[arte] Les Années Super 8 : la mémoire familiale d’Annie Ernaux

Sous l’impulsion de son film David, Annie Ernaux redonne vie à des films de famille tournés dans les années 70, nous replongeant par la même occasion dans un contexte social et politique qui fera remonter bien des souvenirs chez certains.

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“Les Années Super 8” © Les Fillms Pelleas

Il y a quelque chose d’universel dans ces vieux films Super 8 de famille, quelque chose de profondément nostalgique qui nous ramène à des temps lointains, à l’enfance si on est né à cette époque, à des images dans lesquelles on retrouve des objets, des vêtements, des couleurs, des attitudes, des décors, etc, qui évoquent la vie de nos parents ou grands-parents…
Autant dans les années 70, les appareils photo étaient présents quasiment dans chaque foyer, autant les caméras Super 8 étaient réservées à des amateurs passionnés qui n’imaginaient pas combien ces petits films auraient une telle valeur inestimable 50 ans plus tard.

Dans Les Années Super 8, on redécouvre les films de famille tournés par l’ex-mari d’Annie Ernaux, Philippe Ernaux que leurs enfants ont décidé de ressortir des cartons pour leur redonner une seconde vie et sur lesquels Annie Ernaux pose sa voix, son texte, précis, sincère, sans affect, mais très touchant.

On suit la vie de famille de l’écrivaine, entre 1972 et le début des années 80. On voit un couple et leurs deux enfants installés à Annecy, profitant de chaque vacances pour fuir cette région de montagnes et de forêts à laquelle ils ont du mal à s’acclimater, préférant l’Ardèche où vit la soeur d’Annie, mais aussi les voyages à l’étranger, pour aller découvrir le Chili d’Allende, le Maroc, l’Espagne, le Portugal, ou encore l’Albanie et la Russie, terres de fantasmes en pleine période communiste.

Il y a évidemment beaucoup de nostalgie dans ces images qui ont fixé des instants de vie, mais aussi une dimension socio-politique, celle d’une époque qui attendait pleine d’espoir l’arrivée de la gauche au pouvoir. On y voit une Annie Ernaux, trentenaire et jeune auteure qui vient de publier son premier roman, Les Armoires vides. Une femme belle et élégante, mère de famille, professeur de lettres dans un collège, qui passe ses moments de solitude dans l’écriture de son journal et de ses romans.
Un film qui rappelle par certains aspects, notamment pour son coté “souvenirs des années 70”, le très beau Et j’aime à la fureur d’André Bonzel sorti au cinéma en avril 2022.

“Et j’aime à la fureur” : André Bonzel, pour l’amour du cinéma… et des filles !

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