Chroniques Express 21

Dernière mise à jour : 06/03/2006

 

Bidibop - merry go round

Suite à la séparation du groupe post-rock Un automne à Lob-Nor, dans lequel il jouait en compagnie de  Sébastien Roux, Vincent Nicolas, Lyonnais d'origine, a monté son propre projet sous le nom de Bidibop. En 2005 il nous avait touché avec un étonnant premier album, Snapshot, sur la structure belge carte postale records. Il nous revient déjà avec second opus, cette fois-ci chez optical sound, quelque peu différent du précédent mais toujours aussi très pur, très cristallin dans les sonorités employées. Ici on découvre  une électronica plus orienté pop, un comme on en trouve habituellement sur le label Morr Music avec des gens comme genre Styrofoam par exemple. Peut-être moins personnelle qu’elle n’a plus l’être par le passé, la musique de Bidibop gagne pourtant en souplesse, en maturité grâce à une production plus ample, plus fine. (4.0) Benoît Richard

www.optical-sound.com / www.bidibop.com - 2006

 

Watine - Dermaphrodite

Derrière une pochette assez laide, il faut bien l’avouer, se cache le projet de Catherine Watine, une artiste  à l’univers intimiste et très personnel que l’on découvre à travers un album très réussi, entre jazz, folk, pop, le tout saupoudrée d’une électronica très fine.

Dernière un production impeccable et de beaux arrangeants, on découvre des pop-songs légères et mélancoliques qui ne sont pas sans rappeler celles de Black Box Recorder, le projet de Luke haines et Sarah Nixey dont les intonations de voix  se rapprochent, par moment de celles de Watine. Et l’on peut parier que ce disque arrive jusqu’aux aux oreilles de programmateurs radio respectables, alors une belle carrière s’annonce pour la demoiselle Watine. (4.0) Benoît Richard

Cat Gang / www.watineprod.com  - 2006

 

J Dilla - Donuts

Triste sortie que ce nouvel album Donuts signé Jay Dee aka J Dilla puisqu’elle coïncide, quasiment jour pour jour, avec le décès de ce dernier suite à une hospitalisation due à de graves problèmes rénaux. Un album qui sera l’occasion de saluer un très bon producteur de hip hop associé durant ces dernières années au plus grands, parmi lesquels on retrouve évidemment A Tribe Called Quest, mais aussi De la soul, Madlib, Q-Tip , Common, Talib Kweli, Mos Def et plein d’autres. Ce nouvel album constitué de deux cds regroupe plus de quarante titres très courts, essentiellement instrumentaux, constitués, la plupart de boucles soul, blaxpotation. Si l’exercice paraît un peu facile, un peu longuet sur la durée et finalement assez banal, on préférera plutôt retenir ses albums au sein de Slum Village ainsi que ses différentes collaborations, dans une discographie d’une richesse que peu de producteurs hip hop peuvent se targuer de posséder. (3.0) Benoît Richard

www.stonesthrow.com/pias - 2006

 

V - The revolution is now televised

Loin du R’n’B que votre petite cousine écoute, commercial et putassier, V, de son vrai nom Valvin Roanne 2, propose un premier album dont le titre est un hommage et un clin d’œil direct au fameux The revolution will be not televised du nom moins fameux Gill Scott Heron. Mme si on est pas forcément fan du genre soul + R’n’B, on reconnaîtra tout de même à ce garçon la volonté de faire un album de qualité, sous la haute influence de Marvin Gaye. Sensuelle, et chaleureuse, la musique de V coule comme le miel, grâce à des arrangements harmonieux et délicats qui devraient imposer le garçon comme un sérieux prétendant au titre de meilleur soul man de l’année. (3.0) Benoît Richard

BBE/Pias - 2006

 

