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	<title>Benzine Magazine &#187; Littérature</title>
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	<description>Critiques musique, cinéma, littérature et bande dessinée</description>
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		<title>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit, de Delphine de Vigan</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 22:01:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Patrick Geraud</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>Delphine de Vigan</category><category>drame</category><category>enfance</category><category>enfant</category><category>famille</category><category>folie</category><category>Littérature</category><category>roman Rien ne s 039oppose � la nuit</category><category>romanesque</category>
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		<description><![CDATA[Passés le flot de formules creuses et l&#8217;agitation fébrile qui accompagnent, à chaque nouvelle rentrée, la remise des prix littéraires, on peut enfin prendre le temps de (re)découvrir les belles oeuvres que l&#8217;année 2011 a laissées derrière elle. De toute évidence, Rien ne s&#8217;oppose à la nuit compte parmi elles. Ce n&#8217;est pourtant pas que [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/rien.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-15115" title="rien" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/rien.jpg" alt="" width="150" height="245" /></a>Passés le flot de formules creuses et l&#8217;agitation fébrile qui accompagnent, à chaque nouvelle rentrée, la remise des prix littéraires, on peut enfin prendre le temps de (re)découvrir les belles oeuvres que l&#8217;année 2011 a laissées derrière elle. De toute évidence, <em>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit </em>compte parmi elles. <span id="more-15084"></span>Ce n&#8217;est pourtant pas que le roman s&#8217;impose d&#8217;emblée par l&#8217;éclat de son style, plutôt sobre, ni par la complexité de sa narration, qui entremêle témoignages et récit plus ou moins fictif de la vie de Lucile. Mais il y a derrière cette apparente simplicité un art subtil de la filiation que le roman interroge et à laquelle il nous convie en faisant de nous autant de narrateurs potentiels.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;indique son titre ambivalent, qui vaut à la fois comme un constat résigné et une sorte de maxime, <em>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit </em>interroge cette tension nécessaire et fragile qui unit l&#8217;individu (ses zones d&#8217;ombre, ses errances) à la structure sociale ou familiale dans laquelle il évolue au grand jour. Car la nuit dont il est ici question est peut-être moins celle vers laquelle avance le lecteur à tâtons, comme sur du verre brisé, ou même une métaphore de la folie de Lucile, que ce passé immémorial où s&#8217;originent à la fois l&#8217;écriture et les petites intrigues tissées à Pierremont. Le récit est traversé de part et d&#8217;autre par la menace d&#8217;une dissolution. Bon nombre de motifs viennent rappeler à quel point cette tension entre l&#8217;individu et la structure est porteuse de dangers. Le puits près duquel on joue dangereusement, le sommeil auquel on s&#8217;abandonne, sont autant de zones cauchemardesques qui semblent rejouer l&#8217;hypothèse d&#8217;une menace originelle : celle de la chute, qui survient dans les premiers chapitres, et qui introduit la succession des drames à venir.<br />
Minutieuse, élégante, précise, l&#8217;écriture interroge ce trouble à revers, comme pour suggérer combien la temporalité mythique dans laquelle baigne l&#8217;enfance est à la fois nécessaire et insuffisante pour comprendre l&#8217;individu. Des histoires d&#8217;inceste, de familles compliquées, de personnages qui s&#8217;exilent, la littérature en a connu plus d&#8217;une. Mais le livre n&#8217;en retient qu&#8217;un écho fragile. Ce qui l&#8217;intéresse, c&#8217;est peut-être moins le retentissement du désastre annoncé en quatrième de couverture que sa perpétuation par l&#8217;écriture et la manière dont celle-ci abolit le danger pour créer de toutes pièces un univers où la parole a repris ses droits.</p>
<p style="text-align: justify;">De ce fait, <em>Rien ne s&#8217;oppose à la nuit </em>n&#8217;est pas un énième livre sur le deuil ou la folie. Il s&#8217;agit plutôt d&#8217;un témoignage, certes bouleversant, sur la nécessité d&#8217;une filiation et son passage obligé par l&#8217;écriture. Chez un auteur comme Romain Gary, dont <em>La Promesse de l&#8217;Aube </em>entretient plus d&#8217;un lien avec le livre de Delphine de Vigan &#8211; ne serait-ce que dans le choix d&#8217;un titre aux motifs inversés &#8211; la narration trouvait son origine dans un impératif maternel : &laquo;&nbsp;tu écriras, mon fils&nbsp;&raquo;. Mais la figure ici convoquée par la romancière se fait plus discrète. Si elle invite à l&#8217;écriture, c&#8217;est moins par un impératif langagier que par ce mystère silencieux, impalpable qu&#8217;elle fait planer autour d&#8217;elle.</p>
<p style="text-align: justify;">La filiation se transmet alors dans le secret, à travers d&#8217;énigmatiques conversations enregistrées sur des cassettes ou des <em>Recherches esthétiques</em> pleines de mots horrifiés. L&#8217;écriture-même, la publication en deviennent des accouchements douloureux, à l&#8217;image des nombreux enfantements de Liane, comme lorsque sont mentionnées la parution de <em>Jours sans faim, </em>le premier roman de l&#8217;auteur, ou les nombreuses réserves de la famille à l&#8217;égard du projet romanesque en cours.<br />
Certes, Delphine de Vigan n&#8217;en est pas à ses premières armes : le succès public et critique que rencontre son dernier livre est à la hauteur de l&#8217;expérience qu&#8217;il propose. Mais au-delà des arguments un peu réducteurs qui accompagnent la vente d&#8217;un ouvrage et leur lot de clichés habituels, il faut peut-être rendre justice à ce que cette oeuvre me semble être avant toute chose : moins une histoire familiale bouleversante, qu&#8217;un émouvant témoignage sur le pouvoir des mots.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/5.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">Jean-Patrick Géraud</p>
