musique

Chroniques Express 37

 

 

Vladislav Delay - Whistleblower

Parallèlement à ses multiples projets toujours à même d’étancher sa soif de productivité (Luomo, Uusitalo, Sistol, Conoco), Vladislav Delay sort sous son propre nom et sur son label Huume une musique aux frontières de l’ambiant, du dub et d’une expé accessible, qui prédispose à une plongée en pleine torpeur. A l’image de ses prestations scéniques se déroulant dans un calme religieux, montrant un homme appliqué et absorbé, Whistleblower avance par petite touches (le développement des morceaux s’étend jusqu’à 13 minutes). Nappes léthargiques, basses rondes et abyssales instaurent un climat ample et hypnotique sur lequel se greffent, suivant des lois architecturales réfléchies, samples morcelés, douceurs réverbérées et projections électroniques distordues. Parfois, ces incursions syncopées dessinent des contours rythmiques, peu à peu identifiables, venant briser le givre ambiant et réflexif.

Une bande son pour déambuler, par une pleine nuit froide, dans une mégalopole déserte et éclairée aux néons. (3.5) Sébastien radiguet

Huume recordings/La baleine - 2007

www.vladislavdelay.com   www.huumerecordings.com

 

 

Samsara - in the clouds

La formation toulousaine Samsara poursuit son petit bonhomme de chemin avec une musiqiue toujours aussi originale et toujours aussi éloignée des sentiers battus, (quelque part entre Pink Floyd et Mogwai). Avec ce nouvel album elle nous présente une musique plus dépouillé encore que par le passé, plus tournée vers le post-rock, avec 9 titres où domine la mélancolie. Même si le son mériterait un peu plus de profondeur de champ, le groupe parvient à tirer son épingle du jeu avec un astucieux mélange des genres qui fait une fois encore sa force. (3.0) Benoît Richard 

www.samsara.new.fr - 2006

 

Aronas - culture tunnels

En v’la du jazz ! et du bon. Il est signé Aronas, une formation Australienne emmenée par Aron Ottignon (élu meilleur jeune musicien de jazz en Australie). Le résultat donne un album moderne, groovy à souhait, dans lequel viennent se mêler des influences funk très agréables, avec toujours en avant un piano virevoltant et des percussions omniprésentes. Très frais, et à l’opposé de tout classicisme, avec des ambiances contrastées, ce culture tunnels est une vraie bouffée d’air frais et un moyen de se réconcilier avec le jazz pour ceux qui (comme moi) le trouvent habituellement… chiant. (4.0) Benoît Richard 

http://www.myspace.com/aronas

 

La fa Connected - Urban

Formation Luxembourgeoise, La fa Connected (qui regroupe des membre def dump, tiger fernanez, spyglass, actarus et treasure chest at the end of the rainbow) se démarque d’entrée par un style qui nous renvoie directement aux bons vieux disques de Husker Du ou Rollins Band, vers cette époque post-punk hardcore qui nous fit sauter en l’air partout et bouger la tête dans tous les sens. Reprenant avec la même énergie et la même réussite la recette de l’époque, La fa Connected réussit un album impeccable, bien produit, énergique, accrocheur qui séduit de bout en bout. A découvrir ! (4.0) Benoît Richard 

www.myspace.com/lafaconnected

 

Montel - dans mes rêves

Oubliez tout de suite le Montel (Patrick) à la coupe au bol qui commente l’athlétisme et le foot France 2. Celui-là et l’ancien MC du groupe Node/Metropolis et fait de la musique électronique. Après un mini-album autoproduit schizophobnique ep, paru en 2005, il revient en 2007 sur la structure grenobloise Discordian records avec un premier album qui rappelle un peu ce que pouvait faire Renaud papillon Paravel il y a quelques années : soit un savant mélange entre textes sensuels, en français, (dits sur un ton monocorde) et une musique electro downtempo/hip-hop plutôt intéressante. Bien produit, l‘album se laisse écouter sans déplaisir mais finit peut-être par laisser sur la longueur. (3.0) Benoît Richard 

Discordian/Productions spéciales – 2007 www.myspace.com/montelmusic

 

The Twilight Sad - Fourteen Autumns and Fifteen Winters

Du gros rock qui tache en provenance d’Ecosse ? Pas de doute, il s’agit bien de The Twilight Sad. Nouveau venu sur le label anglais FatCat, cette formation emmenée par James Graham, dont l’accent à couper au couteau, trahit son appartenance au pays du kilt et de la cornemuse, distille un rock énergique, puissant et primal à souhait qui ne lâche rien du début à la fin. Tonifiant pour les uns, usant pour les autres, cet album à tout pour partager. Mais une chose est sûre : The Twilight Sad ne fait pas les choses à moitié ; et eux quand ils font du rock, c’est du pur jus ! (3.0) Benoît Richard 

