musique

The Dears - Gang of losers

Bella Union/Coop. Music

[3.5]

 

 

Second album pour la formation montréalaise. Et un second album qui divise forcément l’auditorat, puisqu’il décide de balayer plus largement une veine mi progressive, mi psychédélique, quelque part entre la pop saxonne et la doudinguerie des Flaming lips.

 

Et le premier sujet de division consiste en la prise de risque beaucoup moins évidente que sur l’introductif No cities left. The Dears est entré en studio et a décidé de blinder chacune de ses mélodies à coups d’arrangements massifs (ici la contre voix, là une contre mélodie, ici un coup de mix audacieux, là des guitares rageuses, plus loin des cœurs qui lorgnent du côté de nos anciens albums de Blur…..). Il faut effectivement de multiples écoutes de chacun des titres assénés avec frénésie par le groupe, pour que s’en dégage un semblant de schéma, une idée du squelette musical tel qu’il put un jour être, tout nu, dans l’esprit du géniteur. Il faut du coup aussi batailler, dans son analyse musicale, entre ce qui est une vraie bonne idée d’arrangement, ce qui est juste une facilité de studio pour enfants gâtés ou encore ce qui n’est qu’une faute de goût sentant la boursoufle. Gang of losers est beaucoup moins immédiat donc que le premier opus, et du coup, moins direct aussi.

 

Le second sujet de division tient à la nature même des titres. Sans vouloir non plus crier haro sur un disque de bonne facture générale, on ne peut s’empêcher de remarquer que certains des morceaux proposés par le groupe semblent ratisser plus large, ou être moins chargés de ces mélodies qui nous avaient charmé sur le premier opus. Pire encore, des titres style there goes my outfit, fell deep ou bandwagoneers ressemblent à du sous Manic Street Preachers, ou juste à du « méchamment » FM. Facilités que ne laissaient pas présager le premier album.

 

Pourtant, avec une paire de titres introductifs tels Ticket to Immortality et Death or life we want you convoquant tout à la fois les fantômes de Doves et des Flaming lips, puis plus loin des ballades telles whites only party, mélangeant la mélodie des Smiths et le phrasé de Jarvis Cocker ; The dears n’en demeure pas moins un bon exemple de ce que nous appelons les « groupes jauges ». Soit une formation sans éclat éblouissant, compilant en un lieu et une époque, la somme de l’histoire du type de musique qu’ils abordent, et regroupant différents éléments abordés comme des marques de fabriques ou des évolutions majeures, en leur temps, par des formations sans doute un poil plus aventureuses.

 

Le genre est ici la pop anglaise fondue au beurre psyché (Smiths, Doves, Blur, Gene, Pulp, Weller, les derniers Suede,+ un poil de la charge du son des années 2000 + Flaming lips ). Et le groupe jauge de cette histoire anglaise, est ici un groupe montréalais. Cherchez l’erreur, soupesez les fautes de goût, mais nourrissez vous à l’essentiel d’un plat finalement suffisamment consistant à défaut d’être vraiment exceptionnel.

 

Denis Verloes

 

Tracklist

01. Sinthtro

02. Ticket to immortality

03. Death or life we want you

04. Hate then love

05. There goes my outfit

06. Bandwagoneers

07. Fear made the world go ‘round

08. You and I are a gang of losers

09. Whites only party

10. Ballad onf humankindness

11. I fell deep

12. Find our way to freedom

 

Durée: 48'05

Date de sortie: Août 2006

 

Plus+

www.thedears.org

L’espace Myspace

http://cooperativemusic.com

Ticket to immortality sur Youtube