<p style="text-align: justify;">
Rien ne s&#8217;oppose à la nuit, de Delphine de Vigan<br />
Editions JC Lattès<br />
440 pages, 19 euros<br />
Paru en août 2011</p>
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		<title>Un ange noir, de François Beaune</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 21:28:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benoit Richard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>angoisse</category><category>auteur</category><category>éditeur</category><category>étrange</category><category>Benzinemag</category><category>François Beaune</category><category>histoire</category><category>polar</category><category>roman</category><category>société</category><category>solitude</category><category>Un ange noir</category><category>verticales</category>
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		<description><![CDATA[Après &#171;&#160;Un homme louche&#160;&#187;, François Beaune évoque un ange noir dans son second roman qui, d’ailleurs, aurait pu s’appeler &#171;&#160;Un homme louche 2&#8243;. Car, à bien y regarder, Alexandre Petit, le personnage central de son nouveau roman, derrière son apparente banale,  a tout du personnage inquiétant ; même si, au départ, de ce roman, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-15121" title="unangenoir" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/unangenoir.jpg" alt="" width="152" height="223" />Après &laquo;&nbsp;Un homme louche&nbsp;&raquo;, <strong>François Beaune</strong> évoque un ange noir dans son second roman qui, d’ailleurs, aurait pu s’appeler &laquo;&nbsp;Un homme louche 2&#8243;. Car, à bien y regarder, Alexandre Petit, le personnage central de son nouveau roman, derrière son apparente banale,  a tout du personnage inquiétant ;<span id="more-15119"></span> même si, au départ, de ce roman, il bien difficile de faire une opinion qui sur cet employé de la Sofres. Célibataire, vivant chez maman timide, peu expansif et pas spécialement sympathique aux yeux de ces collègues, Alexandre Petit est un homme d’une banalité confondante. Mais le décès d’une de ses jeunes collègues, retrouvée morte, noyée dans sa baignoire va donner une tournure inattendue à son existence. Etant le dernier à l’avoir vue vivante, petit va fuir, de peur d’être accusé de l’avoir tuée. Sans réfléchir, il prend quelques affaires et va se réfugier dans un hôtel miteux depuis lequel il se met à écrire frénétiquement, à raconter, sa vie, ses angoisses, sa solitude, sa méfiance vis à vis des autres et du monde actuel. Il évoque aussi sa mère et ses collègues, dont cette jeune Elsa avec laquelle il s’entendait si bien et qui l’appréciait. Petit à petit, il s’enferme dans une noirceur et une paranoïa d’autant plus inquiétante qu’il est persuadé de connaitre l’identité de la personne qui a tué la jeun femme.</p>
<p style="text-align: justify;">Polar sans policier, Un ange noir est un roman étrange et singulier, avec une histoire que l’on suit à travers les écrits de son personnage, entrecoupés d’articles de presse de province et de lettre de sa mère destinées à la police. Dans un style vif, fait de courtes phrases, l’auteur nous plonge ainsi dans la peau de cet homme aux idées noires, aux pensées négatives dont on a bien du mal d’extraire le vrai du faux. Est-il fou ou simplement lucide ? A t-il raison de se méfier ou est il vraiment parano ?  La réponse à nos questions viendra heureusement au fil des pages, dévoilant petit à petit le portrait d’un homme de son époque, particulièrement cynique, posant un regard tranché sur la société actuelle.<br />
Avec cette façon si particulière de nous promener dans la tête de cet homme trouble, <strong>François Beaune</strong> construit un roman habile et captivant, jamais très confortable, dans lequel le lecteur est souvent tiraillé entre fascination et dégoût. Un roman aux accents célinien, qui ne s’oublie pas si facilement.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/09/3_5.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Benoit Richard</p>
<p>Un ange noir, de François Beaune<br />
Editions verticales<br />
286 pages &#8211; 17.90€<br />
Parution : août 2011</p>
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		<title>Le Dernier Testament de Ben Zion Avrohom, de James Frey</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 23:37:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Franck Rousselot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[Christ]]></category>
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		<category><![CDATA[roman]]></category>
<category>amérique</category><category>Christ</category><category>Etats Unis</category><category>James Frey</category>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Dans ce livre, j’essaye d’imaginer l’histoire telle qu’elle serait si le messie ou Jesus-Christ, était toujours vivant et vivait à New York en plein XXIème siècle ? à quoi est-ce qu’il ressemblerait, en quoi est ce qu’il croirait, comment est-ce qu’il vivrait ?&#160;&#187; On ne pourra pas dire de James Frey qu’il a cherché la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/James-Frey-page.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-14815" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/James-Frey-page.jpg" alt="" width="160" height="213" /></a>&laquo;&nbsp;<em>Dans ce livre, j’essaye d’imaginer l’histoire telle qu’elle serait si le messie ou Jesus-Christ, était toujours vivant et vivait à New York en plein XXIème siècle ? à quoi est-ce qu’il ressemblerait, en quoi est ce qu’il croirait, comment est-ce qu’il vivrait ?&nbsp;&raquo;</em> <span id="more-14811"></span>On ne pourra pas dire de <strong>James Frey</strong> qu’il a cherché la facilité : l’écrivain déclencha déjà la polémique à la sortie de son premier livre <em><strong>Mille Morceaux</strong></em>, récit des déboires de l’addiction d’un drogué qu’on prit pour un document alors que c’était en fait… une fiction.</p>
<p style="text-align: justify">Ici, jamais avare de nouveaux défis (ou recherchant la controverse dans un pays si tatillon sur la religion?), l’américain prend à bras le corps le retour du sentiment religieux en racontant rien moins que le retour du Messie dans l&#8217;Amérique actuelle. Pour une épopée intime et collective affrontant de plein fouet la déliquescence et le désenchantement de notre époque, mais traitée avec une absence totale de cynisme.</p>
