musique

The Servant - How to destroy a relationship

Recall/Warner

[2.0]

 

 

Sur le papier ça aurait pu être notre petit péché mignon de l’automne. Le groupe qu’on sait déjà trop pop (disque d’or en France) pour vraiment entrer dans la catégorie "découverte" qu’on essaie de respecter à Benzine. Mais suffisamment intéressant pour que quand même votre serviteur arrive à imposer son choix à une rédaction en chef pourtant intransigeante.

 

Oui mais… autant on avait été inconditionnel de l’album introductif et éponyme, tenant essentiellement sur le mélange original entre la voix du beau gosse  Dan Black et des mélodies immédiatement entêtantes autant là, là… On a énormément de mal à ne pas cacher sa déconvenue. Pourtant piloté en studio par Jim Lowe (dont on retiendra plutôt le travail avec les Charlatans qu’avec les piteux Stereophonics) on ne comprend pas ce qui est arrivé à The Servant. Et la bio qui dit que l’album « révèle l’évolution naturelle de The Servant (…) Un disque plus direct, plus rock, qui ne renie jamais le vrai talent des Londoniens : écrire sans en avoir l’air des chansons et des tubes,  alliance parfaite du fond et de la forme. » ne semble pas avoir écouté le même album que nous, même s’il donne des pistes pour exprimer notre mécontentement. Ainsi donc, le groupe a voulu sonner plus rock. Plus groupe à guitare.

 

Hé oui, mais ce n’était pas ça The Servant. C’était plutôt le mélange trituré par la production entre cette voix miaulante et les mélodies imparables, camouflées en petites rock songs fédératrices. Ici, plus rien… Et quand on dit plus rien, c’est avéré. On a écouté bien 10 fois l’album ne pouvant nous résoudre à la première impression. Plus rien. Allez si, sauvons en souvenir du déjà bon vieux temps les titres hey lou reed et sleep deprivation qui nous rappellent pourquoi on aimait bien les Anglais. Des titres qui achèvent de nous donner des arguments quant au pourquoi de notre déception : d’abord, il faut se rendre à l’évidence, les morceaux sont moins pertinents et percutants que par le passé. Il y plane comme un petit air de redondance qui sent le piège du second album. Puis on y trouve une vraie volonté du côté de la production, de remonter les guitares dans le mix, plaçant la voix de Dan Black au niveau des autres éléments musicaux de l’album. C’est une véritable erreur. Ce qui faisait l’originalité du groupe en devient ici un élément irritant de plus. Dommage de s’être loupé à ce point.

 

Quand les gimmicks s’affadissent, quand le son se lisse, quand la guitare butine sans émoi, la voix de Dan Black devient carrément casse-c… à suivre et on a plus qu’une envie : faire sauter très très vite la galette de sa platine CD. Dont acte.

 

Denis Verloes

 

Tracklist

01. How To Destroy A Relationship

02. Sleep Deprivation

03. Hey Lou Reed

04. Save Me Now

05. Moonbeams

06. Brains

07. Hey Do You Feel Good ?

08. (I Should Be Your) Girlfriend

09. I Wish I Could Stop Wishing For Things

10. On Your Knees Kid

11. Out Of Phase

 

Date de sortie : 02/10/2006

Durée : 43’ 23’’

 

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