Fatcat/pias - 2007

 

The Automatic - Not Accepted Anywhere

On aurait tort de bouder notre plaisir. Même si ce disque ne révolutionne rien. Et même si ce disque a connu un succès énorme l’an passé. Car oui, The Automatic n’a pas inventé le riff accrocheur ou la pop-rock song de 3’30. Il n’empêche, sans regorger de perles, ce disque contient quand même quelques titres que l’on n’a pas arrêter de chanter en 2006 et continuera à fredonner des années encore. Aux premières places, le géant Monster, suivi de près par l’ami Raoul et That's What She Said, qui ouvre le disque et pose en moins de temps qu’il ne faut pour le dire les bases de l’album. Le reste est à l’avenant, plutôt sympathique à défaut d’être démentiel.  Notons toutefois que le groupe prend toute son ampleur sur scène, jouant ses titres à 100 à l’heure, ou reprenant avec brio (notamment) Gold Digger de Ray Charles/Kanye West, dans un style très Rage Against The Machine (avec flûte traversière et tout le toutim). Et en bon chef de file, James Frost (clavier et seconde voix, celle qui hurle tout au long du disque), bouillonnant et déjanté on stage, avec un je-ne-sais-quoi de Sid Vicious, en plus talentueux, assure le spectacle. (3.0) Olivier Combes

B-Unique – 2006 www.myspace.com/theautomatic

 

Babils - the joint between

Un son que l’on croirait sorti d’une caverne, des barrissements d’éléphants et autres bruits bizarres, voire inquiétants, une batterie qui va à cent à l’heure, un gros son de guitare… bienvenue dans l’univers étrange, foutraque, baroque de Babils, un combo belge qui nous entraine dans une valse post-rock folle dont on ne ressort pas indemne.

Rappelant certaines formation psychédéliques des années 70 (vanilla Fudge, Iron Butterfly, Cream…), Babils créée une musique toute en tension, dans laquelle les instruments se mélangent se chevauchent, se répondent dans un magma sonore souvent aux limites de l’expérimental.

Le résultat donne une musique épaisse et lourde à la fois, une musique post-apocalyptique, qui laisse peu de place à la respiration et qui devrait pouvoir combler sans mal les amateurs du genre. (3.0) Benoît Richard

Still mai 2007

http://myspace.com/babils   www.stilll.org

 

Stéphane Pompougnac - hello Mademoiselle

Bien à l’image des compilations Hotel Costes qui ont rendu célèbre Stéphane Pompougnac, ce second album de ce maitre français de la lounge music trouvera sans problème sa place dans les bars branchés de la capitale et d’ailleurs mais ne devrait pas vraiment changer la donne dans un genre où tout à été dit ou presque Bien produit, élégant, facile à écouter, bénéficiant de quelques featurings de haut rang (Alain Chamfort, Charles Schillings…), l’album se révèle malgré tout assez fade et peu original pour qui attend un peu plus de celui qui nous a fait découvrir des tas de belles choses il y a quelques années. Un disque trop facile et trop aseptisé pour nous séduire véritablement. (2.0) Benoît Richard

Pschent – mai 2007   www.myspace.com/stephanepompougnac

 

Tobias Thomas - Please Please Please

Amateurs de mix à l’ancienne (2 platines et basta !), de musiques minimalistes, d’ambient et de micro-house, ce mix signé Tobias Thomas pourrait bien faire votre affaire. Dernier volet d’une trilogie entamée en 1999, ce Please Please Please ne pourra que renforcer l’image du label Kompakt, à savoir celle d’un label en recherche perpétuelle d’excellence et d’exigence en matière de musique à danser. Et même si tous les titres ne sont pas forcément passionnants, ce mix se révèle d’une grande cohérence et va dans le sens d’une techno authentique qui sort des sentiers battus. (3.5) Benoît Richard

Komakt/Nocturne - 2007

 

Dominik Eulberg - Heimische Gefilde

Comment marier nature et culture (techno) dans un album dédié à la danse, c’est le concept qu’à trouvé Dominik Eulberg un jeune DJ/producteur allemand originaire du Westerwald,  une région boisée de l'Allemagne qui a sans aucun doute inspiré le garçon dans ses créations musicales. Proposant une techno qui utilise les bruits naturel de la campagne (on y entend des sons de la forêt, des sifflement d’oiseaux) le producteur donne vie à une musique électronique singulière et étonnante, qui se décline sur une dizaine de titres, chacun introduit par un petit texte explicatif, lu en allemand par Eulberg lui-même. Minimale, la musique de ce garçon l’est véritablement, mais le mélange nature plus machines s’avérer ici totalement réussi et donne au final un disque très abordable, jamais soûlant, avec un petit côté synthétique très agréable. (4.0) Benoît Richard