<p style="text-align: justify">Certes, son nouveau <em>fils de Dieu</em> est foncièrement hors cadre, chien fou rescapé surnaturellement de la mort et nouveau messie deviné dès son enfance aux pouvoirs miraculeux. Mais ennemi des églises instituées, raillant les récits bibliques et les dogmes religieux, ce nouveau hippie anticonformiste professe surtout les vertus de l’amour libre et de la jouissance, loin des crispations d’une société sclérosée par la peur et des mensonges fondamentaux de tous les gouvernements.</p>
<p style="text-align: justify">Déroutant programme à la simplicité martelée tout du long de ce livre ambitieux, <em><strong>Le Dernier Testament de Ben Zion Avrohom,</strong></em> mélange de lucidité et de naïveté inextricablement mêlées, séduit autant qu’il peut aussi faire sourire. La compassion réelle de <strong>James Frey</strong> envers tous les réprouvés (marginaux, prostituées, immigrés, homosexuels) et son rejet des méfaits d&#8217;une société déliquescente s’exprime ainsi avec une violence d’évocation digne de l’hyperréalisme sans fard de <strong>Hubert Selby</strong> ou de <strong>William T.Volmann</strong>. Le tout sous la forme d’une construction littéraire accomplie, polyphonie des voix multiples des &laquo;&nbsp;compagnons&nbsp;&raquo; (soeur, flic, avocat, amante) ayant croisé le chemin de Ben, une structure qui renvoie aux meilleures pages fraternelles de <strong>Colum McCann</strong>.</p>
<p style="text-align: justify">Mais peut aussi lasser quand l’auteur répète tout le long de son livre, son message de paix et d’amour en martelant que &laquo;&nbsp;l’amour et la jouissance seuls pourraient nous sauver&nbsp;&raquo;, comme un mantra hippie de base rabâché jusqu’à l’obsession.</p>
<p style="text-align: justify">Pour autant, malgré sa propension à souvent enfoncer des portes ouvertes alors qu’elles sont connues de tous (oui, James, on sait que les politiques mentent, que le monde va mal et court à sa perte), c’est paradoxalement cette ferveur enfantine, ce besoin de crier le positif et de brandir les quelques valeurs qui nous font encore dire &laquo;&nbsp;humains&nbsp;&raquo; qui restent, ainsi qu’une persistante impression d’étrange sérénité et de vraie tristesse qui prédomine après la lecture de ses trois-cent quatre-vingt pages assez hantées.</p>
<p style="text-align: justify">Impression qui fait soudain sens, quand au détour d’une interview, on apprend que <strong>James Frey</strong> a écrit ce roman aussi prompt à l’espérance que rempli de colères, après la perte de son fils malade : ainsi comme un enfant chantonnant dans le noir pour se donner du courage, ce gaillard faussement arrogant semble se rassurer, en chantant les louanges de l’amour et de la bonté.</p>
<p style="text-align: justify">Il est des messages, mêmes évidents, qu’il est parfois doux à entendre et, peut-être, à appliquer. Ouvrez donc ce <strong><em>Dernier Testament</em></strong>…</p>
<p style="text-align: justify"><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Franck Rousselot</p>
<p>Le Dernier Testament de Ben Zion Avrohom, de James Frey<br />
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Marny<br />
Éditions Robert Laffont, 382 pages, 23 euros<br />
Paru le 24 août 2011</p>
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		<title>Un été à Cold Spring, de Richard Yates</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jan 2012 12:51:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>Benzine Magazine</category><category>Richard Yates</category><category>Robert Laffont</category><category>roman</category><category>Un été � Cold Spring</category>
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		<description><![CDATA[Ça y est ! Le dernier roman de Richard Yates (1926-1992) est enfin traduit en français ! Vingt-cinq ans après sa parution aux États-Unis, « Un été à Cold Spring » ressort donc des oubliettes… Car Richard Yates, auteur adulé de l’autre côté de l’Atlantique, et maître avoué des romanciers Raymond Carver et Richard Ford, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/Cold-Spring.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-14712" title="Cold Spring" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2012/01/Cold-Spring.jpg" alt="" width="150" height="241" /></a>Ça y est ! Le dernier roman de Richard Yates (1926-1992) est enfin traduit en français ! Vingt-cinq ans après sa parution aux États-Unis, « Un été à Cold Spring » ressort donc des oubliettes… <span id="more-14711"></span>Car <strong>Richard Yates</strong>, auteur adulé de l’autre côté de l’Atlantique, et maître avoué des romanciers Raymond Carver et Richard Ford, demeure encore relativement inconnu chez nous. Ce n’est que grâce à l’actrice Kate Winslet, qui suggéra à son réalisateur de mari, Sam Mendes, d’adapter à l’écran « Revolutionary Road » avec Leo Di Caprio (« Les Noces Rebelles » en français), que l’écho lointain du grand Yates nous est parvenu ces derniers temps…</p>
<p style="text-align: justify;">Dans « Un été à Cold Spring », l’art romanesque de <strong>Richard Yates</strong> nous plonge dans la middle-class américaine de la fin des années 30, et l’auteur, fin psychologue avéré, nous livre le brillant portrait de deux familles enlisées dans le conformisme et la médiocrité. La plume exquise de <strong>Richard Yates</strong> s’atèle ainsi à décrire, avec une déconcertante facilité, une Amérique morne, fade et désenchantée. Car ce n’est pas la folle insouciance des « Roaring Twenties » de Fitzgerald qui nous est rapportée ici ; encore moins la rébellion des admirateurs et admiratrices du King Elvis, grondant contre le conservatisme des années 50… Au contraire, « Un été à Cold Spring » nous fait découvrir une société américaine où tout est calme, plat, sourd et délavé.</p>
