court roman (64 pages, presque une nouvelle), sous la forme d&#8217;un dialogue ininterrompu entre deux ex, <em>Les Hommes préfèrent les connes</em> évoque les relations compliquées que peuvent entretenir les jeunes gens au début du 21ème siècle. Style ultra-réaliste, familier tendance CSP+ (on est pas dans les cités du 9-3), on parle de sexe, d&#8217;égoïsme, de marivaudage moderne, de jalousie ou de honte, mais surtout d&#8217;amour. In fine, nos deux protagonistes font émerger leur besoin criant de bonheur, puisque seuls, ils ne le trouvent pas. Mais le trouve-t-on dans un couple ? Ils n&#8217;ont pas encore connu cette chance, ils auraient pu, tous les deux, essayer de consolider tout ça, que leur amitié se transforme en amour éternel. Ils auraient pu&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Mais<strong> Ruzé</strong> n&#8217;aime pas les contes de fées, même si le romantisme ressort grandi de cette succession d&#8217;anecdotes sur les hommes et les femmes, connes ou idiots, franches ou hypocrites, intelligents ou lâches. La vie n&#8217;est pas rose, surtout quand on s&#8217;acharne à ne pas la revêtir de cette mièvre couleur.</p>
<p style="text-align: justify">Humour et grosse dérision, clichés, détails drôles, et grands principes, <strong>Franck Ruzé</strong> réalise un petit délice à mettre entre toutes les mains, même si l&#8217;entreprise s&#8217;avère un peu légère par rapport à ce que ce jeune homme a déjà écrit. Un interlude amusant, à l&#8217;image du duo dont on se demande jusqu&#8217;au bout s&#8217;ils vont finir par se remettre ensemble. Je vous laisse le soin de découvrir ça&#8230;</p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/3_5.gif" border="0" alt="3_5.gif" width="75" height="14" /></p>
<p>Les Hommes préfèrent les connes, de Franck Ruzé</p>
<p>Editions Pylone, 64 pages, 12 €</p>
<p>Date de parution : octobre 2009.</p>
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		<title>La Cendre aux yeux, de Jean Forton</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2009/11/28/la-cendre-aux-yeux-de-jean-forton/</link>
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		<pubDate>Sat, 28 Nov 2009 18:21:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne saurait trop remercier les éditons du Dilettante de remettre sur le devant de la scène des auteurs tombés dans l&#8217;oubli et qui ne le méritent pas. Après Gabriel Chevalier, Henri Calet, c&#8217;est au tour du Bordelais Forton, prétendant au Goncourt en 1957 avec cette Cendre aux yeux qui, cinquante ans après, impose encore [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/978_2_84263_182_6.jpg" border="0" alt="978_2_84263_182_6.jpg" width="166" height="250" align="left" />On ne saurait trop remercier les éditons du Dilettante de remettre sur le devant de la scène des auteurs tombés dans l&#8217;oubli et qui ne le méritent pas. Après <strong>Gabriel Chevalier, Henri Calet</strong>, c&#8217;est au tour du Bordelais <strong>Forton</strong>, prétendant au Goncourt en 1957 avec cette <em>Cendre aux yeux</em> qui, cinquante ans après, impose encore sa force incroyable et distinguée. Autobiographie déguisée ou pas, l&#8217;auteur ne pourra jamais nous répondre.</p>
<p style="text-align: justify">Mais, raconté à la première personne du singulier, ce parcours intime dans la peau d&#8217;un oisif décidé à séduire l&#8217;impossible, semble dévoiler la propre existence de <strong>Forton</strong>. Trentenaire décidé à observer la société plutôt que de s&#8217;y insérer, méprisant au passage tout ce qui semble révéler des gens &laquo;&nbsp;honnêtes et droits&nbsp;&raquo;, le héros du roman conchie les autres, se satisfait d&#8217;un quoitidien misérable qu&#8217;il évoque en noircissant les pages d&#8217;un journal presque intime. Mais qui manque de croustillant. Il se décide alors à endosser le costume trop grand pour lui du séducteur cynique, du chasseur de gros gibier qu&#8217;il adore malmener et faire souffrir, jusqu&#8217;à qu&#8217;il tombe sur une jeune proie, seize ans, dont il va tomber amoureux puis, par trop de faiblesse et trop de perversité, va la faire lentement glisser vers un terminus tragique.</p>
<p style="text-align: justify">Plus qu&#8217;un remake du grand <em>Lolita</em> de <strong>Nabokov</strong>, <strong>Forton</strong> dépasse rapidement le fait divers de moeurs pour proposer sa vision pessimiste d&#8217;un personnage qui sombre avec une étrange délicatesse dans la déchéance, et malheureusement, en y entraînant ceux qui n&#8217;ont rien demandé. Dans un style sec et cinglant, mais d&#8217;une élégance incroyable, il parvient à dresser le portrait attachant d&#8217;un cynique dégueulasse, le genre de pauvre type qui n&#8217;hésite pas à bousiller des vies pour donner un sens, même raté, à la sienne. Détonnant et étonnant, et résolument contemporain.</p>
<p>Jean-François Lahorgue<br />
<img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" border="0" alt="4.gif" width="75" height="14" /></p>
<p>La Cendre aux yeux, de Jean Forton<br />
Le Dilettante, 320 pages, 19 €<br />