Traum/Noctunre – 2007

 

Rosie Thomas - These friends of Mine

Et quand on sait que les amis de Rosie Thomas ont pour nom Denison Witmer mais surtout Sufjan Stevens, ça aide bien pour se faire connaître du grand public et de tous les amateurs de pop folk légère comme peut la faire le petit père Sufjan. Mais qu’en est-il exactement que de ce These Friends Of Mine ? Un disque de folk léger et mélancolique (certain diront mièvre) où la guitare, le banjo et les voix mêlées de Rosie et de Sufjan s’en donnent à cœur joie pour chanter plein de jolies choses. Et même si ces salauds de Pitchfork (dont les goûts de chiottes m’étonneront toujours) lui ont mis un pauvre 3.8, pour ma part, je ne serai pas aussi sévère avec ce disque plutôt respectable, qui sans être foncièrement original ni renversant a le mérite de proposer une musique de copains, sans prétention et très spontanée, qui ne passera peut-être pas l’été mais qui, à l’image de celui (un peu mieux quand même !) de Basia Bulat, tout aussi mimi, en vaut largement bien d’autres. (3.0) Benoît Richard

Nettwerk/PIAS - 2007

 

My Broken frame - Chapel hill

Découvert sur l’édition 2006 de CQFD des inrockuptibles avec ses Go Go Charlton,  Guillaume Léglise se produit cette fois en solo sous le nom de My Broken Frame, et propose aujourd’hui un min album 9 titres, impeccable sur lequel on découvre des influences pop folk qui renvoient du côté de Sufjan Stevens, Nick Drake, Bill Callahan ou encore Josh Rouse. Avec des harmonies délicates et vraiment très belles, le garçon montre un talent certain de compositeur et réussit un petit album dont on a du mal à croire qu’il a été composé par un petit français. On espère vraiment que ce garçon pourra poursuive encore dans cette veine et pour nous offrir à l’avenir encore de petites perles de ce genre. (3.0) Benoît Richard

Waterhouse records – mai 2007
www.myspace.com/mybrokenframe

 

Field music - Tones of town

Trio originaire de Sunderland, remixeurs occasionnels de Maximo Park, ils arrivent avec un second album entièrement autoproduit et pas du tout électronique, ou alors si peu, dans ces petits moments dans et autour des chansons, où la ville semble reprendre le dessus sur les compositions, appuyés par quelques artifices sonores enregistrés. Ballades écrites par et pour une génération qui ne sent à sa place nulle part mais n’a pas envie forcément de le beugler en allumant des molotov façon punk. Tout est ici question de cette pop un peu hybride, un peu classique qui va des évidents Beatles à Levellers en passant par Belle and Sebastian avec qui ils ont d’ailleurs tourné. Il en faut plus pour faire un disque indispensable, mais c’est bien assez pour en créer un qu’on a envie d’écouter, pou s’apaise. Juste s’asseoir, ne rien faire, se sentir mal un peu, et s’en foutre comme de ses dernières chaussettes sales. Un album bien sous tout rapports, manquant un peu d’aspérité pour accrocher durablement l’auditeur. (3.0) Denis Verloes

Moshi moshi / Cooperative music -  sortie le 29 janvier - MyspaceLe site officiel

 

M.A.N.D.Y- At the controls

Officient sous le pseudonyme: Patrick Bodmer et Philippe Jung. Des perdreaux de l’année d’avant, pusiqu’ils sont DJ et producteurs depuis 1992. Demandés par Mylo, Royksopp, Joakim pour se charger des remixes, il sont également résidents dans plusieurs lieux de la danse nocturne, comme le Pulp à Paris. Invités de la série « at the controls » du label Resist. Les bonshommes mélangeant habituellement psyché, électro house et minimalisme à l’ancienne. Présentant des artistes variés « dans le mix », le duo étonne pourtant par son harmonie et sa capacité à uniformiser l’atmosphère des titres bigarrés proposés. On se replonge quelque part entre les DJ Kicks de Thievery corporation et l’intelligent techno, comme on l’appelait à l’époque, d’un As one, Carl Craig, ou de Mike Paradinas. Mais sans la touche de folie, ou de personnalité, qui ferait décoller réellement ce double album agréable, consommable, mais aucunement jalon de notre plaisir musical à long terme. (3.0) Denis Verloes

Resist / Discograph – Novembre 2006