<p style="text-align: justify;">Evan Shepard, jeune beau gosse sortant d’une adolescence turbulente, se passionne pour les voitures. Tous les soirs, il roule inlassablement, seul moyen pour lui d’évacuer sa frustration. Il fait la connaissance de Mary Donovan, une lycéenne, qui tombe aussitôt enceinte. Les deux jeunes gens se marient alors, mais divorcent un an plus tard à peine. Leurs aspirations semblent ainsi les séparer irrémédiablement : Mary tend à devenir « un être à part entière » en allant à l’Université et en jouissant de sa liberté, tandis qu’Evan demeure sans ambition et mène une vie de prolétaire à l’usine. « Advienne que pourra », se répète alors Evan, résigné.<br />
Ce qui advient, alors que sa voiture vient de tomber en panne, c’est une rencontre. La rencontre fortuite avec la discrète et fragile Rachel Drake. Quand il l’aperçoit, Evan s’imagine que c’est pour lui enfin l’occasion de relancer sa vie, et de donner un véritable sens à son existence, en chérissant et protégeant cette séduisante jeune fille. Nouveau mariage donc, et courte période de félicité pour nos amoureux, qui vivent loin de leurs familles respectives dans un appartement assez coûteux d’Amityville.<br />
Mais un jour, Rachel propose à Evan de louer une maison à Cold Spring, avec sa mère Gloria Drake et son petit frère Phil. Dès lors, « Un été à Cold Spring » se fait la chronique d’un naufrage annoncé. Tandis que Rachel s’efforce de « parachever l’image de la jeune épouse satisfaite » et de la « future mère heureuse et bien portante », Evan ne supporte ni la présence de Gloria, vieille femme alcoolique, bavarde et hystérique qui sent la tomate et la mayonnaise pourries, ni celle du jeune Phil, adolescent renfermé et complètement empoté. Et puis Cold Spring, c’est un coin paisible certes, mais c’est surtout un trou perdu, où vivent également les parents d’Evan, Charles Shepard, ancien capitaine réformé de l’Armée à cause de sa mauvaise vue, et Grace, femme ravissante mais neurasthénique, qui reste à longueur de journée cloîtrée chez elle. Et, alors que Pearl Harbour gronde, Evan rêve de s’évader en combattant dans la Marine. Mais, à l’image de son père, un tympan percé l’empêche d’intégrer l’Armée.<br />
Été 1942, Cold Spring… face au sentiment d’échec et d’inadéquation qui l’enserre, Evan bout… Pourra-t-il continuer à vivre dans cette « vieille maison pourrie », et à « s’accommoder des déceptions mineures de l’existence » ? La fulgurance des dernières pages du roman de <strong>Yates</strong> nous saisit alors tout à coup, comme une bourrasque, comme une gifle, pour constituer un final effarant.</p>
<p style="text-align: justify;">On dévore donc à toute allure ce merveilleux portrait croisé du quotidien des Shepard et des Drake, mené de main de maître par un <strong>Richard Yates</strong> tout à fait épatant.</p>
<p style="text-align: justify;">François Salmeron</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4_5.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">Un été à Cold Spring<br />
roman de Richard Yates<br />
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Aline Azoulay-Pacvon<br />
Éditions Robert Laffont<br />
206 pages ; 20 euros<br />
Sortie en France : 6 octobre 2011</p>
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		<title>Freedom, de Jonathan Franzen</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2011/12/22/freedom-de-jonathan-franzen/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 12:25:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Francois Lahorgue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>américain</category><category>amérique</category><category>couple</category><category>dépression</category><category>Franzen</category><category>freedom</category><category>liberté</category><category>roman</category>
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		<description><![CDATA[En plus d'une saga dense et romanesque, Freedom est également un beau portrait, sobre et émouvant, d'un pays en proie à ses propres doutes, l'Amérique telle qu'Obama l'a imaginée, et telle qu'elle est actuellement, au final.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/Freedom-Jonathan-Franzen-e1324557015310.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-14459" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/Freedom-Jonathan-Franzen-e1324557015310.jpg" alt="" width="122" height="190" /></a>La liberté jusqu&#8217;où ? Le devoir et l&#8217;amour sous quelles limites ? Peut-on encore rêver d&#8217;American way Of life passé quarante années de doutes et d&#8217;atermoiements ? Tout ça c&#8217;est dans <em>Freedom</em>, saga contemporaine ample et déprimante, le buzz littéraire de la fin d&#8217;année, qu&#8217;il convient de réajuster à sa relative valeur, une fois l&#8217;excitation passée.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;Amérique sous le prisme « Desperate Housewives », tel semble être le credo de <strong>Franzen</strong>, après sa radioscopie familiale cynique de son premier livre <em>les Corrections</em>. L&#8217;auteur a troqué son acidité sèche contre une certaine forme d&#8217;empathie dépressive pour ses personnages. Et quels personnages&#8230; D&#8217;abord (et surtout !), Patty. mère au foyer toujours aux petits soins pour ses proches, ancienne championne de basket, mariée à un homme tranquille et ordinaire après avoir connu les amours folles et rock&#8217;n'roll avec Richard, l&#8217;ami marginal et musicos de Walter à l&#8217;époque universitaire. Patty, qui sera déçue par ses enfants pour lesquels elle voyait un avenir brillant tout tracé, mais qui feront des choix personnels qu&#8217;elle-même n&#8217;aura jamais réussi à faire. Patty, qui suite à une grosse dépression, prendra sa vie en main, obligeant les autres à modifier ou réfléchir à la leur, provoquant ainsi des remous sociaux et familiaux importants à leur échelle, mais infimes pour celle d&#8217;une planète qui tourne, qui se modifie et qui se meurt peu à peu.</p>
<p style="text-align: justify;">Gravitant autour de ce personnage finalement extraordinaire, tant la plume de Franzen en fait une héroïne de la banalité triste, Walter, ce père de famille bien-sous-tous-rapports qui deviendra fervent militant écologiste, les enfants de Patty et ceux qui la croisent durant cette saga paraissent bien fades. Lire<em>  Freedom</em>, c&#8217;est comme regarder une excellente série télé de plusieurs saisons, avec pour autant un seul personnage fort sur lequel s&#8217;appuient intrigues et personnages secondaires, morceaux de bravoure et passages en creux, une foule d&#8217;histoires parsemées de la grande Histoire, celle d&#8217;une Amérique qui ne croit plus en elle-même, et sur laquelle <strong>Franzen</strong> s&#8217;épanche avec l&#8217;acidité qui caractérisait son précédent roman.</p>
