musique

5 + 5 =...Gypsophile

5 disques du moment + 5 disques pour toujours

20 janvier 2007

 

 

 

 > 5 disques du moment

 

 

Gorge Trio : Open Mouth, O Wisp (Skin Graft)

La musique du Gorge Trio mélange jazz et rock garage, postures rock suspectes et envolées lyriques pas dupes. Le tout dans un état d'esprit plutôt relâché. A conseiller, aussi, les quelques disques de Cheval de frise, qui ne (re)nient pas l'influence.

 

Otomo Yoshihide : Guitar Solo (Doubt Music)

Si Yoshihide choisit souvent avec soin ses partenaires, mon enregistrement favori est ce solo enregistré en 2004, que j'ai beaucoup écouté ces derniers temps. Il y alterne des pièces mélodiques sensibles et des expérimentations bruitistes radicales. Le contraste défendu avec intelligence, l'ensemble tenant parfaitement la route.

 

Jacques Coursil : Minimal Brass (Tzadik)

Le retour du trompettiste Jacques Coursil sur disque, 35 ans après avoir signé son 2eme album en compagnie de son propre quartet. Loin du free jazz abrasif qu'il défendait, le discours est ici plus contemplatif, fait de mises en abîme mélodiques permises par le rerecording. Les charmes d'une sorte de composition insaisissable.

 

David S. Ware : Balladware (Thirsty Ear)

A la tête de son quartet - dont fait partie le grand contrebassiste William Parker - Ware interprète 7 ballades. Le disque oppose avec une grâce particulière la sensibilité des thèmes au jeu dense, parfois rugueux, du groupe. Sans doute le plus profond de tous ses enregistrements.

 

Th'Faith Healers : Imaginary Friends (Too Pure)

Comme ceux de Ian Masters - de Pale Saints à ESP Continent -, les albums des Faith Healers me reviennent régulièrement - et un single fantastique aussi: "Mr. Litnanski". Imaginary Friends est un disque du moment que je sais aussi pour toujours, ou l'inverse. La pop bruitiste du groupe fait mouche à chaque fois, un foutoir au dessus de toutes les conventions, sur disque autant que jadis en concert.

 

 > 5 disques pour toujours

 

 

Coltrane : Live at the Village Vanguard / The Master Takes (Impulse)

La liste est longue des oeuvres incontournables de Coltrane. Le plus de celle-ci est le dialogue instauré avec Dolphy, sans doute plus convaincant encore que sur Olé. Les titres "Spiritual", "India" et "Impressions", exposent à mon avis l'essentiel de ce qu'il faut avoir entendu des deux musiciens. Alors que 2 de ces 3 morceaux ne faisaient même pas partie de l'édition originale du disque.

 

Serge Reggiani : Album n°2 (Jacques Canetti)

Reggiani était un interprète unique, qui avait le don rare de relativiser des textes parfois maladroits ou des orchestrations douteuses. Il chante ici Moustaki, Gainsbourg et Vian, surpasse tous les autres avec "Fleurs de méninges" ou "Paris Ma Rose". Comme Brassens, il devrait être dispensé des hommages distribués à grands coups de reprises vides, voire vulgaires.

 

Morton Feldman : For Bunita Marcus (Hat Hut)

"For Bunita Marcus" interprété par Hildegard Kleeb est l'un des rares enregistrements de piano solo que je puisse supporter. L'écriture de Feldman est sophistiquée, mariant les notes avec mesure et précipitation à la fois. Une musique contemporaine proche d'une ambient minimale, et un parallèle érudit au Neroli de Brian Eno.

 

My Bloody Valentine : Loveless (Sire)

Je ne vais pas revenir sur l'importance d'un groupe comme My Bloody Valentine. Kevin Shields est tout simplement l'un des créateurs de son les plus inventifs des vingt dernières années. Voir la liste longue des musiciens d'aujourd'hui qui continuent d'interroger ses trouvailles, avec parfois pas mal de réussite - pour Rafael Toral, ou plus récemment Belong et Ashis Mahapatra.

 

Krzysztof Komeda : Cul de sac (Harkit)

Peut être la bande-originale la plus courte du monde. Polanski ne pouvait sans doute pas trouver meilleur illustrateur que Komeda. Le gimmick d'abord imposé par la contrebasse est surprenant de possibilités, à tel point qu'il sert plusieurs fois, presque sur chacun des thèmes. Ailleurs, on mêle un brin de free jazz rappelant le trio Ornette Coleman / David Izenzon / Charles Moffett à une danse de salon jouée à l'orgue électrique. Aussi intense qu'efficace.

 

 

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