Nicholson - Modern

A l’origine de la création du label Les chroniques sonores, Nicholson est un duo qui avec Kid Francescoli, et Quasoir se posent en ambassadeurs de la musique pop marseillaise. Si Julien Baer ou Daniel Darc ne sont jamais très loin, Nicholson ne doit pourtant rien à personne quand il s’agit de composer des chansons pop, entre guitares saturées et gimmicks électro. Douze titres au total, pour album mélancolique, parfois amer, parfois irritant, mais qui dégage une personnalité déjà très marquée. A suivre. (3.0) Benoît Richard

www.leschroniques-sonores.org 

 

Nightmares on wax - in a space outta sound

Figure mythique du label anglais Warp durant les années 90, les Nightmares on wax font désormais partie de l’histoire du trip hop au même titres que Kruder & Dorfmeister, Thievery corporation ou Massive attack. Mais voilà, les années ont passé et le mélange dub, reggae, bossa, electronica a laissé derrière lui bien des chef d’œuvre, alors difficile aujourd’hui de revenir avec un vieille recette, si souvent usitée. Pourtant Nightmares on wax ne s’en tire pas si mal que ça sur cet album, avec ses samples jazzy, ses breakbeats ou ses rythmes dubby. Mais même si l’album s’écoute sans déplaisir, il ne dégage pas suffisamment de force et d’émotion pour en faire autre choses qu’un banal album de down-tempo. (3.0) Benoît Richard

Warp/Pias - 2006

 

Stereo Total - Discotheque

Les furieux et toujours très poilants Stereo Total sont de retour avec leur électro-punk teuton qui n’appartient définitivement qu’à eux. Après un étonnant et réussi Do the Bambi, il se lancent dans quelques relectures de ce dernier album auquel il ajoutent une poignée de reprises de leur choix. Comme ils ne font rien comme les autres, ils vont taper dans des répertoires, aussi divers que variés, parmi lesquels on retiendra, entre autres, Nico ou Taxi girl .Un ensemble dansant et cohérent, que l’on dirait tout droit revenu de l’année 1982. Un disque toujours à la limite du bon goût mais qui a au moins le mérite de nous faire danser en s’amusant. Et pour le coup on en demandera pas plus. (3.5) Benoît Richard

www.diskob.com /nocturne - 2005

 

Bauchklang - Many People

Voilà le genre d’album qui ne se présente pas à vous trois fois dans l’année. Imaginez une formation composées de six autrichiens, qui ne composent leur musique qu’avec leur bouches. Des Human Beat box on appelle ça ! Et même si Bjork a déjà rendu hommage à l’exercice avec son album Medulla, reconnaissons à ces musiciens le mérite d’être des pionniers du genre, puisque leur premier album à eux date déjà de 2001. Même si cette manière de composer parait limité sur le papier, en réalité et à l’écoute de l’album, le résultat va bien au-delà de tout ce que l’on peut imaginer en matière de performances vocales. A total 17 titres de pop-music, entre hip hop, ragga, soul, drum’n’bass (oui c’est possible !) qui risquent d’en étonner plus d’un. (4.0) Benoît Richard

www.kleinrecords.com/nocturne - 2006

 

The Kings of jazz compiled by Gilles Peterson & Jazzanova

Forcément avec des pointures de la sorte, on ne risque pas de tomber à côté, de se fader des titres sans intérêt ou ressassés à longueurs de compilation comme il en fleurit trop souvent dans les bacs de nos disquaires. Composée en deux temps, cette sélection fait d’abord la part belle aux vieilleries, choisies minutieusement et avec goût par Mr Gilles Peterson lui-même. Au programme : Bill Evans, Charlie Minus ou John Coltrane... rien que ça. Dans le second volet, le duo allemand Jazzanova se penche sur un jazz plus contemporain dans lequel on découvre notamment les sonorités électroniques, les samples et tout ce qui constitue la part de modernité dans le jazz actuel. Au total 20 titres pour faire la balance entre les bases du jazz d’hier et les précurseurs de celui d’aujourd’hui. (4.0) Benoît Richard