<p style="text-align: justify;">Par rapport à ce dernier, <em>Freedom</em> déçoit au départ de n&#8217;être qu&#8217;un catalogue exhaustif des névroses de chacun diluées dans le quotidien d&#8217;existences somme toute banales, mais qui se lit d&#8217;une traite, comme un bon feuilleton – impossible d&#8217;enlever à l&#8217;auteur ses qualités de storytelling indéniables. Mais sur les passages plus politiques, ou sur les histoires annexées à celle de Patty (le couple de Joey, les déboires politiques puis écologistes de Walter&#8230;), <strong>Franzen</strong> s&#8217;avère moins pertinent, moins en ferveur, jusqu&#8217;à par contre, faire éclater son talent sur les dernières cinquante pages, émouvantes et fortes comme peu d&#8217;ouvrages lus depuis des lustres.</p>
<p style="text-align: justify;">Bilan d&#8217;après-abattage-médiatique : sans le porter au pinacle d&#8217;un égal d&#8217;un Tolstoï comme certains l&#8217;ont suggéré, le roman demeure une excellente saga américaine écrite finement et sincèrement. Un beau portrait, sobre et émouvant, d&#8217;un pays en proie à ses propres doutes, l&#8217;Amérique telle qu&#8217;Obama l&#8217;a imaginée, et telle qu&#8217;elle est actuellement, au final.</p>
<p style="text-align: justify;">Une question demeure par contre toujours en suspens : la liberté, laquelle, pour qui, dans quelles limites ?</p>
<p><a href="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/41.gif"><img class="alignnone size-full wp-image-14340" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/41.gif" alt="" width="75" height="14" /></a></p>
<p>Jean-François Lahorgue</p>
<p>Freedom, de Jonathan Franzen<br />
Editions de l&#8217;Olivier, 700 pages, 23€ env.<br />
Date de parution : août 2011.</p>
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		<title>Le ravissement de Britney Spears, de Jean Rolin</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2011/12/20/le-ravissement-de-britney-spears-de-jean-rolin/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 21:06:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>Benzine Magazine</category><category>chroniques littéraires</category><category>Jean Rolin</category><category>Le ravissement de Britney Spears</category><category>POL</category><category>roman</category>
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		<description><![CDATA[Un faux roman d’espionnage avec un agent secret limité aux transports communs, jouant les paparazzis à L.A., ville en perpétuel mouvement. Un titre étrange aux accents durassiens qui pourrait prêter à confusion : les fans de Britney n’apprendront pas grand chose sur cette xième petite fiancée de l’Amérique. Dans ce livre, Britney est un objet, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-14441" title="ravissementbritney" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/ravissementbritney.jpg" alt="" width="150" height="228" />Un faux roman d’espionnage avec un agent secret limité aux transports communs, jouant les paparazzis à L.A., ville en perpétuel mouvement.<span id="more-14440"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Un titre étrange aux accents durassiens qui pourrait prêter à confusion : les fans de Britney n’apprendront pas grand chose sur cette xième petite fiancée de l’Amérique. Dans ce livre, Britney est un objet, un symbole qui la dépasse, au centre d’une hypothétique tentative d’enlèvement (le fameux « ravissement »), voire même d’assassinat, par un groupuscule islamiste. Dépêché sur place, un agent des services secrets français sans permis de conduire tente d’étudier les habitudes de la star et se retrouve à côtoyer les paparazzis et à consulter davantage les sites people que les messages cryptés. La mission échoue et il est envoyé au Tadjikistan où il raconte à son compagnon d’infortune le récit de son trip californien.</p>
<p style="text-align: justify;">Faire de Britney Spears ou Lindsay Lohan des personnages de fiction, c’est bien sûr une manière de parler du regard, de la médiatisation outrancière des déboires des célébrités et de la fascination qu’elles exercent sur le commun des mortels. Les restos branchés, les boutiques à la mode et même les institutions juridiques sont autant de vitrines où le people s’expose et se laisse, bon gré mal gré, prendre sur le vif. Le roman va cependant beaucoup plus loin et, sur le plan littéraire, présente une cartographie sociale et routière de Los Angeles. À chaque couche de la population correspond son moyen de déplacement (avec le décalage amusant de l’agent secret obsédé par les itinéraires de bus) et ses lieux de vie. Bien loin de l’image glamour que la ville peut renvoyer via ses plus célèbres habitants, ROLIN montre ici une faune bigarrée qui, loin des buzz et des images volées, emplit la ville de son mouvement incessant, occupant l’espace et le temps. La ville elle-même semble courir, comme le pauvre héros à la suite des paparazzis, eux-mêmes occupés à courser les stars. Un jeu du chat et de la souris absurde et vain, qui tourne en rond.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/33.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Voyelle &amp; Consonne</p>
<p>Le Ravissement de Britney Spears<br />
de Jean ROLIN<br />
Editeur : P.O.L<br />
Parution : août 2011</p>
<p>Article initialement paru sur <a href="http://voyelleetconsonne.blogspot.com/" target="_blank">Voyelle et Consonne </a></p>
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		<title>1Q84 &#8211; Livre 1, Avril-Juin, de Haruki Murakami</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 09:51:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>1Q84 Livre 1</category><category>Avril Juin</category><category>Benzine Magazine</category><category>Haruki Murakami</category><category>roman</category>