Date de parution : octobre 2009.<img src="http://www.benzinemag.net/images/home/2009_11/jean_forton_la_cendre_aux_yeux_sainte_famille_M28927.jpg" alt="jean_forton_la_cendre_aux_yeux_sainte_famille_M28927.jpg" align="left" width="455" height="102" border="0" /></p>
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		<title>Marie NDiaye &#8211; Trois femmes puissantes</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2009/11/14/marie-ndiaye-trois-femmes-puissantes/</link>
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		<pubDate>Sat, 14 Nov 2009 13:51:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>2009</category><category>écrivain</category><category>exil</category><category>femmes</category><category>France</category><category>Gallimard</category><category>Goncourt</category><category>immigration</category><category>Marie</category><category>Ndiaye</category><category>puissantes</category><category>triptyque</category><category>voix</category>
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		<description><![CDATA[Trois femmes, trois récits, trois parties d'un foisonnant roman. <strong>Marie NDiaye </strong>propose un triptyque autour de l'exil et le choix de sa destinée. Trois portraits forts pour un livre impressionnant, lauréat du prix Goncourt de cette année 2009.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><img src="http://www.benzinemag.net/images/romans/2009_11/femmes.jpg" border="0" alt="femmes.jpg" width="200" height="296" align="left" />Trois femmes, trois récits, trois parties d&#8217;un foisonnant roman. <strong>Marie NDiaye </strong>propose un triptyque autour de l&#8217;exil et le choix de sa destinée. Trois portraits forts pour un livre impressionnant, lauréat du prix Goncourt de cette année 2009.</p>
<p style="text-align: justify">Elles s&#8217;appellent Norah, Fanta et Khady. Trois femmes différentes, mais unies par un seul dessein : rester dignes face à l&#8217;adversité. Norah est une jeune Française revenue à Dakar auprès de son père qu&#8217;elle n&#8217;a pas vu depuis dix ans. Ce père qu&#8217;elle a détesté et qu&#8217;elle trouve considérablement changé, enlaidi, et peu conforme à l&#8217;image forte qu&#8217;elle en avait gardée, ce père-là, donc, elle va devoir à nouveau l&#8217;affronter, accepter de lui parler après tant de silence, et l&#8217;aider dans une épreuve familiale qui le consume et qui mettra Norah face à un  dilemme sans précédent. Fanta est une jeune Africaine qui a suivi malgré elle son mari Rudy près de Bordeaux. Esseulée et sans travail, terrée avec son fils dans une maison qui lui reste étrangère, elle va silencieusement tout mettre en oeuvre pour changer le cours de cette existence qu&#8217;elle méprise. Du moins, c&#8217;est ainsi que le ressent son mari, puisque c&#8217;est lui le narrateur. Enfin, Khady va suivre le parcours douloureux de ceux qui veulent par tous les moyens s&#8217;enfuir de leur pays pour s&#8217;en sortir, pour exister. Quitte à y laisser sa vie, pour parvenir à son absolu, ce qui lui reste de dignité dans sa chair de femme.</p>
<p style="text-align: justify">Ce sont trois récits forts que nous propose l&#8217;auteur du déjà excellent <em>Rosie Carpe</em>. Le style très littéraire, l&#8217;accumulation d&#8217;adverbes et de propositions qui crée des phrases longues et intenses, rend surtout compte de la puissance intérieure qui anime les personnages féminins de <strong>Marie NDiaye</strong>. Coincées dans des vies qui les affaiblissent socialement, familialement ou économiquement, elles demeurent cependant assez déterminées, courageuses même aux limites de l&#8217;effondrement et du désespoir. Loin de tout pathos, avec une finesse dans les portraits psychologiques de ses héroïnes, l&#8217;écrivain, malgré un style parfois ampoulé, &laquo;&nbsp;trop écrit&nbsp;&raquo;, réussit la gageure de donner un témoignage des désarrois intérieurs de ces dames fragiles et même miséricordieuses, osant au passage une critique acerbe des problèmes de l&#8217;immigration franco-africaine, clandestine ou légale. Vue du Sénégal ou de Gironde, la France d&#8217;aujourd&#8217;hui paraît effectivement un peu &laquo;&nbsp;monstrueuse&nbsp;&raquo;, tout comme la destinée de Khady, dont le parcours en forme de chemin de croix est la partie la plus émouvante, la plus dure et la plus belle de l&#8217;ouvrage.</p>
<p style="text-align: justify"><em>Trois femmes puissantes</em>, avec sa force d&#8217;évocation fascinante, ses soupçons de fantastique insérés dans les voix intérieures des personnages, est, en faisant abstraction de la relative érudition de la syntaxe employée, l&#8217;un des ouvrages majeurs de cette année, auréolé d&#8217;un prix prestigieux amplement mérité.</p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p><img src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4_5.gif" border="0" alt="4_5.gif" width="75" height="14" /></p>
<p>Editeur : Gallimard, Collection : Blanche<br />
315 pages, 19 € environ<br />
Date de parution : septembre 2009</p>
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