rapster BBE/Pias - 2006


Todd Bodine - Surfaces

La techno minimale et ambient n’appartient pas qu’aux labels allemands tels que Kompakt, comme en témoigne ce premier album signé Todd Bodine sur la structure Tresor à qui l’on doit quelques-uns des plus fameux albums de techno de ces dernières années. Même si l’album paraît intéressant dans sa démarche, dans sa manière d’aborder les sonorités et de les  combiner, l’exercice tourne vite en rond, et finalement au bout de quelques titres on a vraiment l’impression d’avoir affaire à une musique pour jeux vidéo, tant celle ci semble totalement désincarnée et vide de toute émotion. Bref, dans le même genre on a connu mieux. (2.0) Benoît Richard

Tresor/Notcurne - 2006

 

Burnt Friedman & Jaki Liebezeit - Secret rythmes 2

L’ancien membre fondateur du groupe allemand de krautrock Can, Jaki Liebezeit s’associe une nouvelle fois à Burnt Friedman (par ailleurs membre de l’excellent Flanger aux cotés de Uwe Schmidt mais aussi boss du label Nonplace) pour de nouvelles explorations sonores, à la croisée des chemins entre le jazz/post-rock de Tortoise et une musique plus dépouillée et tranquille, chère au duo français Man. Une musique au fond assez inclassable, emprunte de de minimalisme et de mélancolie, renforcée par la présence du toujours très précieux David Sylvian sur un des plus beaux titres de l’album : The librarian. Accompagné de Joseph Suchy à la guitare, le duo part dans des directions souvent  intéressantes, essayant de toujours aller vers des terres peu fréquentées, usant d’arrangements audacieux, et dévoilant une palette sonore très complète, très surprenante. Dommage que l’on ressente assez vite une sorte de monotonie au bout de 4 ou 5 morceaux, regrettant alors que l’ensemble soit au final un peu redondant et que la belle impression ressentie sur les premiers titres ne soit pas confirmée par la suite. (3.5) Benoît Richard

Nonplace/Notcurne - 2006

 

Seven Dub - Dub Club edition

Alors que jusque là le duo de frenchies Seven dub avait excellé dans une musique deep house- jazz avec deux albums plus que recommandables, (Bricks, Rock it tonighht) , les re-voici avec un album a dominante dub, dans lequel vient se lover la voix chaude et sensuelle de Angelique Willkie, dans un ensemble bien produit, cotonneux et clubby à souhait. Malgré tout, très vite la lassitude s’installe dans cet ensemble sans doute trop propret, sans la moindre fausse note, auquel il manque juste le petit grain de sable qui ferait de cet album un objet de plaisir plus intense et moins lassant. (2.5) Benoît Richard

www.grooveattack.com/nocturne - 2006

 

Nikitov - Amulet

Etrange. On écoute plusieurs fois les inflexions de la voix de Niki Jacobs, avant de se rendre compte que la jeune femme à la tonalité très Rachel’s ou Sundays chante en fait en yiddish. On se penche ensuite sur les instruments acoustiques qui composent cet album avec l’immédiateté apparente du live : Jelle van Tongeren, de Haarlem, y joue du violon, Adam Good, le New Yorkais, de la guitare sêche, Jason Sypher, le Brooklynois, de la basse acoustique. Le résultat est très proche du jazz manouche dont l’étendard était et reste Django Rheinhardt, et aussi des musiques folk aux accents d’Europe de l’Est. L’album, étonnement, ne verse pourtant jamais totalement ni dans la stricte musique du monde, ni dans le Jazz auquel Nikitov s’abreuve pourtant allégrement. Non. Les Hollando-Américains ont trouvé, sans doute par le média de la voix de sa chanteuse angélique, une manière apaisante d’évoquer le monde, d’y chiper des sonorités lénifiantes, de mélanger la tradition et une certaine modernité. A la croisée des chemins entre Dead can dance, Rachel’s et Kusturitza. Efficace. (3.5) Denis Verloes