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		<description><![CDATA[Premier tome de la trilogie murakamienne : du concentré de japonitude au service d’un univers romanesque puissant et envoûtant. Difficile de parler de ce roman. D’abord il ne faut pas, contrairement à tous les articles de presse que j’ai pu lire, en dire trop sur l’intrigue qui se construit comme un puzzle qui, lentement, laisserait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-14269" title="1Q84_Livre-1p" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/12/1Q84_Livre-1p.jpg" alt="" width="150" height="241" />Premier tome de la trilogie murakamienne : du concentré de japonitude au service d’un univers romanesque puissant et envoûtant.<span id="more-14268"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Difficile de parler de ce roman. D’abord il ne faut pas, contrairement à tous les articles de presse que j’ai pu lire, en dire trop sur l’intrigue qui se construit comme un puzzle qui, lentement, laisserait apparaître des formes aux contours flous. Ensuite&#8230; et bien je pense que je suis incapable de résumer ces 500 pages en quelques lignes. Des portes s’ouvrent, se referment, des liens se tissent mais tout semble encore en suspension.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux histoires en parallèle. Celle de Tengo, jeune professeur de mathématiques et écrivain débutant qui rencontre, par le biais d’un éditeur, une étrange jeune fille, auteur présumé d’un roman fantastique qui pourrait bien se transformer en best-seller. Et l’histoire d’Aomamé, jeune femme pleine de ressources (je n’en dis pas plus) qui découvre lentement que l’univers familier qu’elle pensait connaître a subi, sans qu’elle s’en aperçoive, des modifications. Les deux histoires se croisent en se frôlant, le temps d’un souffle ou d’un regard mais semblent en même temps appartenir à deux univers différents.<br />
« Dans la forêt romanesque, quelle que soit la clarté qui relie entre eux les événements, une réponse claire ne vous est jamais offerte » (p. 314)</p>
<p style="text-align: justify;">Pas de réponses, beaucoup de Questions (héhé…) et surtout une ambiance envoûtante où l’on passe de l’étonnement à la peur. Beaucoup de sexualité également, parfois terriblement vénéneuse. Les références à ORWELL sont là, bien évidemment, mais pas là où on les attendrait. Bref, le monde de 1Q84 est tendu, tranquille et incertain, familier et inconnu, et nous fait passer de l’autre côté du miroir, faisant de son inventeur le plus symboliste des écrivains contemporains.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai déjà le deuxième tome sous la main (il fallait s’y attendre) mais, et c’est assez rare pour être souligné, je vais tenter de résister à la terrible envie de m’y jeter de suite, parce que le troisième volume ne sortira qu’en mars 2012…</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Voyelle &amp; Consonne</p>
<p><em>VoyeRéférence :</em><br />
<em> 1Q84, Livre 1 – Avril-Juin, Haruki MURAKAMI, traduit du japonais par Hélène Morita, Belfond, 2011</em></p>
<p>Article initialement paru sur <a href="http://voyelleetconsonne.blogspot.com/" target="_blank">Voyelle et Consonne </a></p>
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		<title>Juste avant, de Fanny Saintenoy</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2011/11/24/juste-avant-de-fanny-saintenoy/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Nov 2011 14:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>Benzine Magazine</category><category>chroniques littéraires</category><category>Fanny Saintenoy</category><category>Juste avant</category><category>roman</category>
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		<description><![CDATA[« Juste avant », premier roman de Fanny Saintenoy, c’est l’histoire de deux voix qui s’entremêlent et communiquent dans la torpeur des derniers instants d’une chambre d’hôpital. Deux voix, comme deux souffles qui se répondent, celui de Juliette, sur le point de s’éteindre, et de son arrière-petite fille qui n’est autre que l’auteur. Un récit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-13940" title="juste-avant-fanny-saintenoy" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/11/juste-avant-fanny-saintenoy.jpg" alt="" width="150" height="234" />« Juste avant », premier roman de Fanny Saintenoy, c’est l’histoire de deux voix qui s’entremêlent et communiquent dans la torpeur des derniers instants d’une chambre d’hôpital. Deux voix, comme deux souffles qui se répondent, <span id="more-13938"></span>celui de Juliette, sur le point de s’éteindre, et de son arrière-petite fille qui n’est autre que l’auteur. Un récit à la fois juste, drôle et poignant.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette histoire, Fanny Saintenoy l’a longtemps portée en elle. Elle devait coûte que coûte l’écrire un jour, comme un ultime hommage à cette arrière-grand-mère, dont la parole ne fut jamais réellement entendue. A travers l’écriture, c’est donc une tribune que Fanny offre à Juliette, avant que celle-ci ne s’endorme à jamais. C’est une existence traversant le siècle passé que le lecteur découvre alors et qu’il retrace avec elle, découvrant en même temps, le regard qu’elle pose à présent sur sa vie. Et c’est ce qui rend le récit si touchant. Pas de regret semble-t-il, juste un œil tantôt nostalgique, rageur ou amusé sur ce qui fut. La grande guerre et son envoi en pension chez les sœurs au fin fond de la Normandie. Les pieds gelés par manque de soins, elle y perdra ses orteils. Le personnage de sa mère «au masque sévère», qu’elle voudrait bien à présent retrouver auprès d’elle. Son mariage avec Louis, militant communiste, mort en héros pour la liberté de la France et dont on ne retrouvera jamais le corps. Le clan se reforme alors du côté de Bergerac, entre ses parents, sa sœur Suzanne et sa fille Jacqueline, qui mourra à son tour du cancer à cinquante ans. Une occasion pour Juliette de s’interroger aussi sur l’ordre et la logique des choses, qui n’existe pas, de réaliser que «son enfant en sait plus que vous là-dessus». C’est également dans ces moments-là, les plus durs, que se reforme sans cesse, le clan familial, couvrant au total cinq générations de femmes (dont l’auteur et sa fille), comme une solidarité secrète persistante et renaissant à chaque épreuve, alors même que les hommes disparaissent. En face, son arrière-petite fille semble la redécouvrir chaque jour un peu plus. Mais là encore, l’auteur ne verse à aucun moment dans le pathos. Son écriture est empreinte d’une force qui semble lui être communiquée une dernière fois par Juliette. Que peut-elle encore demander à cette dernière ? Un nombre infini de choses, certainement. Souffre-t-elle ? A-t-elle peur ? Sait-elle qu’elle n’est pas seule dans cette chambre impersonnelle et trop blanche ? En ce sens encore, plus qu’un exutoire, l’écriture agit comme par magie, défiant le silence insoutenable de l’hôpital. C’est aussi en cela que ce récit trouve son universalité, comme une merveilleuse consolation pour tous ceux que ce silence a pu broyer un jour. En refermant le livre, le lecteur est ému mais a envie de remercier l’auteur pour lui avoir fait écouter ce qu’il voulait peut-être entendre depuis longtemps. C’est à sa propre Juliette, qu’il pense alors. Comme un cadeau de vie arraché à l’inéluctable course du temps.</p>
