musique

The Prefects -  Amateur Wankers 1/2

Acute/Carpark Records/Chronowax - 2005

 

 

 

    Petite histoire n°1 : Les Prefects c’est un retour arrière dans l’histoire du rock and roll… Un vrai, pas un factice ou un préfabriqué… Non. Un bon retour au temps de  la Converse même pas vintage, de la vie qu’on brûle des deux bouts, de la bière qu’on rote, des paroles provoc’ « Bristol road leads to Dachau », de la Doc coquée, des t-shirts sans emmanchures et des bas de jean moulants, retroussés.  Un bon retour, aussi, dans l’histoire de la loose musicale comme des dizaines de groupes ont du la connaître avant et après eux. Hasard de calendrier c’est ce groupe punk de seconde division, qui profite de l’air du temps façon 2005 pour bénéficier d’un retour de spotlight.

 

    Quand ils tombent en 1976 sur les premiers essais scéniques des Sex Pistols, les frères Apperley, lads de Cannock (bled paumé à quelques jets de pierre de Birmingham), décident de former leur groupe. Punk. Ils recrutent un pote du lycée, Robert Lloyd, qui par chance a des connexions avec la clique managériale des Pistols. Il n’en faut guère plus pour transformer assez rapidement ce groupe de seconds couteaux en « support act » pour les tournées des Sex Pistols, Clash, The Jam, Buzzcocks et Subway. Quelques changements de line up, des histoires de la tournée White Riot des Clash – où ils arrivent quand les Buzzcocks jettent le gant-, des phrases jetées par Joe strummer : « vous n’êtes que des branleurs d’amateurs », une tête de bassiste éclatée par les roadies des sus nommés, une histoire qui vivote dans les coulisses de la gloire et n’aboutit même pas sur disque, pour des éditeurs qui ne les jugent pas suffisamment crédibles…. Trois ans d’existence et puis plus rien.

 

    Petite histoire n°2 :  décidément, l’industrie du disque suit une pente étrange. Aujourd’hui, là où les labels et majors se plaignent du déclin des ventes, tous ont compris le phénomène de la niche musicale en vogue et entendent l’exploiter pour en extraire d’hypothétiques ou bien réels profits. Cela donne des aberrations telles la Star Academy reprenant rock the casbah, mais aussi l’ idée à des petits labels de soutenir la déferlante Franz Ferdinand, Libertines et consorts en allant chercher dans leurs cartons un nouveau vieux groupe, en exhumant les bandes qui n’avaient jamais jusque là trouvé preneur. Erreur réparée.

 

    Question musique, les Prefects ne déméritent pas. C’est sûr, les puristes du genre: ceux qui portaient fièrement la crête ou  les couleurs du rrrrrrriot à l’anglaise, n’y verront au mieux qu’un groupe de rock progressif s’essayant au punk, en adaptant la rythmique binaire de la batterie et le phrasé staccato du genre… Tout en gardant les élucubrations et les nappes de guitares surbruitées récupérées à Hawkwind ou même les solos énergiques à la Hendrix. Les autres, pour qui la punk attitude n’est au mieux que des images de types flippants, en bomber, squattant les bancs du parc à côté de la maison avec un magnétophone à cassettes…  risquent bien de taper très rapidement du pied sous ces rythmes « qui ont tout d’une grande » et même d’apprécier une rondeur du son qui tranche avec les crocs acérés des groupes de l’époque. Est-ce dû à la nature de l’enregistrement, à l’amateurisme du jeu de ses  musiciens, mais il semble que leurs guitares sont moins grinçantes tout en se lovant en des patterns plus complexes que celles entendues ailleurs. Un son plus chargé, plus massif, qui évoque plus celui de Ride que celui des Clash, des petites touches de flûte ou de piano, des titres qui se déroulent. Une efficacité indéniable, qui ajoute à la nostalgie d’une époque qu’on a pas connue et d’une sympathie innée qu’on éprouve pour ces perdants de toujours. Un ensemble de sensations qui  nous rendent les Prefects finalement plus indispensables que bien des essais 2005… Pete Doherty, si tu nous entends…

 

Denis Verloes

 

Tracklist :

01. Faults

02. Escort Girls

03. Going through the motions

04. Things in general

05. Barbarellas

06. Total Luck

07. 625 lines

08. Agony Column

09. Bristol road leads to Dachau

10. VD

 

Date de sortie : 11 janvier 2005

Durée : 31'41

 

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