Chamsa records. Le site officiel

Ecouter Di Mizinke Oysgegebn, Yankele, Reyzele

 

Fedaden - s/t

Issu du label Nacopajaz Records, Fedaden est également membre du groupe Del Wire. Sur ce premier opus, il nous propose musique à cheval entre le hip hop et l’électronica, mais pas seulement, puisque d’un titre à l’autre, l’album nous emmène dans des directions toujours nouvelles, nous laissant goûter aussi bien à l’ambiant, qu’à la bossa électro, avec toujours ce souci de d’apporter du sang neuf, notamment  dans les boucles utilisées. Aussi proche de l’électronica abrasive de Prefuse 73, que de l’abstract hip hop de Dj Cam,  Fedaden lâche un album puissant, étonnant, aux arrangements et assemblages passionnants, qui offre son lot de découvertes à chaque nouvelle écoute. Un projet à suivre de très près. (4.5) Benoît Richard

www.nacopajaz.fr - 2006

 

Zul - El Golpe de la Aguja

Initialement publié en 2001, cet album est le travail du défunt groupe espagnol Zul, aujourd’hui recomposé en partie sous le nom de Pupille. Alors même si l’album a déjà 5 ans d’age, il n’empêche qu’il méritait bien d’arriver jusqu’à nous tant les qualités qu’il dé montre sur les 9 titres proposés prouvent que Zul n’est pas forcément un groupe de plus. Sans rien avoir à envier aux cadors du genre, Zul joue un post-rock dans lequel les mélodies dominent avant tout, et servent de base à des compositions sans grandiloquence, bien équilibrées, dans lesquelles on plonge avec beaucoup de facilité. On y découvre ainsi une instrumentation riche, des voix féminines superbes dans un ensemble soigné et délicat qui laisse augurer une suite toute aussi passionnante avec Pupille. (4.0) Benoît Richard

www.basementapesind.com - 2006

 

30 Seconds To Mars - a Beautiful Lie

Comme il est pesant de passer 49 minutes en compagnie d’un groupe qui pourtant par son nom  était sensé  nous empêcher de voir le temps passer. Au carrefour de Linking Park  et de  The Cure mais l’originalité et le talent en moins. 30 Seconds To Mars n’apporte rien au schmilblick : les riffs genre « rock méchant pour  adolescents » sont bateaux, les paroles franchement craignos  et la voix sonne déjà vu. Seul point fort, la production : merci Josh Abraham ! Bref à renvoyer sur Mars en moins de 30 secondes. (1.5) Hervé Verloes

 

Jocari - Intimacy ruins

Dans un coin isolé de France, à Saint-Menoux, Fabien Larvaron (Jocari) a composé les 8 titres de Intimacy ruins comme autant de pages de son journal intime couchées sur du papier musique. Des pages où il est grandement question d’amour et de ses histoires qui commencent et qui finissent, de brèches au cœur, de la difficulté de vivre à deux ; le tout écrit non sans une pointe d’ironie. Dans une esthétique lo-fi jamais surjouée, avec sincérité, simplicité et humilité, Jocari a enregistré ses chansons seul dans sa chambre. Pour l’aider à apporter une touche finale et livrer un joli apparat, il a fait appel à une poignée d’amis munis de guitares, banjo, flûte, mélodica, métallophone, élaborant aussi des petits édifices rythmiques bien souvent à partir de pas grand chose, sans que cela ne sente pour autant le rafistolage.

Si le folk intimiste et rural de Jocari offre de minces ressemblances avec celui d’Elliott Smith à ses débuts (Home comfort n°9, A curio), évoque d’autres chansons faites maison comme les remarquables et bien-nommées Homesongs de Adem (Dean vs Carradine, le touchant Love is an animal of the farm), ce bien joli disque demeure du domaine de l’intime. (3.5) Sébastien Radiguet

www.jocari.tk / www.drunkdog.com