<p><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p>Virginie Chapelain</p>
<p>Juste avant, de Fanny Saintenoy<br />
118 pages &#8211; 12€<br />
Editeur : Flammarion<br />
parution : 24 août 2011</p>
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		<title>Freedom, de Jonathan Franzen</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2011/11/17/freedom-jonathan-franzen/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Nov 2011 07:45:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Poids lourd de la rentrée littéraire 2011, le nouveau Franzen est une réussite parfois trop évidente. Les Berglund : famille bobo du Minnesota, en apparence sans histoire, au grand désespoir de leur voisinage. Patty est-elle vraiment la femme parfaite ? Mère à temps plein, épouse dévouée, ancienne championne de basket, toujours là pour les autres, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-13682" title="freedom" src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/11/freedom.jpg" alt="" width="150" height="235" />Poids lourd de la rentrée littéraire 2011, le nouveau Franzen est une réussite parfois trop évidente.<span id="more-13680"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les Berglund : famille bobo du Minnesota, en apparence sans histoire, au grand désespoir de leur voisinage. Patty est-elle vraiment la femme parfaite ? Mère à temps plein, épouse dévouée, ancienne championne de basket, toujours là pour les autres, … Du genre à préparer des cookies pour toutes les occasions. Trop de qualités aux yeux des autres habitants du quartier qui recherchent activement les craquelures à la surface de ce brillant vernis. Regardez par exemple l’adoration sans borne que Patty porte à son fils cadet, Joey. Alors que Walter, le père, tente d’inculquer à cet enfant des valeurs morales nobles et humanistes, Joey n’a de cesse de remettre en cause l’autorité parentale pour exercer son libre arbitre. Et Patty de sourire devant l’incroyable sens de la répartie de son enfant. Cependant, le conflit avec le père se durcit et Joey quitte la maison pour s’installer chez les voisins, déclenchant ainsi, en plus d’une sévère dépression chez sa mère, l’implosion de la cellule Berglund.<br />
A côté de la micro-épopée familiale, on découvre l’histoire d’amour de Walter et Patty, sur laquelle plane depuis leur rencontre l’ombre de Richard, à la fois le meilleur ami de Walter et sa parfaire antithèse. Walter est responsable, raisonnable, attentif et idéaliste ; Richard est immature, volage, imprévisible et égocentrique. Les deux hommes voient en Patty des choses différentes et laissent s’exprimer chez elle des envies contradictoires. En choisissant Walter, c’est toute une part d’elle-même que Patty décide de laisser derrière elle. Pour combien de temps ?</p>
<p style="text-align: justify;">Difficile de résumer ce roman touffu et pourtant limpide. Si l’intrigue familiale et amoureuse se veut intimiste, le contexte politique et social dans lequel elle s’inscrit ouvre des horizons bien plus larges. Enfants d’une génération qui pensait encore à changer le monde, Patty, Walter et Richard balancent entre l’aspiration à un idéal de réussite sociale et individuelle et un besoin de laisser une trace de leur passage sur terre. Mais que ce soit pour sauver la planète de la surpopulation, élever des enfants ou donner au monde sa musique, il faut passer par des compromis et faire bon usage de sa liberté. Tout le livre tourne autour de la question du choix et de la conséquence des actes que nous posons. Nous sommes libres, ce qui nous donne aussi le droit de nous planter dans les grandes largeurs… S’ensuivent dès lors les remords, les erreurs, les espoirs déçus et, souvent, les larmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Bizarrement, rien de trop plombant (en tous cas, dans mon souvenir, moins plombant que Les corrections). Le regard de Franzen est à la fois cynique et bienveillant. En alternant habilement les points de vue, il analyse avec une précision presque chirurgicale les aspirations banales et les névroses de la petite bourgeoisie américaine, des années 70 aux années Bush. Les pages défilent et, à part quelques métaphores un rien lourdingues, tout est impeccablement écrit, travaillé et efficace. Mais, et c’est presque paradoxal, on se retrouve parfois comme les voisins des Berglund à chercher la petite aspérité, quelque chose qui aurait échappé au contrôle de l’auteur.<br />
Il n’en reste pas moins que &laquo;&nbsp;Freedom&nbsp;&raquo; est un grand roman réaliste américain qui dresse brillamment le portrait d’une génération et d’un état du monde.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">Voyelle &amp; Consonne</p>
<p style="text-align: justify;">Freedom<br />
Roman de Jonathan Franzen<br />
traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Wicke<br />
Éditions de l’Olivier, 2011<br />
parution : août 2011</p>
<p>Article initialement paru sur <a href="http://voyelleetconsonne.blogspot.com/" target="_blank">Voyelle et Consonne </a></p>
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		<title>Le rêve du Celte, de Mario Vargas Llosa</title>
		<link>http://www.benzinemag.net/2011/11/15/le-reve-du-celte-de-mario-vargas-llosa/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 14:44:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Redacteur</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
<category>histoire</category><category>Le rêve du Celte</category><category>Mario Vargas Llosa</category><category>Prix Nobel de littérature 2010</category><category>roman</category>
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		<description><![CDATA[C’est avec une certaine impatience que l’on attendait la traduction française du Prix Nobel de littérature 2010, obtenu par l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa pour « Le rêve du Celte ». Et c’est avec un certain bonheur que l’on se laisse embarquer dans ce grand roman historique racontant les aventures et le parcours hors-norme du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-13678" title="Le re ve du Celte Mario Vargas Llosa." src="http://www.benzinemag.net/wp-content/uploads/2011/11/Le-re-ve-du-Celte-Mario-Vargas-Llosa..jpg" alt="" width="154" height="226" />C’est avec une certaine impatience que l’on attendait la traduction française du Prix Nobel de littérature 2010, obtenu par l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa pour « Le rêve du Celte ». Et c’est avec un certain bonheur que l’on se laisse embarquer dans ce grand roman historique<span id="more-13676"></span> racontant les aventures et le parcours hors-norme du diplomate et indépendantiste irlandais Roger Casement (1864 – 1916).</p>
<p style="text-align: justify;">Fasciné par les récits de son père, Roger se passionne très tôt pour les voyages et les colonies de l’Empire britannique. Arrivé à l’âge adulte, il se lance alors dans des expéditions menées au cœur des forêts du Congo belge. Encore naïf, habité par l’idéal colonial prétendant apporter le progrès, la civilisation, le libre commerce et l’évangélisation aux populations indigènes, le jeune Roger Casement se rend peu à peu compte que ces idéaux brandis par les Occidentaux, ne sont que des prétextes visant à justifier l’asservissement des populations et le pillage de régions entières. C’est à partir de cette prise de conscience que Roger Casement va devenir consul de Grande-Bretagne et se chargera de rédiger un Rapport pour la Couronne d’Angleterre, dénonçant les tortures et les exactions menées dans les colonies du roi Léopold II. Après vingt ans de vie en Afrique et la diffusion de ce Rapport qui bouleversera l’opinion publique sur les conditions de vie des indigènes, Casement réitère son expérience pendant un an dans les plantations de caoutchouc du Putumayo, région que se disputent le Pérou et la Colombie et qui connaît elle aussi une atroce exploitation.</p>
<p style="text-align: justify;">Vargas Llosa propose ainsi une incroyable description des colonies : voyages interminables en bateau, piqûres de moustiques, palu, forte humidité et chaleur accablante, conjonctivite, arthrite, hémorroïdes et insomnies accablant notre pauvre Casement, odeur insoutenable du caoutchouc extrait des arbres ou de saleté dans les favelas. Et, au milieu de toutes ces douleurs physiques, se dessine un mal plus radical encore : la malignité des hommes. Leur avarice, leurs mensonges, leur intolérable cruauté, et les maux qu’ils s’infligent les uns aux autres. Pourtant, dans ces régions où règnent les pires barbaries, les hommes ne sont pas condamnés à se laisser corrompre. Casement et d’autres « justes » qu’il rencontre dans ses expéditions et avec qui il collabore, s’efforcent de dénoncer l’exploitation, la torture et le viol.<br />
De là, « Le rêve du Celte » nous offre une complexe « cartographie des structures du pouvoir », d’après les termes mêmes du jury du Prix Nobel. Face à l’incrédulité des autres consuls et des hauts représentants politiques ou industriels ne voulant croire ce qu’il dit avoir vu, Roger Casement entame d’interminables négociations faites de sous-entendus, de pressions et de menaces. « Le rêve du Celte » rend bien compte du conflit perpétuel entre les intérêts économiques d’une société industrielle, et la défense des Droits de l’homme que la démocratie prétend pratiquer.<br />
Et c’est justement en étant témoin privilégié des atrocités du colonialisme que Casement prend conscience de son appartenance et de sa vraie identité, qui est irlandaise et non anglaise. « Ce voyage dans les profondeurs du Congo m’a servi à découvrir mon propre pays. A comprendre sa situation, son destin, sa réalité. (…) J’y ai aussi trouvé mon moi véritable : l’incorrigible Irlandais. » Il comprend alors que l’Irlande est aussi une colonie de l’Empire, et va dès lors tout mettre en œuvre pour qu’une résistance se forme et une révolte armée éclate. « Le rêve du Celte », c’est avant tout l’espoir de connaître une Irlande à nouveau libre, renouant avec ses traditions, ses chants, sa langue et ses mythes, ainsi qu’avec sa religion, le catholicisme. Roman « de résistance et de révolte », donc, mais qui marque aussi « la défaite de l’individu », puisque Casement, doublé par l’Intelligence Services, échoue à faire concorder la révolte de Pâques avec la cargaison clandestine d’armes venues d’Allemagne. Condamné pour haute trahison par la Couronne anglaise qu’il a servie et qui l’avait anobli pour ces Rapports sur les colonies, Casement attend de savoir si un recours en grâce reste possible, et si sa mémoire ne sera pas salie, lorsque l’I.S. mettra la main sur ses carnets personnels, révélant quelques aspects troublants de sa vie intime…</p>
<p style="text-align: justify;">L’on connaissait donc les talents de conteur de Vargas Llosa, qui fut notamment avec Gabriel Garcia Màrquez ou Julio Cortàzar l’un des chefs de file du renouveau du roman sud-américain à partir des années 60, et l’on redécouvre ici toute l’étendue de son art, ressuscitant avec brio le destin tragique d’une figure historique tombée jusqu’alors dans l’oubli.</p>
<p style="text-align: justify;"> <img class="alignnone" src="http://www.benzinemag.net/images/etoiles/4.gif" alt="" width="75" height="14" /></p>
<p style="text-align: justify;">François Salmeron</p>
<p style="text-align: justify;">Le rêve du Celte<br />
roman de Mario Vargas Llosa<br />
Traduit de l’espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan et Anne-Marie Casès<br />
Editions Gallimard<br />
522 pages ; 22,90 euros<br />
Sortie en France : 6 octobre 2011</p>
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